‹ Les CésarsChapitre 74 sur 321 · Sur tout ceci, Suet., m Cœs.y · texte numérisé non relu

Sur tout ceci, Suet., m Cœs.y

i. Gic, ad Attic,, XIII, 43.

3. Semitiberi saltem simus quod assequemur lateiido et laceodo. là», ibid,, XIII, 31.

GUERRE CIVILE ET DOMINATION DE CESAR. t83

César vivant, César flétri avant Fàge, a des autels, des temples, des sacrifices; le coussin sacré, le char sacré pour son image, tous les privilèges de Jupiter. César s*ap* pelle Jupiter-Julius ; sa statue est au temple avec celle des dieux : il y a plus, elle est au Capitole avec celle des rois ; flatterie homicide !

Un moderne a dit : « Quand on veut changer dans une république^ c'est moins les choses que le temps que l'on considère... Vous pouvex aujourd'hui ôter à cette ville ses franchises, ses lois, ses privilèges; demain ne songez pas même à réformer ses enseignes ^ y> Cette vérité, qui est l'histoire de l'esprit constitutionnel chez tous les peuples^ cette vérité si vulgaire échappe à César. Il se laisse aller à jouer le dieu. 11 oublie de laisser au peuple ces dehors de liberté auxquels le peuple tient souvent plus qu'à la liberté même. Il se joue avec les consulats et les prétures, laisse pendant toute la guerre d'Espagne Rome sans magistrats, crée des consuls plusieurs années à l'avance , quitte le consulat et met à sa place qui il veut, nomme un consul pour dix-sept heures, donne des charges à ses esclaves, se rit des auspices ^, ne garde même pas la lettre de la loi, si fiunle et si accommodante : il oublie qu'il faut à la révolte bien plutôt des prétextes que des raisons.

Un tribun refuse de se lever sur son passage : « Tribun, lui dit-il^ viens*tu me redemander la république? » et il ne donne plus un ordre sans ajouter ironiquement : « Si Pontius Aquila le permet. » Le sénat vient à lui, chargé de décrets honorifiques : César ne se lève même pas devant le sénat. Il dit tout haut : « La république n'est rien ; c'est un nom, une ombre sans corps; Sylla n'a été qu'un sot

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