VI. — SAN-MEN
Nous ne devons pas oublier de signaler, pour mémoire, la démarche faite auprès du Tsong-li-yamen, le 28 février 1899, par M. de Martino, ministre d'Italie à Pékin.
En présence des excellents résultats obtenus par les autres puissances européennes, le roi d'Italie, pris à son tour de cette crise d'expansion coloniale, fit présenter verbalement par M. de Martino une demande pour la cession à bail de la baïe des San-Men (les trois portes), sur la côte du Tché-kiang, entre le Ning-po et Ouen-tchéou, pour en faire une station de charbon et une base navale.
Cette demande comportait aussi la concession des trois îles qui en défendent l'entrée, les ports qui en font partie, les villes et villages situés à l’entour, dans une zone de même étendue et soumise aux mêmes conditions que celles accordées aux Allemands, aux Russes, aux Anglais, dans les concessions respectives de Kiaotchéou, de Port-Arthur et de Weï-haï-wei.
L'Italie demandait encore que l’empereur Kouangsiu voulût bien lui reconnaître une zone ou sphère d’influence couvrant les deux tiers de la partie méridionale de la province de Tché-kiang qui n’appartient pas au bassin du Yang-tsé ou à celui de la baie dé Kang-tchéou, réservés à l’influence anglaise, et enfin la concession d’un chemin de fer devant relier la baie au lac Po-
yang, à travers les riches districts du Tché-kiang et du Ngan-hoei.
.Le-2 mars, M..de Martino renouvelait par écrit sa requête.
Après de multiples incidents, et malgré l’appui que lui prêta l’Angleterre, la démarche italienne échoua complètement.
Cette fois, les Chinois étaient décidés à la résistance la plus acharnée, car ils considéraient que céder à l'Italie c’eût été ouvrir la porte à d’interminables marchandages et à de multiples demandes de Ïa part des plus petits Etats.