Isale, XLII
i8e JULES céSÂR.
le héros que le monde attend, ouvrir «cette grande année à rapproche de laquelle, comme dira le poëte, se réjouissent et le ciel et la terre, et l'Océan et l'univers entier ébranlé sur son axe étemel ^ : d — telle est la pensée de César.
Mais c'est un roi que TOrient appelle ! L'oracle universel demande un roi*, et cet oracle n'est pas un caprice de la pythie , ni une facile interpolation de quelque pontife romain. César eut-il cette pensée? voulut-il satisfaire la croyance des peuples? ou bien trouva-t-il que c'était quelque chose de désirable par soi-même que ce titre de roi ; titre vulgaire prodigué par les clients à leur patron; réservé dans Rome à un obscur personnage, le roi des sacrifices, que, sa besogne faite, on chassait immédiatement du Forum ; titre odieux et plein de dangers, si bien que Çaligula lui-même, au milieu d'une orgie, eut le bon sens de n'en pas vouloir?
Quoi qu'il en soit, César a cette faiblesse ; il veut être roi (710); et il a de funestes amis pour le seconder. Tout prend déjà les formes des royautés de l'Orient. Voyez Antoine, consul et prêtre de César, marcher à côté de la litière impériale, la tète humblement avancée dans la portière et sollicitant les ordres du maître! Antoine aposte des gens pour crier sur le passage de César: Vive le roi! Le peuple se tait; César est obligé de répondre « qu'il est César et non pas roi.» Aux Lupercales, folle fête où les jeunes gens courent nus par la ville^ Antoine, nu comme eux, se fait soulever par leurs mains jusqu'à la hauteur des rostres, où César est assis, lui o&e la bandelette royale ;
1. .... Et incipieui magni procedere menses. . . Adspice convexo nutantem pondère mundum Terrasque tractusque marÎB cœlumque profundum, Adspice venturo Istentur ut omoia seclo.
Virgile, Eglog.j IV.