PC CE SOC RL
Une ee Norme um rm eDes
NN 1 VUS 4 ve "Nm — 4) © NN # RN 8 LD ON LD = == ND ns D ee = es ons (NI) = = = [NU ND
neue nes musee re mbruuuæmn n —e S We s ever seu v me vo vire n viv miel ui mbie Never
Um eme 0 mm nn 0m nm D ve ND em LULU e 0 D UND = Ur = Nm À = = me ON = D Ur ON
, vd ee eve vu vue vb vu vom eo vue ve vu uv vi vu ven
Professions A ne | LE SE UA fe ee A 2
Bouchers
Tonneliers
Employés de chai Bouchonniers
Bijoutiers
Horlogers
Papetiers
Miroitiers
Passementiers
Brossiers
Tailleurs
Cordonniers
Quincailliers
Employés de commerce Employés de banque Employés de bureau Employés de Chemins de fer Chauffeurs d'autos Garagistes
Marins
Institut d'électricité École Supér. Commerce | Cours compiémentsire Continuer École primaire Agriculteurs Horticulteurs
QD ON = = me ms 0 ND D æe om en 9) =
Rev mm uv aUR ve me 7 ve € A ATUU— VU nm nn mu U ue Um w v— VUS v vu v— © vmU) © © v © AN + 5 8 » = veus mu vue Um uv um vs uv ve Vyr vu vs sv ù 6 v Nu mr ve 5 vu ve vu vw v "5 SE CRC SE | VU 8 5 € vw y ms © sv mu % À ww SO v vw + x UN Tue NU Ne vu y 6 ne v vu v y ve 0 —7
D NU 56 4 5 VS sm w Ame vs UV V— YO Vs w
SUNESESS SES
Si l’on groupe les métiers similaires, on obtient le tableau récapitulatif suivant:
Métiers “agricoles. :..:.... RUE 5 OU DVre sent A 20 — des métaux....... Lee 0 RUE
ee PQ DOS Se EUR RSR RO — USPAMENT Rues 24 — \wd'alimentation :...:... "11091 — commerciaux ...... A NE NS a — divers ..... SRE LC à “94
PORN EE SE LRO LA ARNO NES À à
Le rapprochement de ce tableau et des résultats statistiques de l'enquête de 1919 permet les constata-
tions suivantes : Sur un total de 211 orientés, les métaux sont représentés par 52, soit à peine le quart, tandis qu’en 1919, les élèves désireux d’embrasser cette catégorie de profession s'élevaient à 157 sur 329, soit près de la moitié. Les métiers du bois sont descendus de 35 (1 sur 25) à 30 (1 sur 7). Par contre les métiers du livre passent de 5, soit À sur 65 à 23, soit 1 sur 9; les métiers du bâtiment, de 13 (1 sur 25) à 24 (1 sur 9); les métiers de l'alimentation de 8 (1 sur 40) à 21 (1 sur 10). En un mot, l'Office a décongestionné dans une large mesure les métiers encombrés (fer et bois) ; il a éveillé de plus nombreux désirs vers les professions délaissées (livre, bâtiment, alimentation).
Cette comparaison ne permet pas, au contraire, de constater une préférence de l'office pour le métier artisanal. La statistique ne comporte aucune spécification à cet égard. Ni les statuts de la Chambre de métiers de la Gironde, ni ses bulletins mensueis n'accusent la volonté de diriger l'orientation professionnelle vers les petits métiers plutôt que vers la grande industrie. La composition même de la Chambre, qui comprend parmi ses membres les plus influents les représentants de grosses entreprises bordelaises et qui a pour président le chef de la Société Carde et Cie, autorise à penser que l'orientation n'est pas faite exc.usivement en vue du recrutement des petits métiers. |
$ 2. — La Chambre de métiers de la Gironde et l'apprentissage.
Nous venons de décrire la méthode suivant laquelle
la Chambre de métiers de Bordeaux et l'Office qui lui est annexé procèdent à l'orientation professionnellé, tant au point de vue de la détermination des aptitudes individuelles et professionnelles qu'au point de vue des directives économiques de l'orientation à donner. Prenons maintenant un enfant orienté par elle vers un métier et étudions comment elle envisage sa formation professionnelle.
Nous avons déjà fait ressortir le rôle fondamental que la Chambre de métiers de la Gironde attribue à l'école en matière d'orientation professionnelle. Elle était naturellement amenée à prévoir aussi la collaboration de l’école dans la formation professionnelle. Au cours de son enseignement, le maître doit donner à ses élèves un aperçu des diverses professions, leur montrer l'attrait des métiers manuels et insister sur les avantages de l’apprentissage, qui, s’il n’assure pas un gain immédiat, permet à l'ouvrier de se « qualifier » en quelques années et d’élever bientôt son salaire à un niveau qui compense largement l'absence de gain pendant les années d’apprentissage. Voilà un premier aspect de l’action de l’école sur l'apprentissage.
