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Fou, dont les houilles valent celles de Cardiff, conduisait l'Allemagne sur les communications de la Chine du Nord avec la Chine Centrale. Et qui plus est, la concession du prolongement vers l’ouest (Tsi-nan-Fou, Chouen-té-Fou, sur la ligne Pékin-Han-kéou), lui permettait de menacer Pékin, la capitale, et même de l’isoler du bassin du fleuve Bleu. Ce prolongement l’amenait, de plus, à la porte du Chan-si, une province de 200.000 kilomètres carrés, dont le sous-sol renferme d'immenses gisements houillers et ferreux, probablement les plus vastes dépôts du monde.
Ce n’était pas tout. Le traité du 6 mars 1898, qui avait concédé pour 99 ans à l'Allemagne le territoire de Kiao-tchéou, assurait au capital allemand un droit de préférence pour toute entreprise industrielle qui viendrait à se créer dans la province voisine, et accordait aux Allemands le droit exclusif d'exploiter des gisements miniers dans toute la région traversée par le chemin de fer, à une distance de 15 kilomètres de chaque côté de la ligne.
Or, le Chan-toung, sans être aussi riche en houille que le Chan-si, possède des ressources minières indiscutables, entre autres de vastes champs de charbon renfermant à la fois de l’anthracite et des charbons gras de première qualité.
Au Chan-toung, l'Allemagne trouvait encore d’abondantes ressources agricoles, sans oublier ces précieux textiles que sont la soie, le coton et le chanvre, — tous avantages qu'aucune autre province de Chine ne possède au même degré. L'Allemagne, toujours admirablement renseignée par ses consuls, s’en était sans doute déjà rendu compte quand elle entreprit de se créer une
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sphère d’influence en Chine, où elle ne possédait encore que deux maigres concessions temporaires de terrain à Tientsin et à Han-kéou. Son choix était donc excellent, car la possession de ce petit coin de Chine plaçait sous sa domination économique cette riche province de Chan-toung, d’une étendue de 150.000 kilomètres carrés, d’une population vigoureuse et très dense de plus de 30 millions d'habitants, constituant un excellent matériel humain.
C’est à de tels avantages que le Japon put prétendre succéder par voie de conquête, et voici comment. Le 23 août 1914, le Japon déclairait la guerre à
l'Allemagne, et, dès le 27, le blocus de la baie de Kiao-
tchéou était effectif. Le 7 novembre suivant, une armée japonaise, aidée par un petit détachement britannique, s’emparait de la forteresse de Tsing-tao et chassaïit les Allemands de Chine. Cet exploit souleva parmi les Alliés un grand enthousiasme. Il y avait de quoi, non que les difficultés en eussent été considérables, mais l’effet moral produit en Allemagne dépassait certainement l'importance matérielle de lopération. On se souvenait que la prise de possession de Kiao-tchéou avait été la première assise de la puissance maritime allemande, et déclenchait tous les espoirs de la «weltpolitik ». On rappelait que c'était à cette occasion qu'avait été prononcé le mot fameux : « Notre avenir est sur l’eau.» La prise de Kiao-tchéou paraissait sonner le glas de l’impérialisme allemand mondial. Nous en étions fort reconnaissants à nos amis japonais.
Le vainqueur pouvait légitimement revendiquer l'héritage du vaincu. Avec un sens très avisé de la situation internationale, le Japon manifesta immédiatement
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son intention de rendre Kiao-tchéou à la Chine. Il exprimait seulement le désir d'obtenir certaines compensations, dressant, en janvier 1915, un programme maximum des revendications sujet à revision. C'était le fameux programme dit « des vingt et un articles », dont les Chinois ont tant parlé. A la suite de négociations laborieuses, un traité en bonne et due forme fut conclu entre la Chine et le Japon, le 25 mai 1915.
Voici le texte de la déclaration relative à Kiaotchéou (texte comuniqué à la Chine dès le 26 avril) :
« Si, à la fin de la présente guerre, on donne au « Gouvernement japonais le droit de disposer en toute « liberté du territoire cédé à bail de la baie de Kiao- « tchéou, qu’il a acquis au prix d'énormes sacrifices, il « restituera le dit territoire à la Chine aux conditions < suivantes :
« 1° Ouverture de la baie de Kiao-tchéou comme « port de commerce;
« 2° Etablissement d’une concession japonaise dans « une localité qui sera désignée par le gouvernement « japonais;
« 3° Etablissement, si les puissances le désirent, « d’une concession internationale;
« 4° Conclusion d’un arrangement, avant que s’ef- « fectue la restitution dudit territoire, entre les gouver- « nements chinois et japonais aü sujet: du sort des éta- « blissements publics et propriétés privées allemandes, « ainsi qu'au sujet des autres conditions et procédu-
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Et, pour justifier son attitude, ie DL TEREnS japonais ajoutait : de
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