‹ Les CésarsChapitre 73 sur 321 · I..Gic., ad Âttic, Xlll · texte numérisé non relu

I..Gic., ad Âttic, Xlll

182 JULES CESiOt.

les chaînes de rApennin l'auraient rapprochée de TAdria* tique et de TOrient ^

Mais le temps devait manquer à César. Pendant la guerre de Munda, les dernières et atroces convulsions de la liberté avaient flétri son Ame. Après cette guerre (710) le triomphe dédaigneusement abandonné par lui à ses lieutenants déplut au peuple; on trouva le triomphe cruel après une victoire sur des Romains, et de phis on le trouva mesquin : on n'applaudit pas ^. A cette époque, César pre* nait une escorte de 2,000 hommes pour aller souper dans la villa de Cicéron; il se réconciliait avec Antoine, son mauvais génie; et Cicéron n'espérait plus qu'une demiliberté en récompense de son obscurité et de son silence ^.

Le sénat cependant accable César d'honneurs inouïs, le nomme père de la patrie, consul pour dix ans, dictateur perpétuel, lui confère (bien en vain !) l'inviolabilité religieuse qui entoure la personne des tribuns. L'hérédité des honneurs, chose inconnue à Rome, est imaginée pour une race qui ne naîtra pas : César est déclaré grand pontife héréditaire; ses fils (il n'en- a pas et nen doit pas laisser d'autre que le bâtard Césarion) porteront le titre àOmpe^ rator et celui de pontife (une charge publique héréditaire était à Rome quelque chose d'inouï). César reçoit tout cela avec facilité, avec indifférence, sans penser qu*il peut y avoir un piège sous ces flatteries. Le droit de cacher sous une couronne de lauriers la chauveté de sa tète est le seul qui flatte la coquetterie de César.

Le sénat asservi l'a proclamé libérateur, le sénat corrompu préfet des mœurs, le sénat sans foi l'a fait dieu,

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