Par son influence, le maître dirige peu à peu, graduellement, ses élèves vers les métiers qualifiés, vers un apprentissage. Voici un autre aspect, plus pratique. L'école, qui prépare cette mentalité favorable à l'apprentissage, doit être aussi, d’après la Chambre de Bordeaux, une préparation pratique de l’apprentissage. |
On parle souvent, observe M. Mauvezin, (1) de
(1) Mauvezin, Rose des Métiers, p. 45.
préapprentissage, et l’on entend ce mot dans un sens très élastique. On devrait le réserver, conformément à son étymologie, aux mesures constituant effectivement une préparation à l'apprentissage, c’est-à-dire une initiation préalable à un métier déterminé ou à un groupe de métiers. Ce serait, par exemple, la période d’essai de trois mois pendant laquelle le patron et l’ouvrier éprouvent s'ils ont intérêt à se lier pour une longue durée. Ce serait encore le cas où des Compagnies de chemins de fer engagent un lot de débutants, en vue de leur donner un enseignement technique et pratique et de les aiguiller, après un certain stage, vers tel métier déterminé. Ce serait enfin la préparation d’un groupe de débutants à une catégorie de métiers connexes entre eux. (1) En ce sens, on . peut citer l’atelier professionnel organisé aux Epinettes par un industriel parisien, M. Kula, apôtre du préapprentissage, en vue d’initier l'enfant, pendant la dernière année scolaire, à l’un de « ces métierstypes pouvant servir à la préformation d’un grand nombre d’autres métiers. » (2)
L'école primaire n’a pas à faire de préapprentissage, enseignement déjà fechnique et dans une certaine mesure spécialisé. Sa mission est de déve!opper, avec une mentalité favorable aux métiers manuels, le goût et l'habitude des travaux manuels. Ce n’est plus du préapprentissage, puisque cet enseignement
(4) Op cit. p. 55
(2) Turmarn, Problèmes sociaux du travail industriel, 2° série, p. 35. La Chambre de commerce de Paris a repris et agrandi cet atelier et en a organisé deux autres, pour le bronze d'art et l'orfèvrerie ec pour les métiers de la couture, (Turmann, op. cit. p. 35, note 1).
s'adresse à tous les élèves, même à ceux qui se tournent vers des carrières libérales, et il mérite plutôt le nom de « travaux pratiques d'initiation manuelle, » (1)
C’est précisément, observe M. Mauvezin, l'erreur où sont tombés les ate'iers des écoles primaires dans l'application de la loi du 28 mars 1882. La loi organique de l’enseignement primaire décidait qu'on devrait enseigner aux enfants « les travaux manuels et l'usage des outils des principaux métiers, ainsi que les éléments du dessin et du modelage ». En fait, ces ateliers se sont spécialisés dans les métiers du fer et du bois, et plus précisément encore dans les métiers d’ajusteur, de forgeron et de menuisier, tombant ainsi dans un véritable « préapprentissage » technique et spécialisé. Ce n’était pas le vœu du législateur, qui, grâce à la connaissance des outils des principaux métiers, se proposait de donner aux enfants des vues générales sur l’ensemble des métiers. La spécialisation avait, en outre, le double inconvénient d’enseigner aux enfants les principes de métiers pour lesquels ils n'avaient peut-être aucune des aptitudes requises, et surtout de faire croire aux élèves et à leurs parents que les métiers du fer et du bois, seuls enseignés, étaient seuls intéressants, partant, de leur faire mépriser les autres. (2) De là l'engouement exagéré constaté plus haut pour ces deux groupes de professions.
L'application, conformément à son esprit, de la loi du 28 mars 1882 eût d’ailleurs été impossible et
(4) Mauvezin, 0p. cit., p. 45 (2) Mauvezin, 6p. rit., p. 47
sans efficacité pratique. Faire connaître à des centaines d'enfants les outils innombrables des différents métiers, c'était une tâche qui se heurtait à des difficultés matériel'es de temps et d’argent, comme à l’insuffisance de taille ou de force des enfants. A la supposer réalisée, elle n’eût fait que donner aux élèves, au prix de beaucoup de temps, de très vagues notions et qu’augmenter l'embarras de leur choix. Ce n’est pas en faisant défiler devant les yeux des enfants l’ensemble des outils des différents métiers que l’on peut aider à leur formation professionnel'e et l’on doit rejeter « l’idée trop répandue aujourd’hui de faire tâter aux enfants un peu de tous les métiers par un préapprentissage préalable, pour leur permettre de faire en toute connaissance de cause un choix judicieux ». (1)
Au lieu d’être conçus en vue d'apprendre aux enfants les éléments d’un métier déterminé, les « travaux d'initiation manuelle » doivent avoir pour but de former leur adresse manuelle, et de développer leur coup d'œil, leur jugement, leur initiative et leur persévérance. Il convient, étant donné ce but général, de les rendre obligatoires pour tous les enfants de 6 à 13 ans, des écoles primaires ou des lycées, garçons ou filles, aussi bien dans les campagnes que dans les villes, et aussi bien pour les futurs commerçants ou employés que pour les futurs ouvriers. On choisira ces travaux parmi ceux qui peuvent contribuer à l’aménagement, à l'entretien ou à la décoration de l'habitation, domaine où l’homme et la
(4) Mauvezin, op. cit., p. 47.
femme, quelle que soit leur situation sociale, auront toujours l’occasion d'utiliser leurs connaissances manuelles. (1)
L'organisation rationnelle et obligatoire de ces travaux d'initiation manuelle n’aureit pas seulement le mérite de donner à l'enfant une certaine habileté manuelle et de développer au maximum chez lui le coup d'œil, le jugement, l'initiative et la persévérance, mais aussi de l'aider à choisir judicieusement la profession qui lui convient. |
D'autre part, cet enseignement aurait une haute portée morale et sociale. « Au fur et à mesure que l'enfant verra s'affirmer ses qualités d'habileté manuelle, de jugement et de caractère, il prendra consciénce de sa valeur et s’essaiera volontiers à des travaux plus difficiles et de plus longue haleine. On peut estimer que l’enfant devenu adulte aura ainsi acquis un goût particulier pour l'aménagement et la décoration de son foyer, qu'il voudra confortable et coquet. Aimant son chez lui, toujours en éveil sur ce qui pourrait le rendre plus attrayant, il y restera avec plaisir, délaissant le cabaret et les plaisirs fugitifs. De ce fait, la famille, cellule vivante de la nation, se trouvera sérieusement renforcée et, avec elle, l’armature sociale du pays.
