‹ Les Cessions à Bail en ChineChapitre 46 sur 84 · HART VER · texte numérisé non relu

HART VER

tion et la révolution éclata dans l’isthme, le 3 novembre 1903, suivie, quelques jours plus tard, de la constitution d’un gouvernement provisoire et de la proclamation de la République.

Les Etats-Unis avaient un intérêt trop évident dans l'affaire pour ne pas modifier leur politique intérieure. Ils s’empressèrent de reconnaître le nouvel Etat et d’entamer des négociations diplomatiques avec ses représentants, promettant de le défendre, le cas échéant, contre les agressions de la Colombie. Il y avait là, incontestablement, une immixtion dans les affaires intérieures d’un Etat étranger, contraire aux principes du droit international public. Quoi qu’il en soit, un des premiers actes de la nouvelle République fut de donner - pleine satisfaction à sa puissante alliée sur la question du canal interocéanique. Un traité intervint par lequel le nouvel Etat concédait aux Etats-Unis d'Amérique, pour l’exécution du canal, une zone d’une largeur portée de 6 à 10 milles, soit environ huit kilomètres de chaque côté de l’axe du canal, sur laquelle ils auraient les mêmes droits que s'ils étaient souverains. Ce traité (18 novembre 1903), qui porte le nom de « Hay-Bunau- Varilla », donne à la puissante République américaine sur la zone du canal projeté tous les droits, pouvoirs et autorité qu’elle serait appelée à posséder et à exercer, si elle était souveraine absolue de la région en question, et cela, ajoute le texte, à «l'entière exclusion pour la République de Panama de semblables droits souverains, pouvoirs et autorité ».

La nouvelle République fut reconnue par le Gouvernement français à la condition qu ‘elle respectât les droits de la Compagnie de,Panama, te :

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Notons, à titre de renseignement, que le nouveau canal se trouve, au point de vue international, dans une situation complètement différente de celle du canal de Suez, réglée, comme on sait, par la Convention de Constantinople du 29 octobre 1888, lui garantissant, à défaut de neutralité, une inviolabilité absolue. Ici, au contraire, nous sommes en présence d’un canal essentiellement américain, dont les Etats-Unis ont le droit de régler l'usage, qu’ils peuvent, en cas de guerre, fermer à leurs ennemis, bloquer et même détruire. Ce sont là des conséquences juridiques extrêmement importantes, résultant du fait que le traité Bunau-Varilla, passé uniquement entre les Etats-Unis et la République de Panama, ne saurait lier en quoi que ce soit les puissances étrangères qui n’ont pas été parties à l’accord intervenu.

Nous terminerons ici notre première partie. Nous aurions pu y faire entrer l’étude de certaines cessions de territoires obtenues par les grandes puissances en Chine et présentant de notables ressemblances avec les précédentes, mais il nous semble préférable, dans une vue d'unité, de nous en occuper dans nôtre deuxième partie, uniquement consacrée à l’Empire du Milieu. Dès mainténant, se dégage de nos développements la confirmation de cette règle, conforme à la nature humaine, de la tendance des forts à écraser les faibles, par lemploi de procédés parfois brutaux, le plus souvent hypocrites et sournois. Et, dès maintenant, apparaît aussi la jalousie des grands Etats les uns vis-à-vis des autres, jalousie qui les pousse à lutter sans répit pour conquérir sur la carie du monde des avantages sensiblement égaux. Cette double constatation, nous aurons l’occasion de la renouveler à propos de la Chine.

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