‹ Les Chambres de Commerce Allemandes: Leur organisation. Leurs interventions dans la vie économiqueChapitre 20 sur 37 · AT · texte numérisé non relu

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loppait l’action des industriels, elles ont mené le combat pour leur propre compte, à la suite du Det: ST

Quels griefs les adversaires des Chambres de Commerce articulaient-ils contre elles ?

Behrens résume d’abord les critiques présentées par certaines Chambres sur leur propre fonctionnement : avec Max Cohen (1), il vise surtout les Chambres secondaires, dont l’activité est bien limitée, et peu compara-

ble à celle, très féconde, des Chambres d'agriculture.

En réalité, c’est leur caractère patronal qui est incriminé : le D' Thissen, ancien syndic de Chambre de Commerce, rappelle que les Chambres se sont prononcées contre la loi si bienfaisante du repos hebdomadaire. Cohen leur reproche d’avoir toujours attaché plus d’importance à la défense des employeurs qu’à l’accomplissement de leur mission administrative.

La parité. — Pour empêcher les Chambres de Commerce de consacrer ainsi toute leur activité au profit d’une classe déterminée, il suffisait de modifier leur composition : de les transformer en Chambres paritaires, par l'élection d’un nombre de membres ouvriers et employés égal au nombre des membres élus par les entrepreneurs.

Ce n’est que par une collaboration étroite entre ouvriers (et employés ) et patrons dans tous les organismes, que l'influence prédominante du capitalisme dans la vie économique peut être diminuée et ramenée à un juste niveau. Dans tous les organismes, et notamment dans les Chambres de Commerce, disent leurs adver-

(1) Behrens, président de l’Union centrale des Ouvriers agricoles et forestiers, membre du Reichstag. Max Cohen : député socialiste, collaborateur du « Sozialistischen Monatshefte ».

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saires, auxquels elles paraissent les plus suspectes des représentations patronales. (Adolf Cohen, Aufhâuser, Thissen). |

Cette question de parité a longuement préoccupé les Chambres : Elles ont opposé à la conception paritaire des arguments juridiques, économiques et pratiques.

1)L’art. 165, $ 1,pose bien le principe généra! de la collaboration, sur un pied d'égalité, entre ouvriers et employés d’une part, et employeurs d'autre part, mais il n'indique pas que cette collaboration doive s'exercer par un rapprochement, dans tous les organismes, des uns et des autres,

Les ouvriers et employés obtiennent des représentations légales dans les Conseils ouvriers d'entreprise, dans les Conseils ouvriers régionaux et dans le Conseil ouvrier du Reich : mais il n’est nullement question, en créant ces représentations purement ouvrières, de modifier les représentations patronales. Ces dernières ne sont pas le moins du monde menacées : lisons le 8 3 de l’art. 165 :.… « Afin de remplir entièrement ieur mission « économique.…., les Conseils ouvriers régionaux et le « Conseil ouvrier du Reich se réunissent aux représen- « tants des employeurs et des autres milieux intéres- « sés.. » Voilà qui maintient formellement, sans modification, les Chambres de Commerce, les Chambres d’Agriculture et les Chambres de Métiers.

Ce serait d’ailleurs une injustice que de donner aux ouvriers et employés des représentations sans mélange d'entrepreneurs, et aux patrons des représentations paritaires. L'équilibre recherché serait rompu de cette façon en faveur de la classe ouvrière, et les Conseils éco-

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nomiques régionaux seraient surtout l'émanation de cette classe favorisée.

L'art. 165 ne signifie donc pas que les travailleurs doivent collaborer sur un pied d'égalité avec les employeurs dans toutes les représentations professionnelles : il nomme expressément celles où doit, par une réunion des représentations des employeurs et des autres parties intéressées de la population aux Conseils ouvriers régionaux et au Conseil ouvrier du Reich, se réaliser cette fusion des groupes professionnels importants.

2) D'autre part, les Chambres de Commerce ont pour mission spéciale de donner au Parlement et aux autorités administratives l’opinion sans mélange d’une classe de la nation sur les questions économiques. Si elles étaient paritaires, les avis qui en émaneraient seraient le résultat de compromis, c’est-à-dire ternes et sans signification précise. .

3) Pratiquement, la présence, au sein d’un Conseil quelconque, de deux forces opposées en équilibre complique extraordinairement la conduite des affaires. Les ouvriers et employés n’ont pas la même conception des problèmes économiques et sociaux que les patrons : ces derniers, habitués à de plus vastes spéculations que les salariés, qui ne connaissent qu’un aspect fragmentaire de la production, peuvent émettre des avis chargés de leur expérience et de leur autorité.