« Enfin, le fait que chacun se sera livré dans sa jeunesse à des travaux manuels et aura pu en apprécier le charme et les difficultés atténuera, dans une large mesure, la hauteur de la barrière que certains
. (4) Mouvezin, op. cit. p. 49.
esprits ont encore l'habitude de voir entre les autres classes et la classe ouvrière. » (1)
Une fois l'enfant sorti de l’école et orienté vers un métier, la Chambre de métiers se préoccupe de son apprentissage. Pendant la scolarité, son Office d'orientation professionnelle a déjà attiré l’attention des élèves et de leurs parents sur l'importance et l’intérêt que présente pour leur-avenir l'apprentissage. Il lui faut convaincre aussi les chefs d'entreprises. les grands et les petits patrons, des avantages qu'ils peuvent retirer, et leur profession avec eux, de la formation d’apprentis. Si la situation de famille et le désir d’un gain immédiat poussent de nombreux parents à sacrifier l'avenir au présent et à préférer à quelques années d'apprentissage d’un métier qualifié des places de manœuvres ou d'ouvriers non qualifiés où « on gagne tout de suite », les patrons ont aussi leur part de responsabilité dans la crise de l’apprentissage. Souvent, pour s’excuser de manquer à leur devoir de former des apprentis, ils invoquent les nécessités de la production, les dangers de la concurrence et prétextent le manque de temps, l’impossibilité de distraire de l'atelier un contremaître chargé d'enseigner le métier aux débutants. La Chambre de métiers de la Gironde s'efforce de faire l'éducation des patrons comme ce’le des futurs apprentis et exerce sa propagande en faveur de l’apprentissage dans les milieux syndicaux comme à l’école.
Elle se préoccune aussi de dresser la liste des besoins en débutants des diverses corporations indus-
(4) Mauvezin, op. cît., p. 57.
trielles et commerciales, ce qui, nous l'avons vu, lui permet d'orienter les enfants vers les professions où la demande de main d'œuvre est abondante. Elle met les enfants les mieux qualifiés pour une profession déterminée en rapport avec les membres de la corporation correspondante.
Les apprentis une fois placés, elle les suit et les guide dans leur formation professionnelle et technique.
Institution d'initiative privée, la Chambre de métiers de la Gironde ne dispose pas, en matière d’apprentissage, des pouvoirs considérables dévolus par le législateur aux Chambres de métiers officielles allemandes, et que nous avons analysées en étudiant les Chambres de métiers d’Alsace-Lorraine. Il ne lui appartient pas d'établir une réglementation obligatoire de l’apprentissage avec un droit de contrôle et des sanctions.
Le résultat qu’elle ne peut demander à l’obligation, la Chambre de métiers de la Gironde s’efforce de le réaliser par une action personnelle sur les employeurs; son but est d'introduire dans le fonctionnement du contrat d'apprentissage les garanties que la loi organique de 1851 a été impuissante à assurer.
À Bordeaux, par exemple, les écoles professionnelles et les grands ateliers organisés pour la formation professionnelle reçoivent annuellement au total de 3 à 400 débutants. « Les familles se précipitent vers ces élablissements privilégiés; elles considèrent comme une bonne fortune l'admission de leurs enfants.
« Des 1.500 autres débutants des deux sexes, les
uns sont orientés et placés par les familles, avec le concours de l’école ou de la Chambre de métiers. Les autres, peut-être plus nombreux, s'en vont au hasard d’une affiche, d’une annonce de journal, d’un ouïdire.
« Ces +500 débutants et leurs familles n'ont aucune garantie positive d’un bon apprentissage. S'ils tombent chez un patron ou des compagnons capables et consciencieux, aimant leur métier, c’est parfait.
« Même avec un contrat d'apprentissage écrit, l’absence de conscience, de savoir professionnel, sont, en fait, à l'abri de toute responsabilité à l'égard de l'apprenti et de son tuteur. » (1)
La Chambre de métiers propose, comme la mesure la plus importante à prendre, après une bonne orientation professionnelle, dans l'intérêt bien compris des métiers, l’établissement d’un programme minimum d'apprentissage à l'atelier, pour chaque métier, programme réparti par années et élabli par les syndicats patronaux et ouvriers.
Ce programme minimum serait inséré dans le livret d’apprenti, affiché dans l'atelier et transcrit, ou tout au moins, mentionné dans le contrat d’apprentissage. (2)
Ce programme constituerait, pour le maître d’apprentissage, une directive à suivre, qui éviterait de laisser aux hasards de la bonne volonté ou des be-
(1) Bull. Ch. mét. de la Gironde, juillet 1924, p. 221. (2) Bull. Ch, mét. Gironde, loc. cit., p. 222.
soins de la production la formation professionnelle. Le contrôle de l'exécution serait exercé par les syndicats patronaux et ouvriers, par la Chambre de métiers et par le représentant de l’apprenti, qui pourrait aisément s'assurer par le livret si ce programme a été fidèlement suivi.
Un programme minimum contrôlé est une des
conditions d’une bonne formation professionnelle. Mais l'apprentissage soulève bien d’autres questions: nombre d’apprentis, durée de l’apprentissage, causes de rupture, contrôle des progrès, salaires, fréquentation des cours professionnels, etc. Laisser à l’initiative de chaque maître d'apprentissage la détermination des clauses du contrat risque d’y introduire une extrême diversité et de priver l’apprenti sans défense ou ignorant de toutes garanties d’une formation professionnelle suffisante.
