‹ Les cétacés souffleursChapitre 24 sur 39 · CS SR À · texte numérisé non relu

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grossesses extra-utérines sans compromeltre la vie du fœtus. (122, 349). Ercolani réfutait ainsi à l'avance l'hypothèse de Turner ; Planteau (127, 280), de son côté, rejeta absolument l'idée de toute sécrétion destinée à nourrir le fœtus. Les dilatations des cryptes ne sont pas des glandes maisde simples invaginations de la muqueuse utérine ; du reste Robin à montré que le liquide interposé entre les parties fætales et maternelles du placenta ne contient que des éléments déjà tout formés dans le sang et des débris épithéliaux ; Schlossberger n’a trouvé dans ce liquide ni fibrine, ni caséine, enfin, d’après Collin, ce serait un produit de décomposition cadavérique. Planteau considère mème les glandes utriculaires comme de simples invaginations épithéliales et il nous ramène par conséquent à la nutrition du fœtus par échange osmotique.

Les villosités ne sont pasrépandues également sur toute lasurface du chorion, en certains points persistent des aires nues dépourvues de villosités ou n'en ayant que très peu et de très petites; ces aires nues correspondent à des plaques nues et dépourvues de cryptes dans la muqueuse utérine. Turner à signalé dans l'Orque trois aires nues, l’une en face du col de lutérus, l'autre au pôle droit du chorion et la troisième au pôle gauche (120) ; ces deux dernières existent dans l'Orcella mais la première est située dans la corne gauche sur le seplum médian ; dans le Narval l'aire unie du pôle gauche disparait (12%), dans le Pontoporia il ne reste plus que l'aire du pôle droit (1291 et dans le Marsouin c’est l'aire du pôle gauche qui persiste seule.

La placentation des Célacés, comme on vient de le voir, appartient au type diffus, mais dans certains cas, sinon toujours, elle manifeste une tendance à la forme cotylédonaire. Dans la Balænoptera Sibbaldii (43), d'après Turner, les plis du chorion sont recouverts de villosités nombreuses qui se retrouvent encore sur les plis intermédiaires; dans les intervalles entre les plis, au contraire, les villosités sont rares et petites ; dans le Narval s’observe une disposition semblable, qui a été retrouvée d’ailleurs dans la mème Balénoptère par Beauregard et Boulart (128). Turner considère ces localisations comme un passage où plutôt une tendance à la forme cotylédonaire qui caractérise les Ruminants. Planteau va mème plus loin : les cryptes de la Jument, et par conséquent aussi celles des Cétacés, «pourraient être, à la rigueur, considérées comme de petits cotylédons maternels dans lesquels vont s'introduire et se ramifier autant de petits cotylédons fœætaux. De sorte que, au point de vue général, la différence qui existe entre les animaux à placenta diffus

serait peut-être moindre qu'on le croît généralement » (127.280).

Turner admet également que le placenta diffus des Cétacés, quoique dépourvu de caduque, à cependant quelque chose de comparable à une caduque placentaire. « Bien que les vaisseaux de la muqueuse ne forment pas de sinus, dit-il, ils sont cependant séparés du revêtement épithélial des villosités, non seulement par les cellules épithéliales tapissant les cryptes, mais encore par les corpuscules sous-épithéliaux de la membrane muqueuse. Comme situation anatomique, ces couches de cellules correspondent aux cellules de la caduque placentaire, mais il n'existe point de preuves de la séparation de ces couches à l’époque de la chute des membranes: quoique je considère comme très probable qu'un chorion de Baleine, examiné dans la dernière période de la gestation, fournirait la preuve que l’épithélium tapissant les cryptes s’est, tout au moins pour quelques-unes de ces cryptes, séparé du chorion.

« Pendant la période de resserrement qui suit la parturition, il n'est pas douteux que de grands changements tenant à la déperdition de substance, à la dégénérescence histologique et à la résorption interstitielle n'aient lieu dans les éléments constitutifs de la couche des cryptes, avant que cette couche ne puisserevenir à l’état qu'elle présente dans un utérus au repos. » (120, 319).

Comparaison avec les autres Mammifères. — La placentation des Célacés se rapproche énormément de celle de la Jument et la seule différence sensible dans la structure intime est la direction des glandes utriculaires qui. dans la Jument, viennent s'ouvrir verticalement à la surface. Comparant les membranes de l'organe à celles de la Jument, Turner résumé comme il suit leurs affinités placentaires. « Ces deux animaux, dit-il, sont unipares et possèdent un chorion allongé, sur la surface entière duquel, à l'exception de trois zones (les deux pôles et une zone intermédiaire), sont répandues des villosités caractéristiques ; chez tous deux l’amnios est couvert de petits corpuscules, et la vésicule ombilicale disparaît avant la naissance; chez tous deux l’allantoïde persiste comme un large sac. Mais, tandis qu'elle l'emporte sur l’amnios chez les Solipèdes, elle possède une surface relativement plus petite chez les Cétacés. Chez tous deux, la surface libre, très vasculaire, de la muqueuse utérine est creusée de cryptes pour recevoir les villosités du chorion et, chez tous deux aussi, les glandes sont également très développées.» La vésicule ombilicale disparait aussi de bonne heure chez les Ruminants, mais l’amnios l'emporte sur l’allantoïde et le placenta est

cotylédonaire. La Truie à un placenta diffus très semblable à celui de la Jument, mais les aires nues sont seulement au nombre de deux et les villosités se présentent sous la forme de papilles simples.

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