‹ Les cétacés souffleursChapitre 11 sur 39 · NI · texte numérisé non relu

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et se rencontre même chez les adolescents. C’est là du moins ce que j'ai pu observer sur mon baleineau de Balænoptera rostrata (lig. 3, e.). Le conduit avait les dimensions du petit doigt, et une sonde grosse comme un crayon le traversait d’une extrémité à l’autre ; dans l'adulte de la même espèce, étudié par Carte et Macalister il était représenté par un cordon fibreux imperforé. Dans les grands Balénoptères, il paraît persister beaucoup plus longtemps encore : son Canal avait des dimensions appréciables dans la Balanoptera musculus de 19 mètres étudiée par Murie (27,513) et Turner l'a retrouvé dans une B. Sibbaldii de 25 mètres. En général le conduit paraît persister moins longtemps chez les Cétodontes : dans le Dauphin et le Marsouin que j'ai étudiés, il avait dû disparaitre depuis longtemps. Il était persistant dans un Cachalot de » mètres observé par Jackson (1%).

A leur sortie du cœur, l'aorte (fig. 3, A) et l'artère pulmonaire (fig. 3, P) se dilatent fréquemment en sinus à leur sortie du cœur. Ces dilatations sont énormes dans le Cachalot (53), Turner les figure dans la Balænoptera Sibbaldiï (43) et dans le Globicéphale (3%) el Delage les décrit dans la 2. musculus (60, 117); elles étaient très peu évidentes dans ma B. rostrata (fig. 3). Du reste, il doit y avoir là des variations individuelles assez considérables; d’après Rapp les dilatations existeraient dans le Narval et seraient surtout fortement développées dans le Dauphin et le Marsouin ; or, aucun renflement n'est figuré par Wilson dans les vaisseaux du Narval (106, pl 2, A), Jackson n’a pas trouvé de dilatations artérielles dans le Dauphin (14) et si elles existaient dans le Dauphin et dans le Marsouin que j'ai eus en ma possession, elles devaient être bien faibles puisqu'elles ne m'ont pas frappé ; Slannius ne les a pas trouvées dans le Marsouin (105, 380).

Chez les Mysticètes les artères émises par la crosse aortique (lig. 3, A) sont disposées comme dans l'Homme, les Anthropomorphes, l’Ornithorhynque, les Pinnipèdes et la plupart des Rongeurs claviculés y compris le Castor. À la sortie du cœur, la crosse émet un tronc brachio-céphalique droit (?), un peu plus loin une carotide sauche (t) et à gauche de celle-ci une sous-clavière gauche (u) qui donne naissance la thoracique interne du même côté. Il en serait de mème dans l’'Hypéroodon d'après Owen (29,111, 536). Dans les Cétodontes la disposition des artères rappelle les [nsectivores ; la carotide gauche naît de l'artère sous-clavière gauche et la thoracique du mème côté se détache de l'aorte en arrière de la sous-clavière. D'après Watson et Young, le Delphinaptère établirait, sous ce rapport, une

Eos

transition entre les Cétodontes et les Mysticèles:; comme dans ces derniers, la sous-clavière gauche donnerait naissance à la thoracique du même côté, mais elle émettrait également la carotide gauche comme dans les Cétodontes ; en un mot, dans le Delphinaptère, 11 y aurait deux troncs brachio-céphaliques (52, 427). Le Narval, qui se rapproche beaucoup des Delphinaptères, ressemble à tous égards aux autres Cétodontes (106); ilen est de mème du Cachalot (14). Dans l'Orque, d'après Stannius (105, 382), la carotide gauche à une origine distinete sur la crosse aortique, qui émet par conséquent quatre troncs successifs.

irtères et plerus artériels de la

j FC / tête et du cœur. — Les vaisseaux \ LA artériels du Marsouin ont été étu- )) diés avec beaucoup de soin par CAN CRE Slannius (105); nous les décrirons ra d'abord dans cette espèce d'après Fig. 3. — Cœur et troncs vasculaires

le travail du savant allemand, et nous lescomparerons ensuite, pour chaque région, avec les vaisseaux de mème ordre des autres Cétacés.

A la sortie du cœur, l'aorte donne immédiatement naissance aux artères coronatres ; celles-ci sont au nombre de deux, lune à son origine à droite, l’autre à gauche, mais les rameaux de ces artères se distribuent sur les deux faces du éœur et contractent de nombreuses anastomoses.

issus du cœur de la Balænoptera rostrati, vus par la face ventrale.