. Le Chambre de métiers de la Gironde n’a pas, à notre connaissance, élaboré, comme la Chambre de métiers d'Alsace et de Lorraine et d’autres Chambres de métiers, de contrat-type d'apprentissage. Elle paraît plutôt s'offrir à établir, dans chaque espèce, les conditions du contrat individuel d'apprentissage que de chercher à obtenir, à défaut d'obligation légale, l’adhésion des représentants des divers métiers à un contrat-type uniforme, ou différencié par professions, que les patrons ou les syndicats s’engageraient à reproduire dans la rédaction des contrats individueïs.
Cependant, dans sa « Rose des Métiers », M. Mauvezin reconnaît les inconvénients des contrats individuels et préconise, sous une forme originale, un
véritable contrat-type, le contrat collectif d’apprentissage par corporation. (1)
S'en tenir au recrutement individuel des apprentis par chaque patron, c’est « laisser cet effort de recrutement au soin de quelques maisons plus soucieuses que les autres de leurs devoirs, de leur intérêt propre et de celui de leur corporation, alors que d’autres vivent en insouciantes et en parasites, ne connaissant qu'aujourd'hui sans s'inquiéter de demain, quitte, si la nécessité les presse, à accorder, le cas échéant, des salaires majorés pour s'approprier temporairement la main d'œuvre formée à chers deniers par leurs confrères. » (2)
D'autre part, ce mode de recrutement, en laissant les chefs d'entreprise libres de former ou de ne pas former des apprentis et de fixer à leur gré le nombre de ceux qu'ils accepteront, rompt l'équilibre entre la main d'œuvre et les besoins de la production dans chaque profession. Certains patrons accueillent des débutants poussés par la mode vers leur branche, sans se préoccuper si cette main d'œuvre en excès ne se condamne pas, et avec elle, le personnel ouvrier, à un chômage prochain. D’autres corporations rencontrent les plus grandes difficultés pour recruter quelques rares apprentis, à tel point qu’on peut se demander « si certaines branches des plus indispensables à notre existence sociale ne sont pas menacées de disparaître prochainement, faute d'éléments jeunes pour, remplacer ceux qui s'en vont. » (3) Certains
(4) Mauvezin, Rose des Métiers, p. 717 à 84, et Bull. Ch. mét. Gironde. mai 1921, avec tirage à part.
(2) Op. cit., p. 78.
(3) Op. cit., p. 80.
patrons ne veulent pas former d’apprentis, par crainte de se créer un jour des concurrents ét cette même mentalité explique, sans la justifier, l'hostilité de certains milieux ouvriers contre l'apprentissage.
Enfin, avec le contrat individuel, les apprentis sont à la merci des patrons, à défaut de discussion sérieuse des clauses du contrat, par ignorance ou par timidité. Des patrons qui n'ont aucune hostilité raisonnée contre l’apprentissage se désintéressent de cette question vitale pour leur avenir. Ils prennent comme apprentis des débutants, qu'ils utilisent comme manœuvres, pour s'éviter les frais d’une main d'œuvre adulte; ou bien ils acceptent comme apprentis « les premiers venus, sans s'inquiéter s'ils ont les aptitudes et qualités que demande le métier qu'on leur propose, quitte à les utiliser à des besognes n'ayant que des relations lointaines avec ce métier, puis à les licencier à la première occasion, dès qu’on jugera qu'ils ne rapportent plus ce qu'on les paie. » (1)
Ce recrutement sans méthode, incohérent de la main d'œuvre de l'avenir est aussi déplorable au point de vue de l'intérêt corporatif que de l'intérêt général. Le trop grand nombre d’apprentis dans un métier entraîne des risques de chômage et d'instabilité des salaires; la pénurie d’apprentis aboutit à une hausse momentanée des salaires, bientôt suivie de la ruine de la profession et du chômage.
L'admission de débutants n'ayant pas les qualités et aptitudes requises est aussi désastreuse pour les
(1) Op. cit., p. 79.
bons ouvriers que pour les patrons. Ils font de mauvais ouvriers, « qui grèvent de frais généraux excessifs les prix de revient et empêchent la distribution aux ouvriers capables de salaires dignes d’eux. Tous les ouvriers d’une même corporation sont intéressés à ce que la production de leur travail laisse une marge importante entre le prix de vente et le prix de revient, et c'est une bien mauvaise conception que d’avoir pour co-associé dans son travail un incapable ou un paresseux. » (1)
Les métiers tendent d’ailleurs de plus en plus à se diviser en branches qui ne demandent pas seulement des ouvriers d'élite, mais aussi des ouvriers ordinaires et des manœuvres spécialisés, les divers éléments du personnel étant appelés, suivant leurs capacités, à faire des travaux plus ou moins difficiles, requérant des aptitudes et des qualités plus ou moins développées.
Si donc, conclut M. Mauvezin, « la courte vue de certains éléments appartenant à une branche quelconque d'activité les empêche de comprendre leur devoir, c’est à la corporation qu'il appartient de le leur rappeler. et de mettre en action tout ce qui est indispensable pour assurer sa vie et sa prospérité. »
Dans l'esprit du directeur de la Chambre de métiers de la Gironde, la corporation, qu’il est indispensable de définir, en l’absence de toute institution légale de ce nom, ne comprend pas ici nécessairement tous les éléments d’un même métier, mais « un groupement d'éléments suffisants en nombre et en
(1) Op. cit., p. 80.
qualité pour pouvoir parler et agir au nom des intérêts de ce métier. » (1)
En énumérant les divers avantages attribués par M. Mauvezin à la corporation sur l'initiative patronale isolée, nous exposerons en même temps implicitement la méthode d'apprentissage et les clauses du contrat d'apprentissage qu'il estime les plus rationnelles, c’est-à-dire le programme d'apprentissage de la Chambre de métiers de la Gironde.
