CIRCULATION ARTÉRIELLE
Cœur et troncs vfférents. — Le cœur est un peu plus large que long, quelquefois ses deux dimensions sont égales ; il a toujours une épaisseur beaucoup plus faible que sa longueur. Il est plus aplali chez les Cétodontes que chez les Mysticètes et, à ce point de vue, le Cachalot peut être considéré comme intermédiaire entre les deux groupes. Les mesures suivantes ont été relevées par Beauregard sur le cœur d’un Cachalot adulte (109,421): longueur Om9%, largeur 0m91, épaisseur maximum O®48. Il se termine ordinairement en pointe à son extrémité venticulaire, mais il n’est pas rare chez les Cétodontes de rencontrer une légère dépression à la pointe du cœur entre les deux ventrieules. Cette disposition se présente dans l'Orcella et surtout dans le Plataniste (50); Jackson signale la dépression terminale dans le Globicéphale (14) et
@) Murie, — On the Form and Structure of he Manatee (Manalus americanus). — Trans. z0ol. soc. London, t. S. 1872-74, 175-178
Murie, dans son travail sur là même espèce, accepte la description de Jackson. On peut observer à ce sujet de nombreuses variations individuelles ; la dépression existait dans le Cachalot décrit par Jackson, elle manque dans l'individu décrit par Beauregard; Jackson ne la pas observée dans le Marsouin, tandis qu'elle apparaissait très nettement dans l'individu que j'ai étudié.
Les rapports et les dimensions relatives des oreillettes et des ventricules sont, en général, les mêmes que dans les autres Mammifères ; mais l'oreillette droite est plus grande que la gauche, et si le ventricule du même côté ne parait pas toujours d’une capacité plus grande que le ventricule gauche, il faut en chercher la raison dans l'épaisseur beaucoup plus grande des parois musculaires de ce dernier.
Le sang veineux revient dans l'oreillette droite par les veines coronaires, la veine cave supérieure et la veine cave inférieure. Les orifices de ces vaisseaux sont dépourvus de valvules; c’est là, du moins, la conclusion à laquelle on arrive quand on compare les descriptions des valvules du cœur (Rapp, Turner, Watson et Young, Jackson, ete.) ; toutefois, Carte et Macalister observent que la valvule d'Eustache est un peu marquée à lorifice de la veine cave inférieure. Le Delphinaptère paraît différer des autres Cétacés par la disposition des veines coronaires; au lieu de former un seul sinus coronaire, celles-ci en formeraient deux et naturellement, la valvule de Thébésius ferait défaut à leurs orifices (52). Les veines pulmonaires sont au nombre de deux de chaque côté, elles ne présentent rien rien de remarquable (11, IX, 165). Elles débouchent parfois par deux orifices seulement dans l’oreilletté gauche.
Les valvules auriculo-ventriculaires sont disposées suivant le type normal. Dans le Globicéphale, Murie a signalé une anomalie curieuse de la valvule tricuspide ; le segment septal de cette valvule serait perforé d'un orifice large comme une fève qui serait lui-mème protégé par une valvule de second ordre (37); cette disposition n'a jamais été rencontrée ailleurs.
Les valvules sigmoides, situées à lorifice des artères, ne présentent rien de particulier. Rapp a observé des nodules d’Arantius sur ces valvules dans le Dauphin (12, 157); mais ces nodules n'ont pas été retrouvés par Stannius et le plus souvent les auteurs n’en font pas mention, leur description du cœur élant toujours très succincte. Dans la Balænoptera musculus, Murie dit nettement qu'ils n'existent pas (27) et Delage est arrivé aux mèmes résultats en étudiant la mème espèce (60, 115).
Les parois des oreillettes (fig. 3, d et 4) sont bosselées sur les bords et forment des poches et des loges marginales ; souvent les oreillettes sont unies à leur intérieur, sauf dans la région des loges où se trouvent toujours des colonnes charnues parfois libres dans leur milieu. A l’intérieur des ventricules s'élèvent les piliers charnus ordinaires dont la description laisse encore à désirer.
Dans le Cachalot « les ventricules, presque égaux entre eux en capacité, offrent une disposition toute particulière de leurs colonnes charnues. Celles-ci, au nombre de deux principales, dans chaque ventricule, sont fixées à la paroi ventriculaire par une de leurs faces, cette face toutefois n’est pas complètement adhérente. La face libre donne insertion aux cordages tendineux des valvules aurieuloventriculaires. Il existe dans chaque ventricule deux de ces colonnes charnues fixées, l'une à la paroi antérieure, l’autre, à la paroi postérieure ; chacune d'elles est formée d’un corps central aplati polyconal, des angles duquel partent de fortes branches qui se divisent bientôt ; leurs ramifications, de plus en plus petites, s'anastomosent et déterminent des aréoles plus particulièrement nombreuses vers le sommet des ventricules. Les valvules auriculo-ventriculaires sont formées à gauche d’un repli circulaire divisé en quatre lambeaux d’inégale longueur (deux plus grands et deux plus petits) ; à droite, le repli membraneux se divise en trois lambeaux seulement, un antérieur, un interne et un externe.
« Les oreillettes offrent dans leur région postérieure une structure aréolaire très compliquée, résultant de l’entrecroisement de nombreuses colonnes charnues, » (109,421-422). L. de Sanctis à donné une compendieuse description des piliers et des aréoles du cœur dans le Cachalot (53).
Le foramen ovale inter-auriculaire, qui existe à l’état embryonnaire, ne persiste jamais chez l'adulte, mais il laisse ordinairement pour trace la fosse ovale, surtout développée du côté droit el entourée par l'anneau de Vieussens. On à constaté la persistance du trou ovale dans des fœtus déjà très avancés. Dans le fœtus de la Balænoptera Sibbaldii, étudié par Turner (43), le foramen était muni d’un bourrelet sur les bords et lenestré dans le milieu ; il avait une dimension beaucoup plus faible dans le fœtus de Baleine franche observé par Knox, mais la membrane fenestrée était toujours persistante ; Jackson signale purement el simplement le foramen ovale dans un fœtus de Dauphin long de 94 centimètres (14).
Le conduit artériel (ductus arteriosus), prolongement du troisième arc aortique, persiste beaucoup plus longtemps à Pétat fonctionnel