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LE FOETUS ET SES MEMBRANES

Position du fœtus et des membranes dans l'utérus. — Dans tous les cas étudiés jusqu'ici, le fœtus s'est trouvé logé dans la corne gauche : sa face dorsale regarde la partie antérieure de la corne, sa face ventrale, la partie postérieure. La tète est souvent dirigée vers le fond de la corne, le museau regardant lorifice de l’oviducte et la queue le corps de l'utérus: cette disposition à été observée par Anderson dans le Plataniste et l'Orcella (50,493), par Chabry et Boulart dans le Dauphin (130), par Turner dans la Balænoptera Sibbaldii (43) par H. Gervais dans le Pontoporia (129,761). Plus rarement, parait-il, on observe une disposition inverse, c'est-à-dire la tète tournée vers le corps de l'utérus et la queue vers orifice de la trompe: Van Beneden à signalé cette disposition dans le Globicéphale (43), Turner, dans le Narval (124,103) et Klaatsch, dans le Marsouin (133,6). Le fœtus est arqué comme la corne qui le renferme: la face dorsale et la face ventrale décrivent l'une et l'autre une courbe dont la convexité est dirigée en avant; au début de la vie fœtale, évidemment, cette courbe est peu prononcée ou n'existe pas, mais elle se développe plus tard et se présente toujours bien marquée dans les fœtus d’un certain âge. La nageoire dorsale est d’abord très peu développée, au moins dans le Dauphin (1), mais quand le fœtus à pris de grandes dimensions elle se replie ordinairement sur le côté, les nageoires pectorales se rabattent sur les flancs, la queue se recourbe généralement sur elle-mème etses deux lobes s'appliquent l’un contre l’autre ou se replient en cornet; sile fœtus est mâle, son pénis est toujours saillant, dans tous les cas d'ailleurs la tète est pourvue de poilssur les lèvres et souvent, sinon toujours, autour des évents. À un stade peu avancé la tête se prolonge en un bec conique assez allongé et continu avec la tête, cette disposition est très nettementindiquée dans le fœtus de Dauphin étudié par P. et H. Gervais el dans celui de Balænoptera rostrata figuré par Eschricht (15, PI. VI); elle est moins apparente dans le fœtus d'Orca représenté par Tur-

(4) P. et H. Gervais. — Addition au mémoire de Turner sur FOrcæ. — Journal de zoologie. T. 1, 1872, p. 323.

uer (120, PI. XVI, fig. 5). Dans le fœtus de Dauphin représenté par Boulart et Chabry (130, PI. XXXIX), la queue n’est pas repliée sur elle-même.

La corne gauche ayant pris un développement énorme pour loger le fœtus, la corne droite se trouve réduite à un appendice sacculiforme peu développé; ordinairement un septum ou repli utérin s'élève des parois antérieures de l'utérus pour la séparer en partie de la corne opposée; ce septum à élé signalé partout, sauf dans l'utérus gravide étudié par Chabry et Boulart.

Le chorion, formé par la membrane pellucide de l'œuf unie à la membrane séreuse et à la paroi mésoblastique adjacente de lPallantoide, est intimement appliqué sur la paroi interne de l’utérus dont il occupe les deux cornes et en partie le corps. Le fœtus est logé dans la cavité de l'amnios et la membrane amniotique elle-mème vient plus ou moins s'appliquer sur le chorion dans presque toute l'étendue de la corne gauche; elle ne pénètre que très rarement dans la corne droite et je ne vois cette disposition figurée que dans le mémoire de Klaatsch (133). La cavité de l’allantoïde occupe au contraire totalement (Dauphin, d’après Chabry et Boulart) ou en partie (Narval d'après Turner, Plataniste d’après Anderson, Marsouin d’après Klaatsch) la corne droite; elle s’avance dans le corps de Putérus et pénètre dans la partie postérieure de la corne gauche. Mais comme le chorion occupe à peu près toute la paroi interne de l'utérus et qu'il est formé en partie par la paroi mésoblastique de l’allantoïde, on doit dire avec Balfour (1) : « le mésoblaste de l’allantoiïde parait s'étendre sur toute la surface interne de la membrane subzonale (épiderme de la vésicule ombilicale réuni au faux amnios), mais la cavité de l’allantoïde persiste seulement comme un large sac à la face ventrale de l'embryon. » Dans sa portion cavilaire, l’allantoïde se met en relation immédiate, par sa face externe, avec le chorion; sur la face interne elle est étroitement appliquée sur l’amnios et forme avec ce dernier une cloison qui sépare la chambreamniotique de la cavité allantoïdienne. Dans la corne gauche, à une distance plus ou moins grande du corps de l'utérus, celte cloison se transforme et constitue le cordon ombilical ; ce cordon met en relation le fœtus avec ses membranes et s'insère sur la face ventrale de ce dernier en un point qui est situé en avant du pénis et portera chez l'adulte le nom d’ombilie. Si l’on fait une coupe transversale du cordon, on le trouvera formé à l'extérieur par l’amnios,

(4) Balfour. — Traité d’embryologie, T. II, 1885, p. 245.