L'intérêt de ce programme nous autorise à suivre M. Mauvezin dans son développement.
La mission de la corporation én matière d’apprentissage se ramènerait aux points suivants:
4e Attirer l'attention des débutants et de leurs parents sur le métier qu’elle représente, les y intéresser par des conférences, des visites d'ateliers et d'usines, un musée des travaux du métier;
2° Etablir, d’après le nombre, l’âge et la spécialité des ouvriers de la corporation, le nombre des débutants à prévoir chaque année, en apprentis de 4*, 2e et 3° rang, appelés respectivement à remplacer des ouvriers d'élite, des ouvriers ordinaires et des manœuvres spécialisés ou non;
3° Connaître les maisons capables de former des apprentis et déterminer le nombre de ceux-ci, pour chacune d'elles, en proportion du nombre de ses ouvriers ;
4° Etablir les qualités et aptitudes requises des professions de la corporation, rechercher des débutants dans les écoles et décider qu'aucun débutant ne
(1) Os cit., p. 81, note 1.
devra être accepté par un des membres de la corporation qu'après un examen par ses délégués constatant son aptitude à remplir un jour l'emploi qu'on lui destine;
5° N’accepter en principe des débutants qu'en août, septembre ou octobre, dans l'intérêt de la bonne fréquentation de l’école primaire et des cours professionnels ;
6° Faire subir aux débutants, par ses délégués, un examen de vérification d” aptitudes à la fin d'un stage d'essai de deux ou trois mois;
7° Préciser dans le contrat le programme de chaque année et l'emploi du temps, pour contrôler les résultats acquis et établir la cause des échecs des débutants et la liste des maisons auxquelles ils appartiennent;
8° Préciser dans le contrat les cours complémentaires techniques et professionnels à suivre, leurs jours et heures, les rétributions à accorder à l’apprenti pendant leur durée et insérer dans le contrat une clause de résiliation à ses torts et griefs pour défaut de fréquentation régulière de ces cours;
9° Etablir le barême des salaires de l’apprenti suivant son temps d'apprentissage et éventuellement suivant ses notes de cours et ses récompenses dans les concours; la sélection rationnelle des débutants leur permettrait de rendre à leurs patrons de meilleurs services beaucoup plus tôt et permettrait à ces derniers de leur accorder des salaires DRODSRURNES à la qualité de leur travail;
10° Prendre certaines mesures de charité ou de prévoyance: accepter ou maintenir en apprentissage,
grâce à des indemnités supplémentaires, des débutants dans le besoin ; affilier les apprentis à des caisses de mutualité, de secours, de chômage, d’invalidité, de retraites; les grouper en association d’apprentis et d'anciens apprentis;
11° Décider que ses membres s’engageront à ne pas recruter d'apprentis autrement que par le contrat collectif et qu'il lui appartiendra de n’accepter d’apprentis dans son sein qu'après examen de leurs aptitudes et qualités par ses délégués.
Dans les villes où existent des Chambres de métiers, la rédaction du contrat collectif d'apprentissage serait soumise à l'appréciation du conseil de métier de la corporation, composé en nombre égal de patrons et d'ouvriers, notamment pour la détermination du nombre de débutants à former chaque année.
Le contrat collectif d'apprentissage refrènera la tendance des maisons à se prendre leurs apprentis et leurs jeunes ouvriers, de la part des patrons signataires comme de la part des non adhérents, rendus très circonspects par la force matérielle et morale de la masse des patrons adhérents, avec laquelle ils auraient à compter.
Les parents trouveront plus de garanties à traiter avec la corporation qu'avec un patron isolé et les enfants, se sentant engagés envers une collectivité, hésiteront davantage à rompre le contrat pour des motifs futiles; ils comprendront qu’en cas de rupture, ils n’auraient plus qu’à changer de profession, car l’ensemble des maisons adhérentes au contrat collectif leur seraient fermées et les dissidents risqueraient de se mettre en mauvaise posture en accep-
tant un apprenti qui aurait rompu son engagement avec les membres adhérents. (1)
Ce programme contient d'excellentes choses. On ne peut qu’approuver de tels efforts en vue d’appliquer les principes de l’orientation professionnelle à l’entrée en apprentissage et d'imposer l'examen à la fin de ia période d’essai, seule sanction pratique. La corporation est évidemment qualifiée pour déterminer les aptitudes requises dans les métiers qui se rattachent à elle, ainsi que les besoins de ces métiers en apprentis et pour fixer le nombre d’apprentis par entreprise. La fixation des programmes de l'apprentissage pratique, des cours et de leurs horaires, le barême des salaires, sont des clauses importantes du contrat d'apprentissage. La clause de résiliation pour défaut de fréquentation des cours est intéressante, ainsi que les mesures de solidarité prévues.
Regrettons cependant que M. Mauvezin se soit contenté de ces quelques indications à propos des avantages du contrat corporatif sur le contrat individuel et n’ait pas proposé de formule complète de contrat-type d'apprentissage, réglant dans leur ensemble les conditions de l'apprentissage, les obligations réciproques du maître et de l’apprenti et les causes de résiliation susceptibles d’être invoquées par chacune des parties. j
Ces réserves faites, ie système édifié par le Directeur de la Chambre de métiers de la Gironde marque un sérieux effort pour suppléer à l'absence de pou-
(4) Mouvezin, op. cit., p. 83-84.
voir réglementaire des Chambres de métiers françaices. A défaut du régime allemand de la réglementation obligatoire pour toutes les entreprises, soumises au contrôle et aux sanctions pénales et civiles de la Chambre de métiers, la Chambre de Bordeaux établit un régime contractuel fondé sur l'engagement volontaire des chefs d'entreprises.
