‹ Les CésarsChapitre 86 sur 321 · Hinc Augustus agens Italo» in pralia C*sar · texte numérisé non relu

Hinc Augustus agens Italo» in pralia C*sar

Cum Patribu», populoque, pcnatibus, et magnis Dis. {ihid,, 678.)

des guerres civiles fut celle où le plus grand nombre d'hommes combattirent. Octave amenait en Grèce 80,000 fantassins et 12,000 chevaux, il avait 260 vaisseaux dans la mer Ionienne : Antoine, 100,000 fantassins, 12,000 chevaux, 500 vaisseaux, plusieurs rois : le tout sans compter les auxiliaires, c'est-à-dire les soldats non romains.

Mais il restait peu des vieilles troupes de César. A mesure qu'il y avait plus d'hommes dans la guerre civile, il y avait moins de soldats. Le combat ne fut pas long. Cleopâtre était toute prête pour la fuite; et lorsqu'Antoine la vit, avec les trente vaisseaux chargés de ses trésors, traverser toute la flotte les voiles hautes et gagner le large, il ne songea plus à combattre, passa dans une galère avec deux amis, aborda le vaisseau de Cléopàtre, s'assit à la poupe, tandis qu'elle était à la proue^ et demeura, la tète cachée entre ses mains^ sur ce navire qui emmenait sa fortune.

Achevons ce roman de la guerre dlActium, inspiré par Cléop&tre à Tamour d'Antoine, comme déjà César avait au pour elle son roman de la guerre d'Alexandrie. Antoine arrivait en Egypte triste , silencieux , pensant au suicide ; Cléopàtre, au contraire , rentrait à Alexandrie comme en triomphe, avec des guirlandes à ses vaisseaux. Cléopàtre veut le rejeter dans les plaisirs; mais ce ne sera plus la vie inimitable , ce sera la société des inséparables dans la mari; Cléopàtre essaie des poisons sur des criminels. Mais en même temps , elle députe auprès d'Octave ; Antoine offre de se tuer pour sauver la reine ; la reine pour se sauver est prête à livrer la vie d'Antoine.

Octave cependant à qui elle a livré Pelose , la clef de l'Egypte , est devant Alexandrie. Antoine , désespéré ,

2ie AUGUSTE.

donne un dernier repas à ses amis, les dispense de combattre une fois encore avec lui , ne veut plus que ses soldats et ses gladiateurs. Mais au milieu du silence de la nuit, un bruit tumultueux, des chants, des voix de bacchantes se font ouïr; Bacchus, son dieu, Bacchus l'abandonne ; ses soldats passent à Octave, et il rentre en criant qu'il est trahi par Cléopâtre.

Cléop&tre , qui le trahissait ^ n'en demeurait pas moins maîtresse de son âme. Elle se cache, et fait croire qu'elle s'est tuée. Antoine rougit d'être moins courageux qu'elle , et se frappe de son épée. Mais, blessé et presque mourant , il apprend qu'elle est vivante , qu'elle est cachée dans un tombeau; l'amour le ressaisit, il se fait porter vers elle. La reine, fermée par des herses et des verrous, n'ose lui ouvrir. Alors, à la vue d'une foule de spectateurs, elle et ses femmes hissent sur des cordes jusqu'auprès d'elle Antoine expirant qui lui tend les bras. Cléopâtre baise sa blessure, lui demande de vivre , l'appelle son maître et son empereur. Antoine meurt, se félicitant encore de n'avoir été vaincu que par un Romain (août 724).

Octave pourtant négociait avec Cléopâtre. Il lui avait même envoyé un de ses affranchis lui persuader qu'il était amoureux d'elle : le prudent Octave calculait que Cléopâtre était riche, et que cette reine de l'Orient ferait un bel effet â son triomphe. Il la savait enfermée dans le tombeau avec tous ses trésors, sur un bûcher d*étoupes et de cinnamome, prête à se donner la mort et à détruire ses richesses. La négociation était délicate. Octave tantôt lui faisait espérer de garder sa couronne, tantôt la faisait craindre pour la vie de ses enfants. Quand il vint la voir, Cléopâtre, pleurant â ses pieds , essaya sur lui ces enchantements qui avaient séduit César; mais le froid Octave ne fut jamais

amoureux qa'autant que sa politique en eut besoin K Octave ne voulait que Tamuser jusqu'au moment du départ pour Rome, afin d'assurer aux regards des badauds romains cette magnifique portion de son butin triomphal.

Mais un soldat d'Octave, Dolabella, a vu la reine, s'est épris d'elle, et parvient à lui faire savoir que dans trois jours on Temmène à Rome. Alors Cléopàtre obtient du vainqueur la permission d'o&ir ime dernière libation sur le tombeau d'Antoine. Ce devoir accompli, elle écrit & Octave une lettre où elle lui demande d'être ensevelie au«près de son époux ; et les envoyés d'Octave, venus trop . tard, la trouvent morte, ses deux femmes mourantes auprès d'elle ; l'une d'elles arrangeait encore le diadème sur sa lète^

Octave revint à Rome ; trois triomphes l'y attendaient (725). Le sénat, qui vint en corps au-devant de lui, lui apportait avec son serment de fidélité la puissance tribunitienne et même la divinité pour toute sa vie. Octave n'accepta qu'une partie de ces honneurs, demanda à être délivré du fardeau du gouvernement , et tout ce que le sénat put obtenir, c'est qu'il resterait dix ans encore ic chargé de mettre en ordre la république. » La révolution, néanmoins, si atténuée qu'il pouvait la faire , était complète, la guerre civile était finie, le temple de Janus venait d'être fermé pour la première fois depuis deux cent six ans ^.

1. Il 8'atUcbait aux femmes^ dit Suétone {in Aug , 69;, pour avoir len se* crets politiques de leurs maris.

2. Pour compléter lliistoire poétique de cette époque, F. sur la mort de Cléopàtre Tode d'Horace :

Nuoc est bibendum, etc. • .

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