Le tronc brachio-céphalique droit irrigue une grande partie du thorax, la nageoire et l'épaule droites, avec toute la partie droite de la tête et du cou. Il donne successivement naissance aux artères suivantes : la thoracique interne, Ja carotide interne, la carotide externe, l'artère cervico-occipitale, enfin il se continue dans la sousclavière droite qui émet la mammaire interne du même côté. Nous laisserons momentanément sous silence les artères thoraciques et mammaires qui appartiennent à la région du thorax et nous allons passer en revue les autres vaisseaux issus des troncs brachiocéphaliques.

La carotide externe, ou faciale, après avoir émis une petite branche

ne

destinée au larynx el au plexus artériel du cou el du cerveau, se rend sur les côtés de la tête el pénètre dans la cavité orbitaire. Chemin faisant elle distribue trois où quatre rameaux aux muscles hyoïdiens, émet une artère linguale, des branches pour les muscles de la mandibule et pour la peau et finalement se divise en deux artères linguales principales, une interne et une externe. Dans la région temporale elle donne en outre les branches suivantes : une petite artère du temporal pour le périoste de cet os, plusieurs rameaux pour les muscles de la fosse temporale, une artère alvéolaire inférieure qui se rend dans le canal mandibulaire, les artères” des muscles temporaux, lartère ophthalmique très puissante, el les rameaux des muscles de Fœil. L'artère pénètre ensuite dans le conduit maxillaire supérieur (artère maxillaire interne), et après avoir donné naissance à une artère de l'évent, se divise en avant en deux branches : la branche infraorbitaire se distribue aux muscles des narines, à ceux qui recouvrent la mâchoire supérieure et à la peau dans la même région; Fautre branche, qui correspond à l'artère alvéolaire supérieure, se continue en avant et irrigue les dents, les gencives et les os de la mächoire.

Comme la carotide externe, la carotide interne envoie un petit rameau au plexus du cou, plus loin elle pénètre dans la cavité cranienne par le trou carotidien du rocher, et y forme deux troncs principaux en même temps qu'elle donne naissance à l’étroit plexus du cerveau. Ce dernier est situé à la base du crâne, entre le plancher osseux et la dure-mère; en arrière il se réunit dans quatre ou cinq branches et finalement dans un seul tronc qui pénètre dans le canal viscéral des vertèbres et, chemin faisant, émet des rameaux plexiformes. Quant aux deux troncs de la carotide, lantérieur constitue l'artère cérébrale et le postérieur l'artère cérébelleuse. Les artères cérébrales des deux côtés se mettent en relation, par un puissant plexus, sur le bord antérieur de la selle turcique rudimentaire, et il en est de même pour les artères cérébelleuses en arrière de Fhypophyse ; l'artère cérébrale s’anastomose en outre, par une branche, avec la bifurcation antérieure de l'artère cérébelleuse du mème côté. Les branches cérébrales el cérébelleuses envoient d'ailleurs au cerveau, à la surface et dans la profondeur, un certain nombre de rameaux plus où moins importants.

L'artère cervico-occipitale, presque aussi forte que la sous-clavière, émet bientôt une branche pour le cou. Cette branche envoie un rameau aux muscles du cou,un autre dans le larynx entre les cartilages cricoide et thyroïde, un troisième à la base de Ta langue. Plus

loin, Partère cervico-occipilale donne naissance à des artérioles très nombreuses qui entrent dans la formation du plexus vasculaire du cou, plus loin encore elle irrigue les muscles dentelés, teres major, grand dorsal elc., puis le tronc principal atteint la nuque, forme une couronne autour de l'occipitaletse ramifie abondamment dans les muscles puissants de la nuque.

L'artère sous-clavière, après avoir envoyé quelques rameaux au laryax, à la glande thyroïde au thymus et aux muscles du cou (ces quatre rameaux partent d'une seule branche) se dirige vers la nageoire et, avant de l’atteindre, envoie une branche thoracique externe aux différents muscles de l'épaule. Au niveau de la tête de lhumérus elle se divise en deux troncs principaux; le postérieur forme plusieurs rameaux extrèmement courts qui se divisent tous en un très grand nombre d’artérioles dans les muscles des bras; l'antérieur (artère brachiale) se bifurque et peu après se résout en lines artères parallèles dont quelques-unes vont dans Pavant-bras. Parmi ces dernières, on remarque une artère radiale plus forte destinée aux deux premiers doigts, et une artère cubitale qui se ranilie dans les autres.

