‹ Les Cessions à Bail en ChineChapitre 27 sur 84 · ARE · texte numérisé non relu

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ment touffu et de formuler ensuite sur notre sujet des conclusions plus nettes et plus précises. Notre deuxième partie sera réservée à l’étude des cessions à bail en Chine.

Nous nous proposons, en somme, d'étudier quelques exemples, célèbres dans l’histoire, d’aliénations de souveraineté consenties par un Etat faible au profit d’un Etat fort, soit à la suite d’une guerre, soit même à l’amiable, encore que, dans ces conventions dites amiables, se fasse toujours plus ou moins sentir la pression exercée par un puissant voisin et la crainte de le voir s’emparer, par la force, de ce qu’on semble lui accorder de gré à gré.

Notre but est de faire saisir sur le vif, par ces études rapides, ce que nous indiquions plus haut, à savoir que le procédé employé par les nations européennes sous la forme des cessions à bail de Chine n’est, dans leur esprit, que l’adaptation, à leurs désirs d'expansion et d’hégémonie coloniale, de la méthode employée naguère par elles, pour satisfaire leurs besoins ou leurs nécessités de prédominance politique.

Nous verrons par là que les cessions à bail ne sont guère que l’aboutissement, dans des pays d'outre-mer, de la politique toujours suivie par les Etats puissants vis-à-vis de ceux plus faibles, dont ils convoitent les territoires avec les richesses qui y’ sont contenues; dans l'esprit des diplomates européens, le mot a changé plus que la chose, et ils tendent à réaliser, sous des vocables différents, des annexions identiques à celles dont leurs devanciers leur ont laissé tant d'exemples.

Pourquoi, dira-t-on, s’être donné la peine de créer ces appellations nouvelles? Il est bien vrai que le voca-

bülaire diploatique égt friand dé cés atténuations ét, pour dire le niot, de ces hÿpoerisiés de langage par quoi l’on dissimule ia brutalité des appétits.

Mais, én la circonstance, qui s’agissait-il donc de fénager? Les suscéptibilités de la Chine? En faisait-on plus grand cas que de celles de la Turquie? Ce n’est pas très sûr.

La vérité est qu’en l'espèce, lés choses se passaient, Malgré fout, un peu différemment, en ce sens qu'il n’y avait plus en présence, comme précédemment, un loup et un agneäü, mais bien plusieurs loups pour un seul agneau et que chacun d’eux voulait dissimuler, ou tout au moins en avoir l'air, l'ampleur de ses appétits, beaucoup plus vis-à-vis des autres que vis-à-vis de celui qui en faisait les frais.

C’est en considération de l’Angleterre et non de la Chine que l’Allemagne hésitait à proclamer sa volonté d’annexion de Kiao-itchéou et tentait de la colorer d’une simple main-mise temporaire de caractère commercial, régi par des principes de droit privé : c’est vis-à-vis du Japon que l'Angleterre prenait les mêmes précautions.

En outre, nous aurons à nous demander, à la fin de notre étude, si, comme il arrive souvent, les diplomaties n’ont pas été prises au piège des mots et si ceux-ci, malgré qu’elles en eussent, ne recouvraient pas tout de même des choses différentes, appelées à produire des effets différents : aufre chose peut-être, est l'administration de. la Bosnie, voisine immédiate de l'Autriche, et celle de Weï-haï-weï, éloignée de l’Angleterre de milliers de milles, et agglomérée, magré tout, à un corps aussi puissant ethniquement que la Chine: autre chose serait l’incorporation de Kouan-tchéou que

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Pa été jadis celle 48 la Corse : autré chose enfin, lex: ploitation Politique de territoires européens et l’exploitatioP économique et coloniale de territoires lointains,

En somme, l'étude comparative, à läquellé nous al: lons nous livrer, nous conduirä à démontrer, par l’exemple, les tendances séeulaires des diplomaties européennes : peut-être nous amènera-t-elle à conclure que les faits ne rentrent pas aussi facilement qu’elles le crotent ou le veulent, dans les cadres qu’elles leur tracent; les précédents, contrairement à ce qu'imaginent les chancelleries, ne se renouvellent pas toujours, quelque soin qu'on prenne de les calquer les uns sur les autres. Les exemples les plus frappants auxquels nous entendons nous référer sont, dans l’ordre chronologique : la Corse, la Bosnie-Herzégovine, l’île de Chypre, le sultanat de Zanzibar, Panama.

Nous noterons que l’expression « cession à bail». aparaît pour la première fois (Panama).

Enfin, nous dirons quelques mots de Mascate. Ces deux exemples portent moins d'intérêt que les autres, du point de vue général : il s’est agi dans ces deux cas de cessions d’ordre purement privé, sans aucune arrière-pensée d’hégémonie politique et coloniale et sans comparaison réelle avec le but poursuivi par les puissances en Chine. ,

Voilà donc, sommairement étudiés, les cas qui nous ont semblé les plus frappants d’occupations temporaires tendant où ayant abouti à l’annexion pure et simple par l'Etat occupant. ÿ

En faisant abstraction des différences de détail * hérentes à des pays aussi dissemblables dans leur titution, leur ethnographie, leurs rapports

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avec la nation protectrice, il apparaît nettement que la volonté de celle-ci se manifeste et se caractérise de façon identique pour atteindre aux résultats suivants :

Souveraineté.

Administration.

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