Ce système peut-il fonctionner efficacement ? En d’autres termes, assure-t-il un contrôle de l’apprentissage et est-il pourvu de sanctions?
La corporation, sur laquelle M. Mauvezin le fonde, n'a pas en France d'existence légale. Il n'existe ni corporations facultatives, ni corporations obligatoires et les seules formes de groupements professionnels sont les associations et les syndicats.
M. Mauvezin ne prend d’ailleurs pas le terme dans un sens juridique, puisqu'il n’exige pas le concours de tous les membres de la profession, mais seulement d’un « groupement d'éléments suffisants en nombre et en qualité pour pouvoir parler et agir au nom des intérêts de ce métier ».
Il n’y aura donc pas d'engagement entre tels patrons et la corporation, dépourvue de toute personnalité juridique, mais engagement d’un certain nombre de patrons les uns envers les autres. L'accord de tous les adhérents est nécessaire pour décider la formation et arrêter les termes du contrat collectif. Son établissement suppose donc le concours, sur tout un ensemble de points, des patrons appartenant au même métier. Or M. Mauvezin avoue l'indifférence d’un grand nombre à l'égard de l’apprentissage. Ces indifférents se lieront-ils par un engage-
ment? La force du contrat collectif résiderait précisément dans l'adhésion du plus grand nombre de patrons.
Quant aux non adhérents, la majorité ne possède aucun moyen de les contraindre. Or la minorité se composera de ce novau d'entrepreneurs qui se refusent à faire des apprentis et se contentent de les prendre, une fois formés, aux autres patrons, en les attirant par de hauts salaires. Il est douteux que la « force morale et matérielle » de la corporation suffise à leur imposer le respect du contrat collectif. Bien souvent, les non syndiqués, les premiers à revendiquer les avantages obtenus par les membres des syndicats, s'empressent ensuite d'oublier la solidarité professionneile et de compromettre par une action séparée, l'intérêt corporatif ; ils fournissent ainsi son meilleur argument à la thèse du syndicat obligatoire.
A l'égard même des adhérents au contrat collectif, quelles sanctions assure l’exécution de leurs engagements ? La corporation n’a ni existence légale, ni pouvoir. Le syndicat ne dispose d'aucun moyen de coercition sur ses membres; il n’a le droit ni de contrôler les entreprises, ni de dresser des contraventions, ni de prononcer des amendes. L'exercice de l'action civile, dont disposent aujourd'hui les syndicats, est subordonnée à l'existence d’un intérêt ; ‘un syndical patronal voit-il son intérêt lésé parce qu'un de ses membres n’a pas fait suivre les cours techniques à ses apprentis? Tout au plus l’action civile serait-elle justifiée au cas où un patron a enlevé à un collègue un de ses apprentis.
D'autre part, dans les rapports réciproques du maître et de l'apprenti, le contrat collectif ne renforce en rien les sanctions si faibles du contrat individuel. Le maître n’a pas plus de moyens d'obtenir de l’apprenti l’exécution de ses obligations; l’apprenti n’a pas de recours contre la corporation ou le syndicat, si le maître ne respecte pas ses engagements.
En résumé, le contrat collectif d'apprentissage est supérieur au contrat individuel par son contenu. Il permet d'envisager l'apprentissage à un point de vue moins égoïste que celui du patron qui traite isolément et ainsi, de tenir compte, dans sa rédaction, des intérêts généraux professionnels.
La Chambre de métiers ou le conseil de métiers semb'ent même, à cet égard, mieux indiqués pour élaborer le contrat collectif que la corporation ou le syndicat, porté par sa composition exclusivement patronale à confondre l'intérêt corporatif avec les désirs du patronat. Ce danger, sans gravité dans le métier artisanal, où tout apprenti est un candidat au patronat, apparaît pour les professions où l’apprentissage est le début d’une existence purement ouvrière; mieux vaut confier la rédaction du contrat collectif à un organisme comprenant un nombre égal de représentants des patrons et des ouvriers, c’est-à-dire le conseil de métiers, ou la Chambre de métiers, dans la conception paritaire que nous adoptons.
La Chambre de métiers paraît d'autant mieux qualifiée pour arrêter, sur l'avis du conseil de métier et au besoin, des syndicats intéressés, les termes de tous
les contrats d'apprentissage collectifs qu'il est bon d'établir une certaine uniformité dans les contratstypes des diverses professions: elle seule est à même d'apprécier ces conditions générales. D’autre part, les contrats-types prévoient le recrutement des apprentis et la fixation de leur nombre sur la base de l'orientation professionnelle; c’est un point de vue qui dépasse la compétence des corporations et c’est à la Chambre de métiers elle-même qu'il appartient, sur l'avis des syndicats et des conseils de métiers, d'arrêter les conditions générales du recrutement des apprentis et leur nombre, en vue de maintenir l’équilibre entre les diverses professions suivant leurs besoins respectifs.
