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comme une palette dont les éléments solides internes seraient sans mouvement les uns sur les autres, et c’est à ce point de vue qu'on doit considérer les plexus brachiaux des Cétacés comme homologues des plexus des membres chez les animaux Paresseux. Quant aux plexus de la queue qu'on rencontre chez les Singes et les Marsupiaux à queue prenante, ils n'ont pas la mème signification, puisqu'ils sont localisés dans un organe actif au plus haut degré : il faut voir en eux, au contraire, le résultat d’une adaptation spéciale en rapport avec la longueur de l'organe, mais sans grande analogie avec le plexus caudal des Cétacés.
SYSTÈME LYMPH ATIQUE
Le système lymphatique des Cétacés n’est pour ainsi dire pas connu, et les seules observations qui s’y rattachent sont toutes relatives à des questions de détails sur lesquelles il n’est pas utile de s’attarder.
Je ferai observer seulement que les glandes lymphatiques sont extrèmement nombreuses chez ces animaux et se rencontrent dans toutes les régions du corps, mais surtout dans les cavités internes ou dans leur voisinage. Une énorme masse lymphatique allongée se trouve à l’origine de l'artère mésentérique supérieure qu’elle recouvre parfois sur une longueur de plus d’un décimètre. Cette masse a été signalée par Murie dans le Globicéphale, mais je lai retrouvée parfaitement développée dans le Dauphin et dans le Marsouin et très probablement elle doit se rencontrer ailleurs. Les glandes pulmonaires des Cétodontes, les glandes observées par Anderson sur l'estomac de l'Orcella, et celles en relation avec le cæœcum du Plataniste, enfin les deux glandes que j'ai signalées à la partie supérieure du larynx sont très probablement des organes Ilymphatiques. Il en est de même d’une paire de glandes que j'ai observées à droite et à gauche, un peu au-dessus de l’extrémité de l'os du bassin dans le Marsouin. Les glandes nombreuses situées sur les vaisseaux qui partent du cœur dans le Plataniste et dans l’Orcella sont aussi de même nature et l’on est en droit de se demander si les prétendues glandes salivaires signalées par différents auteurs ne sont pas également d'origine lymphatique.
Turner a signalé, dans la Balænoptera Sibbaldii (43), un vaisseau moniliforme accompagné par une veine et en rapport étroit avec l'intestin. Ce vaisseau était en relation avec l'artère mésentérique, d'ailleurs très pauvre en arcades, et ses renflements consistaient en
masses arrondies d'apparence lymphatique et creusées de logettes à leur intérieur; des branches de ce vaisseau se rendaient à l'intestin et Turner attribue à ce système les mêmes fonctions qu'aux plexus de la moelle et du cerveau, en ce sens qu'il sert à diffuser dans les parois de l'intestin le puissant courant artériel. Murie compare les renflements moniliformes aux glandes Iymphatiques très richement irriguées qu'il a trouvées dans certaines parties du corps et notamment dans la langue du Globicephalus ; il croit voir dans ces formations quelque chose d’analogue à la glande coccygienne de l'homme et les considère comme des centres dans lesquels se mettent en relation intime l'appareil vasculaire et l'appareil absorbant. (Il est à présumer, dit-il, et je considère cette hypothèse comme tout à fait probable, que les systèmes vasculaire et absorbant des Cétacés sont en connexion plus étroite qu'on ne l’a supposé jusqu'ici. Une telle manière de voir est digne de créance et acceptée par tous ceux qui prétendent qu'il y a échange direct de matière entre les canaux lymphatiques et sanguins à l'intérieur des glandes lympbhatiques ordinaires. » (37,271). Envisagées à ce point de vue, les glandes lymphatiques des Cétacés n'auraient plus rien d’anormal et leur multiplicité s’expliquerait par la nutrition très active et par la riche vascularisation de ces animaux.
Un vaisseau moniliforme a été signalé sur les parois stomacales de l'Orcella par Anderson (50,378).