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que la cessation de cette occupation devait également être subordonnée au remboursement par la Turquie des frais qu’elle avait occasionnés (1). Comme on n’imaginerait pas l’Autriche, renonçant spontanément au mandat qu’elle avait accepté, dans le but de s’approprier la Bosnie et l'Herzégovine, ni l’Europe révoquant ce mandat, il en fallait bien conclure que, dans la pensée de tous, il s’agissait d’une véritable annexion.
Sans doute, l’accord secret, signé le même Jour (13 juillet 1878), par la Turquie et l'Autriche, stipulait bien que cette dernière puissance s’engageait à ne considérer que l’occupation de la Bosnie et de l’'Herzégovine que comme provisoirè et ne portant aucune atteinte aux droits de souveraineté de S. M. I. le Sultan. Mais, en fait, tout en donnant au Sultan, par la convention additionnelle de 1879, certaines satisfactions anodines, telles que le droit de voir son nom mentionné dans les prières dites dans les mosquées, et le drapeau ottoman hissé, selon l’usage, sur les minarets, lAutriche-Hongrie se conduisit, comme si la Bosnie et l’'Herzégovine constituaient, pour elle, un territoire national. Lorsqu’en octobre 1908, —— trente ans après le traité de Berlin, — elle déclara s’annexer la Bosnie et l’Herzégovine, elle ne fit, en réalité, que consacrer un état de choses qui avait été tacitement accepté par les autres puissances et auquel, d’ailleurs, la Turquie elle-même adhéra en 1909.
(1) La formule exacte qu’il employa était la suivante : « L’occupation demeurera tant qu’il faudra pour atteindre le but que l’Europe a eu en vue en nous conférant le mandat, tant que cela sera nécessaire pour le rétablissement de la tranquillité de ces malheureuses provinces, autant enfin que les dangers ne seront pas écartés et aussi longtemps que la Sublime Porte ne pourra nous rembourser les frais faits et ne sera pas de force à maintenir l’ordre. Il ne m’appartient pas d'examiner si ce moment arrivera jamais. »