Quant à faire, au sein des assemblées paritaires, l'éducation des délégués ouvriers et employés, il n’y faut point songer : la connaissance superficielle des problèmes économiques qu’y pourraient acquérir certains d’en-

tre eux est plus dangereuse encore que leur simple et complète ignorance.

(Les défenseurs des Chambres de Commerce insistent un peu trop sur la compétence particulière qu’ils accordent aux entrepreneurs : ils semblent oublier que la plupart des grands pays industriels nous offrent l’exemple d'ouvriers ou d'anciens ouvriers arrivés à connaître remarquablement tous les aspects de l’économie mondiale.)

Enfin — argument qui nous a paru spécieux — les Chambres de Commerce ne représentent pas les intérêts exclusifs des entrepreneurs, mais bien ceux des entreprises, c’est-à-dire, en fait, les intérêts bien compris de toutes les personnes qui collaborent, à un titre quelconque, à la production. Et une entreprise prospère peut employer et rémunérer convenablement un grand nombre d'employés et ouvriers.

Suppression des Chambres. — Certains adversaires des Chambres de Commerce étaient allés jusqu’à demander leur suppression, et à transférer leurs attributions officielles aux Conseils économiques régionaux et leurs autres attributions aux associations libres ouvrières ou patronales.

Mais — répondent les partisans des Chambres — la tâche des Conseils économiques régionaux serait trop lourde si elle devait absorber celle des Chambres de Commerce, des Chambres de Métiers et des Chambres d'Agriculture. D'ailleurs, il n’a jamais été question de former un surorganisme tentaculaire : « Les Conseils économiques régionaux représentent les intérêts géné-

raux économiques et sociaux de leur circonscription dans le cadre de l’économie générale, en complément de l’activité des Chambres représentatives des branches particulières de l’activité économique. » (1)

Quant aux associations libres, elles ne se préoccupent que d'intérêts particuliers à des groupes bien définis, différents les uns des autres; leur activité est parfois nécessairement égoïste : comment concevoir qu’elles puissent se charger d’une partie des fonctions incombant aux Chambres de Commerce ? D'ailleurs, à laquelle ou auxquelles de ces multiples associations patronales et ouvrières transférerait-on les attributions des Chambres officielles ?

En réalité, il n’y a aucune ressemblance entre ces mêmes associations « constructions verticales » et les Chambres de Commerce, établies pour représenter « horizontalement » les intérêts généraux des différents groupes industriels et commerciaux d'une région.

Ces tentatives de suppression, ajoutent les Chambres de Commerce, sont favorisées par l'indifférence du publice, qui ne sait que fort peu de chose de nos efforts. Il n’ignore sans doute pas que nous donnons notre avis sur les projets de lois qui intéressent l’activité générale, mais tout lui échappe du formidable travail d’administration et de documentation que nous faisons — et dont les associations patronales, ni les Conseils régionaux ne pourraient se charger.

Héritières des vieilles gildes et des anciennes Ccorpo-

(1) Oberbürgermeister Mitzlaff, au Conseil économique du Reich.

rations commerciales, nous continuons leurs tâches essentielles, et nous avons des devoirs nouveaux, notamment dans le domaine de l’enseignement commercial pratique et supérieur.

C’est dans cet état d'esprit que le D. I. H. T. à émis

ce vœu (en 1920) :

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« En tant que parfaites représentations régionales officielles du commerce, de l’industrie et des transports, les Chambres de Commerce allemandes sont irremplaçables. Comme leur organe de tête, le D. I. H. T., elles ont le devoir de défendre, dans le cadre des besoins de l'économie allemande, les intérêts des groupes professionnels qu’elles représentent.

« L'organisation des Chambres de Commerce et du D. 1. H. T. doit être constamment adaptée à l’évolution économique, et leur influence doit être renforcée. Les réformes nécessaires doivent être réalisées rapi-

« dement selon les indications contenues dans un projet

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de loi prussien (1) et lexistence du D. I. H. T. doit être confirmée légalement.

« La nécessité d’une politique économique unifiée exige des Chambres de Commerce, représentations professionnelles régionales, une étroite collaboration avec les communes et les groupements économiques libres — et du D. I. H. T., la même volonté de collaborer constamment avec les unions de ces mêmes groupements. »

(1) Il est fait allusion au projet prussien de 1918.

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