Nous inc'inons ainsi à faire des syndicats et des conseils de métiers des organismes consultatifs en matière d'apprentissage et à confier à la Chambre de métiers, organisme supérieur, représentant plus impartial des intérêts professionnels et de l'intérêt général, la rédaction définitive des contrats-types d'apprentissage; nous souhaiterions pouvoir dire: la réglementation de l’apprentissage. Mais ce sera là une formule illusoire, aussi longtemps que les Chambres de métiers seront dépourvues de statut légal, de droits et de pouvoirs. Mieux placées, selon nous, que les syndicats pour arrêter les conditions de l’apprentissage, en assureront-elles plus efficacement le respect? Certainement non, puisqu'elles doivent compter uniquement sur la bonne volonté des patrons qui voudront bien adhérer au contrat-type. Celui-ci n’aura d'autre supériorité sur le contrat individuel que de donner aux patrons bien intentionnés des di-
rectives mieux étudiées et dépassant le point de vue de l'intérêt personnel. La Chambre de métiers restera impuissante à forcer les patrons réfractaires, comme à assurer le respect de leurs engagements par les patrons signataires du contrat collectif, à défaut de tout pouvoir d’en contrôler l’exécution et d'en sanctionner les manquements par des contraventions et des pénalités. La Chambre de métiers reste désarmée contre la négligence des adhérents au contrat collectif d'apprentissage et la mauvaise volonté des non adhérents. C’est la preuve manifeste de l’insuffisance de l'initiative privée pour accomplir la tâche immense que s’est assignée la Chambre de métiers de la Gironde. Dans un problème aussi complexe que l'apprentissage, qui met en jeu des intérêts divers, en apparence contradictoires, il est téméraire de compter, pour les accorder, sur la bonne volonté de tous, sur un consentement unanime, d'autant plus impossible à réaliser qu’on doit s'attendre à des résistances avouées et à une indifférence peut-être encore plus redoutable. Seule l'obligation légale peut empêcher les dissidents d'enlever aux adhérents leurs apprentis et d'améliorer leurs conditions de concurrence en s’exonérant de la charge de former des apprentis. Il ne suffit d’ailleurs pas d'imposer à tous les membres des métiers les clauses du contrat-type d'apprentissage ; il faut donner aux Chambres de métiers les movens d’en assurer l'application, en les investissant du droit de visiter les ateliers et les usines, ainsi que du pouvoir de dresser des contraventions et de prononcer des amendes.
Pour compléter l'exposé de l'action de la Chambre
de métiers de la Gironde en matière d'apprentissage, mentionnons ses concours d’apprentis. Elle y voit un moyen de stimuler à la fois le zèle des patrons et des contremaîtres qui forment des apprentis et l’application des apprentis dans leur travail. Elle n’abandonne pas ceux-ci à la fin de leur apprentissage et les suit dans leur métier jusqu’à l’âge de 25 ans; elle admet les jeunes ouvriers à participer, jusqu’à cet âge, à certains de ses concours.
Ces épreuves sont largement ouvertes à tous les apprentis de la ville de Bordeaux et de la région, qu'ils aient ou non été orientés ou placés par la Chambre de métiers et travaillent chez des patrons membres ou non de cette Chambre.
Suivant les professions, le programme des concours comporte tantôt une épreuve théorique et une épreuve pratique, tantôt une simple épreuve pratique avec dessin. Le programme varie aussi suivant la durée de l’apprentissage; les concurrents sont répartis en apprentis de 1" année, 2° année, 3: année, etc., et en jeunes ouvriers jusqu'à 25 ans. La Chambre de métiers organise les concours avec la co‘laboration du conseil de métier de la profession, ou de groupements non encore constitués en conseils de métiers. Elle participe aussi à des concours institués par la Ville de Bordeaux ou d’autres administrations.
Le jury se compose des membres du conseil de métier ou d’un certain nombre de patrons et d’ouvriers désignés par la Chambre de métiers, suivant le principe paritaire.
Le jury se réserve, le cas échéant, le droit de visi-
ter les ateliers où sont exécutées les épreuves, en vue ‘de s'assurer de leur sincérité.
Les lauréats reçoivent des diplômes, des récompenses en argent ou en nature, sur les fonds de la Chambre de métiers ou sur des fonds provenant de fondations, dons ou legs. La Chambre se réserve le droit de conserver un ou plusieurs des travaux primés, en vue d'organiser un musée d'apprentissage.
Par ses concours, la Chambre de métiers de la Gironde se propose non seulement de stimuler le travail des apprentis, mais de contribuer, parla large publicité qu'elle leur assure, au développement de l’apprentissage. Elle ne manque pas de faire appel au bon esprit des patrons, des contremaîtres et des ouvriers s'intéressant à la cause de l’apprentissage, pour qu'ils encouragent les apprentis à participer à ces concours et leur en fournissent les moyens matériels et techniques. Elle pub'ie les noms des patrons et des contremaîtres qui ont formé les apprentis avec ceux des lauréats.
Dès l’année 1920, la Chambre de métiers a organisé un concours d’apprentis menuisiers, doté de 500 fr. de prix; 42 jeunes gens se sont fait inscrire et 19 ont remis des épreuves jugées satisfaisantes.
En vue d'attirer l’attention sur l'importance des connaissances relatives à la conduite d’un intérieur, el'e ouvre chaque année, depuis 1920, un concours d'enseignement ménager portant sur les principes généraux de l’enseignement ménager, l'hygiène, la puériculture, l'économie domestique, avec épreuves pratiques de cuisine, de repassage, de fourbissage et de raccommodage. Ouverts à toutes les jeunes filles,
écolières, apprenties, ouvrières, employées ou sans profession, dotés de nombreux prix, ces concours ont remporté un vif succès et contribué à faire connaître dans toutes les classes sociales la Chambre de métiers et à développer le goût des travaux domestiques.
En 1921, la Chambre de métiers a collaboré, avec le Comité régional des Arts appliqués et le Comité départemental de l’enseignement technique, à l’organisation d’un concours de dessin pour les garçons et filles de 10 à 12 ans, de 12 à 14 ans et de 14 à 18 ans, avec épreuves facultatives manuelles pour cette dernière catégorie.
La liste des concours d'apprentis s’allonge d’année en année, témoignant de l'intérêt qu'y attachent et la Chambre de métiers et les apprentis.
