‹ Les Cessions à Bail en ChineChapitre 60 sur 84 · EU RN S · texte numérisé non relu

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« Les câbles sous-marins de l'Etat allemand, de « Tsing-tao à Sanghaï, et de Tsing-tao à Tché-Fou, avec « tous les droits, privilèges et propriétés qui s’y ratta- « chent, restent également acquis au Japon, francs et « quittes de toutes charges.

« ART. 157. — Les droits mobiliers et immobiliers « que PEtat allemand possède dans le territoire de « Kiao-tchéou, ainsi que tous les droits qu’il pourrait « faire valoir par suite de travaux ou aménagements « exécutés ou de dépenses engagées par lui, directe- « ment ou indirectement, et concernant ce territoire, « sont et demeurent acquis au Japon, francs et quittes «w de toutes charges.

&« ART. 158. — L'Allemagne remettra au Japon, « dans les trois mois qui suivront la mise en vigueur du « traité présent, les archives, registres, plans, titres et « documents de toute nature concernant les administra- « ions civile, militaire, financière, judiciaire ou autres « du territoire de Kiao-tchéou, à quelque endroit qu’ils « se trouvent.

« Dans le même délai, l'Allemagne notifiera au « Japon tous les traités, arrangements ou contrats con- « cernant les droits, titres ou privilèges visés aux deux articles ci-dessus. »

Par suite de sa victoire à la conférence de la Paix, le Japon devenait indirectement une des quatre grandes puissances mondiales, avec les Etats-Unis, la Grande- -Bretagne et la France. En dehors du prestige que lui conférait sa victoire sur les 14 points du président Wilson, le Japon voyait, par la possession du Chan-

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toung, sa situation en Extrême-Orient se renforcer et Son expansion s’accomplir sans entraves.

D’après des personnes bien renseignées, une des raisons principales pour laquelle le président Wilson aurait cédé est que M. Clemenceau et M. Lloyd George lui montrèrent combien il était dangereux d’éveiller la colère du Japon, qui aurait pu quitter la conférence comme l'Italie.

Le Japon aurait adressé, paraît-il, un véritable ultimatum à M. Lloyd George et à M. Clemenceau, les sommant de respecter le traité secret lui accordant le Chan-toung, même si cette attitude devait entraîner la rupture avec les Etats-Unis. C’est, du moins, ce que prétendirent, à l’époque, certains journaux américains, entre autres le Chicago Tribune.

Le 23 janvier 1920, le ministre des Affaires étrangères du Japon, le vicomte Ushida, a fait, devant le Conseil d’'Empire, au sujet du Chan-toung, les déclarations suivantes :

« En ce qui concerne le sort final de Kiao-tchéou et « le traité sino-japonais de 1915, la déclaration faite « l’année dernière par nos délégués à la Conférence « de la Paix et les déclarations faites par moi-même « indiquent amplement que ce pays était résolu, depuis « l’origine, à en faire la restitution à la Chine.

« Ce que l’on appelle la question du Chan-toung « comprend principalement ies problèmes ayant trait « au territoire cédé à bail, de Kiao-tchéou et au chemin « de fer du Chan-toung; le premier doit être restitué « à la Chine, tandis que le second va être exploité par « une entreprise commune aux deux pays ONG € ment à l’accord sino-japonais de 1918,

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« Je suis heureux de pouvoir vous donner l’assu- « rance que la résolution du Gouvernement japonais « de s’en tenir à la lettre à l'engagement qu’il a pris de « restituer à la Chine le territoire cédé à bail et d’ex- « ploiter le chemin de fer comme une entreprise mixte « des deux pays n’a jamais été ébranlée. »

A la même époque, le ministre du Japon a notifié au Gouvernement chinois, qu’en conformité du traité de paix le Japon est détenteur des droits dont les Allemands jouissaient à Kiao-tchéou. En conséquence, le Japon est prêt à négocier avec la Chine au sujet de la rétrocession des territoires cédés à bail, si toutefois la Chine y consent.

A la conférence de Washington de 1921, convoquée pour régler les problèmes du Pacifique, l'accord ne put se faire. La distance était trop considérable entre les prétentions japonaises et les revendications chinoises.

Ce problème extrêmement épineux, comme le qualifie le D’ P. Wou, fut retiré du programme de la Conférence pour faire l’objet de pourparlers directs entre les plénipotentiaires des deux pays intéressés, en présence des observateurs anglais et américains. Après de dramatiques discussions auxquelles prit part, un instant, le Président Harding lui-même, un accord fut signé le 4 février 1922 : Le Japon devait évacuer le Chantoung et restituer Kiao-tchéou à la Chine. Le traité définitif fut signé le 1” décembre 1922 à Pékin. Il ne comprend pas moins de 11 sections et 28 articles dont les derniers règlent la question des chemins de fer et des mines de la province.

Les difficultés suscitées par ce règlement étaient le fruit naturel de la nature du bail dont il fallait anéantir

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