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Sous prétexte de réprimer la traite des noirs, un accord établit le blocus du littoral par une flotte angloallemande, ayant pour but d’arrêter les navires chargés d'esclaves.
La cession temporaire dont nous avons parlé fit bientôt place à une mainmise définitive sur les Etats du Sultan. Ce fut, tout d’abord, PAngleterre qui obtint, par le traité du 14 juin 1890, que le Sultan se soumiît à son protectorat et acceptât de passer par son intermédiaire pour traiter avec les puissances étrangères. Puis l'Angleterre s’occupa de négocier avec l'Allemagne, qu’elle tenait à ménager, pour la reconnaissance de son protectorat. Elle obtint satisfaction par un traité du 1” juillet 1890, mais elle se vit obligée, en échange, de céder à l'Allemagne l’île d’'Heligoland, qui devait, quelques années plus tard, jouer un rôle si considérable dans la récente guerre (1914-1918), et dans la guerre actuelle; en outre, elle lui fit abandon de la zone côtière de l'Océan Indien, que les conventions précédentes avaient réservée au Sultan : ce qui donnait à la colonie allemande la faculté de s'étendre jusqu’à l'Etat du Congo. Ces accords furent consacrés par un {ratté des 27 et 28 octobre; une indemnité de quatre millions de marks en or était allouée au Sultan pour compenser la perte de revenus qu’il subissait du fait de da cession.
Il restait à régler une question avec la France. Celle-ci avait reconnu l'indépendance de Zanzibar en 1862, et l’Allemagne et l'Angleterre s'étaient portées ga-. rantes envers elle de la respecter. Pour donner une valeur juridique aux nouveaux arrangements, il était nécessaire qu'elle consentit à reconnaître les droits acquis : à Zanzibar par l'Angleterre et” l'Allemagne. C’est ce