à l'intérieur par la membrane allantoïdienne. L'allantoïde, qui dans cette région porte le nom d’ouraque, traverse le cordon sur toute sa longueur, pénètre dans l’intérieur du fœtus et, comme chez les autres Mammifères, va se terminer en arrière par un pédoncule dans le cloaque génito-urinaire. La cavité de l’allantoïde se prolonge dans le cordon et dans l’ouraque pour s'ouvrir dans le cloaque génito-urinaire; le pédoncule de l’ouraque se dilate pour former la vessie urinaire et l’urèthre; vers la fin de la vie fœtale, toutes les autres parties de l’ouraque perdent leur lumière et s’atrophient plus ou moins complètement. Dans le fœtus de Marsouin, Klaatsch à observé vers le sommet du cordon une division en deux parties du prolongement de la cavité allantoïdienne, mais un peu plus loin les deux cavités se réünissaient en une seule. Le mème auteur a signalé, pour la première fois la persistance du canal vitellin dans l’intérieur du cordon; la vésicule vitelline, d’ailleurs, était tout entière atrophiée.

Sur la coupe transversale du cordon se voient aussi quatre vaisseaux qui se répandent plus loin sur l’allantoïde et vont se ramifier dans le chorion. Deux de ces vaisseaux sont les artères ombilicales, les deux autres sont les veines ombilicales. Ces dernières se réduisent plus tard, chez les autres Mammifères et probablement chez les Cétacés, en un seul tronc qui va se mettre en relation avec le système afférent du foie et s'oblitère plus tard pour former le ligament rond de cet organe (1); quant aux artères ombilicales, elles vont se rattacher aux artères vertébrales postérieures : on sait que ces artères vertébrales deviennent les artères iliaques de ladulte et que leurs branches ombilicales oblitérées viennent se terminer au sommet de la vessie. Dans la Plataniste (50,493), les artères ombilicales dans le cordon présentent un aspect moniliforme et les renflements successifs communiquent entre eux par des orifices forts étroits; les veines sont peu régulières et se mettent fréquemment en relation avec des dilatations latérales. Dans l’'Orcella, Anderson signale des communications entre les artères et les veines du cordon (par des branches secondaires probablement) ; les veines présentent des dilatations dans leur course, enfin des vaisseaux lymphatiques moniliformes se mettent en relation avec des renflements ou cœurs lymphatiques et avec les corps pédonculés situés à la surface du cordon (50, 405-40#).

A la surface du cordon, l’amnios forme des excroissances qui

(1) Balfour. Loe. eit. p. 610.

correspondent évidemment aux corps pédonculés d'Anderson et que Klaatsch désigne sous le nom decaroncules. Dans le Marsouin, ces saillies sont distribuées sans ordre, mais abondent surtout à l'extrémité distale du cordon ; elles sont lenticulaires, sessiles ou pédonculées, blanches ou brunes; les blanches sont d'origine épithéliales, mais les brunes sont surtout formées aux dépens de la zone conjonctive de l’amnios: ces dernières se rencontrent sur le trajet des vaisseaux et peuvent ètre suivies assez loin dans le placenta (133). Dans le Narval (124, 104), Turner décrit également deux sortes de caroncules ; les blanches sont tantôt allongées, tantôt globuleuses ; les premières sont surtout nombreuses sur la moitié abdominale du cordon, les secondes sur sa moitié terminale etsur les parties adjacentes de lamnios. Les caroncules blanches sont recouvertes par l’amnios; elles sont formées par des cellules épithéliales squameuses et ressemblent aux corps blanchâtres qui sont développés si abondamment sur lPamnios de la vache. Les caroncules brunes, qui sont aussi très disséminées dans l’Orque (120, 321), sont surtout distribuéessur la partie de l’'amnios en relation avec l’allantoïde, mais on en trouve néanmoins au-delà de cette région. Des caroncules sessiles ou pédonculées,grises où blanchâtres se rencontrent aussi, très nombreuses et très disséminées, dans Île Plataniste (50, 491) ; les caroncules grises sont dans cette espèce un toucher rugueux qui est dû à des acicules de subtance amorphe distribués à la périphérie. Les caroncules ont été également signalées par Beauregard et Boulart dans la Balænoptera Sibbaldii (128) ; on peut dès lors les considérer comme existant chez tous les Cétacés.

Chabry et Boulart (130) ont observé dans le liquide allantoïdien du Dauphin un gäteau solide absolument libre « dont la nature, disent-ils, est probablement la même que celle du gàäteau que l'on connaît depuis longtemps chez les Chevaux. » Anderson à observé une formation analogue dans le Plataniste (50,492) ; la masse solide avait la forme et les dimensions d’une amande; elle n'avait aucune structure organisée, mais ressemblait plutôt à une masse albuminoïde ayant pris une structure aréolaire et renfermant des corpuscules ]ymphatiques et huileux entremêlés. Cette masse renfermait un très grand nombre de corps cristallisés où granuleux, probablement formés de glycogène ou de « dextrose. »

Placenta. — Par l'intermédiaire du cordon ombilical et des vaisseaux qu'il renferme, le fœtus se met en relation avec le chorion et par conséquent avec les parois utérines de Ja mère,

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