Fam., IX
iU JULES CÉSAR.
sa mère. C'est bien plutôt Rome qui se prostitue. C*est un ancien sénateur qui descend dans l'arène, un autre qui veut y descendre, et à qui César l'interdit ^ C'est Labérius, chevalier romain, que César appelle à jouer sur le théâtre, qui n'ose s'y refuser, joue en déplorant tout haut son abaissement, reçoit 500,000 sesterces pour sa peine, et, de la scène, regagne tout droit le banc honorifique où siègent les chevaliers. Et de plus, César a eu le monde pour auxiliaire, il faut qu'il s'acquitte envers le monde; qu'il lui fasse un sénat de 900 membres au lieu de 600, un sénat peuplé de soldats, de devins^ de fils d'affranchis, de gens dégradés *. César a de nombreux amis à récompenser pour lesquels il multiplie les charges et les sacerdoces, double le nombre des préteurs et des édiles , fait des consuls pour quelques mois, quelques jours, quelques heures même; donne les ornements consulaires^ quand il ne donne pas le consulat; prodigue tout, dégrade tout. César a sa victoire à payer, et cette dette est lourde, même pour lui ^.
Qu'importe ! le jour de son triomphe est un grand jour! Pendant que César, à la lueur de quarante lustres portés par des éléphants, monte à genoux les degrés du Capitole, les jeux commencent par toute la ville. Dans tous les quartiers, des bouffons débitent leurs lazzis dans toutes les langues à cette multitude cosmopolite. Au Cirque agrandi par César ^, la jeune noblesse conduit des chars et des chevaux ;