Les artères homologues du côté gauche se distribuent de la même manière que les précédentes et forment en commun avec elles les plexus du cerveau et du cou.

Dans le Marsouin qu'il a disséqué, Turner signale (34,68) entre les racines de la carotide externe et de l'artère cervico-occipitale, une branche qui se rend derrière le pharynx pour assister son homologue du côté opposé dans la formation du réseau du cou; il fait, en outre, observer que lartère thyroïdienne gauche du Globicéphale nait isolément de la sous-clavière gauche à une faible distance de son origine. Dans la même espèce, ainsi que dans le Grampus et le Lagénorhynque, Murie (37) signale un grand plexus situé sous la face inférieure du crâne et étalé jusqu'au voisinage de la mandibule; il mentionne en outre dans la cavité mandibulaire de la Baleine franche et de la Balænoptera musculus aussi bien que du Globicéphale, un réseau fibreux renfermant de la substance sraisseuse ainsi qu'un fouillis de capillaires artériels et veineux; il y aurait aussi un réseau (dans le Globicépale) à la base de la langue et à la naissance des trompes d'Eustache; la plupart de ces réseaux sont artériels el veineux et en relation par des anastomoses importantes. Dans la Balænoptera Sibbaldii (43) et, dans la. B. rostrata Comme j'ai pu m'enconvaincre après Carte et Macalister (35), il y a une carotide commune à droite comme à gauche (fig. 3,5, t)

et c’est seulement après un long trajet que le tronc commun se divise en carotide interne et en carotide externe. Dans la Balænoptera rostrata Carte et Macalister signalent une artère vertébrale issue de la sous-elavière, mais il n’est fait nulle part mention d'une cervicooccipitale chez le Mysticètes.

Artères et plexus thoraciques. — Dans le Marsouin, les artères el les plexus thoraciques présentent la disposition suivante (105) :

L'artère thoracique interne droite, issue du tronc brachio-céphalique droit, a des dimensions sensiblement plus fortes que la sousclavière. Elle émet d'abord en avant une branche pour les muscles plérygoïdiens, l'œæsophage et le pharynx, puis elle se dirige en arrière, fournit un nombre très considérable d'artérioles au grand plexus thoracique, envoie une branche sur le bord antérieur de la première côte et se termine à la cinquième, après avoir donné naissance aux cinq premières intercostales. L'artère thoracique interne gauche se ramifie de la mème manière que la précédente, mais elle a son origine distincte sur l'aorte assez loin en arrière de l'artère sous-clavière gauche. Entre cette dernière et les premières intercostales issues de l'aorte quelques rameaux isolés, plus ou moins importants, se détachent isolément du tronc aortique el concourent directement à la formation du plerus thoracique.

Les artères intercostales, qu'elles naissent indirectement des thoraciques internes ou directement de la portion thoracique de l'aorte, se comportent toutes de la même manière et sont au nombre de douze paires (les cinq paires antérieures se détachent des thoraciques, les sept paires postérieures de l'aorte). À une faible distance de son origine, chacune d'elles envoie une forte branche ascendante dans le muscle spinal et un peu plus bas une autre branche qui se dirige également dans le dos pour irriguer le muscle long dorsal. La neuvième intercostale de chaque côté émet en outre une branche antérieure et une branche postérieure ou récurrente, la branche antérieure se rend en avant jusqu'à la septième côte el s'anastomose superficiellement avec les branches terminales de la mammaire interne; quant à la branche récurrente, elle s’anastomose avec une, branche latérale issue de l'aorte en arrière el ses rameaux se répandent même jusque dans la portion antérieure du muscle psoas.

Le grand plerus thoracique est formé en grande partie par des artérioles issues des artères intercostales, par les artères thoraciques et aussi par deux troncs impairs issus de l'aorte, entre

la sous-clavière gauche et les intercostales aortiques. Il est situé superficiellement, dans la cage thoracique, entre la plèvre en dessous, les muscles intercostaux et les côtes en dessus. En relation immédiale avec le plexus du cou, il atteint sa plus urande épaisseur dans l'extrémité antérieure de la cage thoracique; il est assez étroit dans cette région, mais il s’'élargit plus loin, devient moins épais et à partir de la neuvième intercostale, s'atténue rapidement en largeur et en épaisseur jusqu'à la dernière côte. Entre la première et la troisième côte, le plexus fait saillie en dehors de la cavité thoracique et s'étend dans la région dorsale où il se continue parmi les muscles de la nuque. Sur toute sa longueur, du reste, il se prolonge dans le très large canal de la moelle par les trous intervertébraux, et, par Fintermédiaire de plexus spinal, entre en relation avec le plexus situé dans le crâne.

