V. — LE TERRITOIRE DE KOWLOON
L’Angleterre, qui avait demandé et obtenu le territoire de Weï-haï-weï pour contrebalancer les influences russes et allemandes dans les mers du Nord de la Chine, profita de ce qu’on nous avait accordé Kouangtchéou ouan, dans les mers du Sud, pour demander l’extension de son territoire de Kowloon, en face de Honkong. ce bn réalité, les pourparlers sino-anglais avaient précédé les nôtres : l’heureuse conclusion de nos démar-
(4 Situation de l'Indo-Chine (1897-1901), p. 117,
SN TARUE
ches lui fut le prétexte rêvé pour obtenir plus rapidement ce qu’elle demandait.
L’Angleterre était installée dans la presqu’ile de Kowloon depuis le traité de Tien-tsin de 1860. Mais elle n'avait que le côté sud (4.000 mètres carrés environ). Le côté nord restait à la Chine. Or, les hauteurs qui S'y trouvent dominent Honkong. Si l’on y installe des forteresses, la situation de Hongkong devient des plus précaires.
Saisissant donc l’occasion du bail de Kouang-tchéou, l'Angleterre demanda et obtint la location du côté nord de Kowloon. La convention pour l’extension de Hongkong fut signée le 9 juin 1898 à Pékin.
En voici la teneur :
Convention pour l'extension de Hongkong (9 juin 1898, à Pékin)
« Considérant que, depuis beaucoup d’années, il a été reconnu qu’une extension du territoire de Hongkong est nécessaire pour la défense convenable et la protection de la colonie, il est maintenant convenu entre les gouvernements de la Grande-Bretagne et de Chine que les limites des territoires britanniques seraient agrandies, sous bail, jusqu’à l’extension généralement indiquée sur la carte annexée. Les limites exactes seront ultérieurement fixées lorsque les plans particuliers auront été faits par les fonctionnaires nommés par les deux gouvernements. La durée de baïl sera de 99 ans.
« Il est convent en même temps que, dans la ville
de Kowloon, les fonctionnaires chinois qui y résident actuellement, continueront leur juridiction autant
qu’elle ne sera pas incompatible avec les nécessités militaires pour la défense de Hongkong. Dans le reste du territoire nouvellement cédé, la Grande-Bretagne devra avoir seule juridiction.
« Les fonctionnaires chinois et le peuple devront être autorisés comme par le passé à employer les routes de Kowloon à Din-ngan.
« Il est en outre convenu que le lieu de débarquement actuel près de la ville de Xowlocn sera réservé pour la commodité des vaisseaux de guerre chinois, des bateaux de commerce et de transport de passagers, qui pourront aller et venir et y stationner à leur gré et pour la commodité de la circulation des fonctionnaires et du peuple dans la ville.
« Quand, par la suite, la Chine aura construit un chemin de fer jusqu'aux limites du territoire de Xowloon, sous le contrôle britannique, les arrangements seront discutés.
« Il est entendu, en outre, qu’il n’y aura ni expropriation, ni expulsion des habitants du district inclus dans cette extension, et que si on a besoin de terrain pour des bureaux publics, foritfication ou autres objets également officiels, il sera acheté à un prix équitable.
« S'il se produit des cas d’extradition de criminels, ils seront négociés d'accord avec les traités existants entre la Grande-Bretagne et la Chine et les règlements de Hongkong.
«La zone louée à la Grande-Bretagne, ainsi qu’elle esl marquée sur la carte annexée, comprend les eaux de la baie Mirs et la baie profonde (Deep-bay), mais il est convenu que les vaisseaux du gouvernement chinois,
détiendra plus Hongkong. :
neutres ou autres (non), conservent le droit de mouiller dans ces eaux.
< Cette convention entrera en vigueur au 1” juillet 1898, correspondant au 15° jour de la 5° lune de la 14 année de Kouang-Siu.
« Elle sera ratifiée par les souverains des deux pays et les ratifications devront être échangées à Londres aussitôt que possible.
« En foi de quoi, etc.
« Claude Mac DonaLp. < Li HounG CHANG, Hsu TiNG-K'oEr. »
Nous ne nous étendrons pas sur cette question. Elle est suffisamment définie. Elle confirme notre thèse sur la portée des cessions à bail. S’il était besoin d’y ajouter, il suffirait de citer les paroles de Lord Balfour à la conférence de Washington, telles que les rapporte 1e
D' Wou.
« Le bail relatif à l’extension de Xowloon n’a été obtenu pour aucune autre raison que celle de donner toute sécurité, au port de Hongkong, et ce serait un malheur, si quelque chose se produisait qui pourrait ébranler la confiance des nations qui font usage de ce port. » |
Il est donc à présuiner que, tant que la Chine n’aura pas conquis la stabilité et l’indépendance qui donne à ses engagements et à ses possibilités une valeur internationale, l'Angleterre ne consentira pas à rétrocéder le territoire de Kowloon. Ou bien alors c’est qu’elle ne
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