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el l'échange nutritif se produit entre les vaisseaux du fœtus et ceux de la mère ramifiés dans les parois utérines ; ces vaisseaux sont séparés à la fois par l'épithélium columnaire de lutérus maternel et par l’épithélium pavimenteux du chorion fœtal (123,34).
Pour augmenter la surface d'échange, des plis longitudinaux apparaissent dans les cornes utérines et souvent même sur le septum qui les sépare ; parfois réunis par des plis transverses ou obliques intermédiaires, ils sont exactement coiffés par des replis correspondants du chorion fœtal. En outre, des saillies se forment à la surface du chorion et se divisent en petites saillies secondaires pour constituer ce qu'on appelle des villosités, et ces villosités pénètrent très exactement dans des cryptes subdivisés en logettes secondaires de l'utérus. Entre les villosités du chorion se trouvent de très petites taches unies {smooth spots d’Anderson), absolument dépourvues de villosités, qui correspondent à des taches nues de même grandeur situées entre les cryptes utérins. L'ensemble ainsi constitué à recu le nom de placenta et l'on voit que cet organe se compose de deux parties, l’une maternelle formée par la paroi interne avec ses cryptes, ses taches et ses innombrables vaisseaux surtout abondants autour des cryptes ; l'autre fœtale constituée par le chorion avec ses villosités éminemment vasculaires et ses taches unies un peu moins irriguées.
Telle est la disposition qui a été indiquée chez presque tous les Cétacés, par Turner dans le Narval (124), par Anderson dans l'Orcella etle Plataniste, par Klaatsch dans le Marsouin (133). Dans l’Orque, Turner ne signale pas les taches unies, mais il décrit, entre les cryptes infundibuliformes qui correspondent aux eryptes dont j'ai parlé plus haut, des cryptes cupuliformes peu profonds formés d’après lui pendant la gestation par une espèce d'hypertrophie de la muqueuse utérine (120,312).
Des glandes utriculaires abondent dans les parois utérines et plongent dans le derme jusqu'au voisinage de la couche musculaire ; abondamment ramifiées (Anderson, Klaatsch, etc.), elles se dirigent obliquement vers la surface et plus obliquement encore viennent s'ouvrir sur la muqueuse utérine. Moins longues et moins sinueuses dans l'utérus en vacuité, elles peuvent manquer el manquent peut-être très souvent dans l'utérus fœætal, mais certainement elles n’y sont pas toujours absentes, comme lavait annoncé Turner. Ce dernier auteur, il est vrai, n'en à pas trouvé dans l'utérus d'un fœtus de Narval, mais Anderson, qui n’en à pu observer dans un fœtus presque mür d'Orcella en à, au contraire,
signalé de très nombreuses dans l'utérus fœ@tal du Plataniste (50,482).
Il nous faut maintenant savoir en quels points s'ouvrent exactement les glandes utriculaires, et je dois dire à l'avance que nulle question n’a été plus discutée. D’après Turner, les glandes s’ouvriraient surtout à l'intérieur des cryptes, mais quelques-unes néanmoins viendraient déboucher à la surface des taches unies (124,108): d’après Klaatsch, elles s’ouvriraient indifféremment dans les cryptes et sur les taches (133,39). Planteau a vivement combattu l'opinion de Turner et d’après lui, dans la Jument comme dans les Cétacés, les glandes utriculaires s'ouvriraient uniquement entre les cryptes, c’est-à-dire sur les taches unies, de même que, chez les Ruminants, elles s'ouvrent uniquement entre les cotylédons (127,279). L'opinion de Planteau semble avoir été émise autrefois par Eschricht, dans tous les cas, elle parait s’accorder parfaitement avec les faits observés par Anderson sur le Plataniste (50,488) et sur l'Orcella (50,399). Toutefois, si Anderson affirme avoir vu les orifices des glandes utriculaires au centre des taches unies, il ne dit nulle part que certaines d’entre elles ne s'ouvrent pas dans les cryptes.
A cette question se rattache étroitement un problème qui a été soulevé par Ercolani. Dans son mémoire sur les membranes fœtales de l’Orque, Turner ne s'occupe pas du rôle des glandes utriculaires, mais plus tard, en étudiant le Narval, il dit que leurs cellules cylindriques constituent « un épithélium sécréteur et qu'elles élaborent sans doute des produits pour la nutrition du fœtus. » (124, 109). Quelques années auparavant, Ercolani avait émis une opinion semblable. » De même que, disait-il, pendant la première période de la vie extra-utérine, le fœtus se nourrit du lait de la mère, qu'absorberont ses villosités intestinales, de même, pendant la vie intra-utérine, il se nourrit d'une sécrétion maternelle (ou lait utérin), élaborée par l'organe glandulaire que nous décrivons, et cette sécrétion est absorbée par les villosités du chorion. » (121,472). Toutefois l'organe glandulaire d’Ercolani n’est pas le mème que celui de Turner, ce sont tout simplement les dépressions en forme de bouteilles qui viennent s'ouvrir dans les cryptes ou, pour être plus précis, les dilatations latérales des cryptes dans lesquelles viennent se loger les saillies secondaires des villosités du chorion. Ercolani montre d’ailleurs que lesorifices des glandes utriculaires s’oblitèrent complètement vers le terme de la grossesse et qu'elles ne peuvent servir à nourrir le fœtus au moment où il a le plus besoin de nourriture, enfin il fait observer que ces glandes ne sont pas d’une nécessité absolue puisqu'elles font défaut dans les