L'artère mammaire interne, issue de Ja sous-clavière, à la même distribution des deux côtés; elle se dirige en arrière sous l'extrémité sternalé des sept première côtes, émet des rameaux intercostaux qui s'anostomosent avec les extrémités des intercostales, envoie quelques branches aux muscles du sternum et se met en relation avec les rameaux terminaux de l'artère épigastrique issue de l'hypogastrique.

Le plexus thoracique du Narval, d’après Wilson (106), diffèrerait énormément de celui du Marsouin. Les deux thoraciques internes s'étendent en arrière jusqu'au huitième espace intercostal (entre les côtes 8 et 9) et, parallèles à la colonne vertébrale, servent de limite externe au plexus qui occupe, par conséquent, la même largeur dans toute son étendue. Très éloignées de la colonne vertébrale, ces thoraciques émettent en dedans une centaine de pelites branches qui se résolvent tout entières en artérioles pour former le plexus en dehors, elles donnent naissance à un petit nombre de branches intercostales externes qui vont à la rencontre des branches intercostales internes, issues des artères mammaires. Les artères intercostales issues de l'aorte sont au nombre de sept paires et chaque paire se détache de l'aorte par un tronc commun. La première paire se distribue dans le cinquième espace intercostal el correspond par conséquent à la cinquième paire d'intercostales. Les quatre premières paires se distribuent complètement au plexus, qu'elles servent à former, el au lieu de se prolonger en dehors du plexus comme dans le Dauphin, sont remplacées dans cette région par les branches intercostales externes des thoraciques. Les trois dernières, au contraire, ont la même disposition

que celles du Dauphin; après avoir donné de nombreux rameaux au plexus, elles quittent celui-ci et se prolongent dans les espaces intercostaux. Mais, dans chacune de ces paires, on remarque une asymétrie frappante; la cinquième paire correspond à gauche à deux intercostales (9 et 10e) et à droite n'envoie qu'un faible rameau dans le plexus ; la sixième correspond aux trois dernières intercostales et irrigue très peu le côté gauche, enfin la septième présente la même asymétrie que la cinquième, el correspond à gauche à la dernière intercostale. En dehors du plexus on trouve l'artère mammaire qui émet une branche épigastrique antérieure et une puissante artère phrénique.

Le plexus n’a guère été étudié, avec certains détails, en dehors des deux espèces précédentes. R. Owen a repris l'étude du Marsouin (29, IL, 546) et arrive aux mêmes résultats que Stannius ; antérieurement, Breschet avait étudié le réseau dans la même espèce, mais il n'avait pas signalé le rôle important des artères thoraciques (104). Carte et Macalister ont signalé le plexus thoracique dans la Balænoptera rostrata (35,221); pour eux ce plexus serait principalement logé dans la région cervicale à l’intérieur des anneaux formés par les apophyses transverses des vertèbres cervicales, il s’étendrait en arrière Jusqu'à la quatrième vertèbre dorsale et enverrait d’ailleurs des prolongements dans le canal neural. Dans la B. Sibbaldii, Turner signale les mammaires internes et les artères thoraciques, et il ajoute que ces dernières contribuent à la formation du plexus thoracique. Murie (37) et Anderson (50) ont signalé en passant le plexus thoracique du Globicéphale et du Plataniste, mais sans accorder à cet organe une étude particulière.

Dans les recherches que j'ai faites, j'ai porté tout particulièrement mon attention sur le plexus, afin d'ajouter quelques éléments nouveaux à nos connaissances très incomplètes en ce point, et, comme on vient de le voir, trop souvent contradictoires.

Dans le Dauphin (lig. 4), j'ai observé une disposition assez semblable à celle du Marsouin. Les artères intercostales sont au nombre de quinze paires (la dernière paire n'est pas représentée sur la figure); les deux premières paires (a? , «° ) naissent indirectément des artères thoraciques (4, l’): les autres naissent séparément de l'aorte par des troncs impairs assez longs en avant et beaucoup plus courts en arrière (4); chaque tronc impair se bifurque pour donner les deux intercostales correspondantes. Dans le Marsouin les artères intercostales antérieures se détachent seules de l'aorte par des troncs impairs (105). Dans la région antérieure les branches”

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