En 1922, la Chambre a organisé 8 concours d’apprentis:
Concours pour apprentis, jeunes ouvriers coiffeurs et jeunes ouvrières coiffeuses: hommes, 22 inscrits, 12 concurrents, 6 diplômés; femmes: 10 inscrites, 5 concurrentes, 4 diplômées. Postiche: 6 inscrits, 4 concurrents, 3 diplômés.
Concours pour apprentis et jeunes ouvriers charpentiers, pour apprentis tonneliers, pour apprentis de chai, pour apprentis tailleurs, pour apprenties brodeuses, pour apprenties lingères. Elle a apporté son aide matérielle au concours organisé par les syndicats du livre, en vue d'attribuer des bourses aux apprentis.
En 1923, le nombre des concours s'élève à 14, réu-
nissant 192 jeunes gens et 232 jeunes filles, qui reçoivent 349 récompenses. (1)
La liste de ces concours fait ressortir les Sn ries de professions au développement desquelies s'intéresse particulièrement la Chambre de métiers:
Concours pour apprentis et jeunes ouvriers charpentiers, menuisiers, coiffeurs, tailleurs, du livre, tonneliers de chai, jardiniers, horticulteurs;
Concours pour apprentis ébénistes, ajusteurs;
Concours pour apprenties lingères, brodeuses, vestonnières, giletières, culottières ;
Concours d'enseignement ménager.
Enfin la Chambre de métiers a organisé, pour 1924, les concours suivants: (2)
Apprentis et jeunes ouvriers et ouvrières de la coiffure ; |
Art appliqué à la sculpture, au modelage, à la céramique ;
Sténo-dactylos (66 inscrites, 58 concurrentes, 4 diplômées) ;
Apprentis de chai;
Apprentis et jeunes ouvriers tonneliers (9 inscrits, 8 concurrents, tous diplômés) ;
Apprentis et jeunes ouvriers ajusteurs;
Apprentis tourneurs-mécaniciens;
Apprentis et jeunes ouvriers jardiniers-horticulteurs ;
Apprentis et jeunes ouvries charpentiers de haute futaie;
(4) Cumpte rendu moral. Bull Ch. Mét. Gironde, déc. 1923. p. 291.
(2) Les résultats non indiqués ne nous sont pas connus.
Apprenties et jeunes ouvrières brodeuses (54 inscrites, 46 concurrentes, 20 diplômées, non compris les jeunes ouvrières);
Apprenties et jeunes ouvrières lingères (117 inscrites, 82 concurrentes, 74 diplômées, non compris les jeunes ouvrières);
Apprenties et jeunes ouvrières vestonnières, culottières, giletières (24 inscrites, 16 concurrentes, 15 diplômées);
Apprentis et jeunes ouvriers menuisiers;
Apprentis et jeunes ouvriers ébénistes;
Apprentis tailleurs (2 prix) ;
Apprentis et jeunes ouvriers chaudronniers sur fer.
Enseignement ménager (136 inscrites, 123 concurrentes, 77 admissibles aux épreuves pratiques, 71 diplômées).
En dehors de la propagande excellente qu’ils font à la cause de l'apprentissage et à l’œuvre de la Chambre de métiers, ainsi que des encouragements qu'ils apportent aux jeunes ouvriers, ces concours comportent des leçons pour la Chambre de métiers. Le nombre et la valeur des concurrents lui permettent d'apprécier le niveau des apprentis et des jeunes ouvriers. Telle profession apparaît comme bien représentée en quantité et en qualité. En ce qui concerne te le autre, les épreuves sont passables ou même médiocres et laissent à désirer soit dans la partie théorique, soit dans la partie pratique. Suivant les résultais, la Chambre de métiers préconise un renforcement de l’apprentissage à l'atelier, ou plus souvent
la création de cours professionnels dans une branche qui en était dépourvue.
$ 3. La Chambre de métiers de la Gironde et l'Enseignement technique.
La Chambre de métiers de la Gironde a résumé son programme d’action dans une formule très heureuse: « chercher à donner à chaque débutant le maximum d'instruction professionnelle dans le métier convenant le mieux à ses aptitudes; par ces moyens, élever au maximum son rendement et lui donner les meilleures chances de se créer une bonne situation ». (1)
On trouve condensée dans cette phrase la double mission de l'orientation et de la formation professionnelles. La Chambre de la Gironde attache une importance particulière à la formation pratique à l'atelier. E'le estime avec raison que « la pratique du métier, celle qui se fait et s’apprend à l'atelier, ne doit pas. être négligée. » (2) Cependant elle vise à faire des apprentis des ouvriers qualifiés, mieux en- . core, des ouvriers « complets ». Elle ne saurait donc se contenter de l'instruction manuelle à l’usine ou à l'atelier et juge indispensable qu'elle soit complétée par la fréquentation de cours professionnels.
La Chambre de métiers de la Gironde a précisé son programme d'action sur ce point:
« Guider (les enfants en apprentissage) aussi bien dans leur enseignement professionnel que technique;
(1) Op. cit., p. 67.
(2) Bull. Ch. Mét. Gironde, janv. 1921, p. 58.
« Favoriser le développement régional de l’enseignement professionnel et technique, par des subventions aux conseils de métiers, aux œuvres d’enseignement, par des récompenses aux maîtres et aux apprentis;
« Favoriser le développement des cours existants et la création de cours nouveaux; si besoin est, procéder nous-mêmes à cette création.
«… mettre en valeur le contrat d'apprentissage et le certificat d’aptitudes professionnelles. » (1)
Dès la promulgation de la loi Astier, la Chambre de métiers de la Gironde montra l’importance qu'elle attachait à son rôle en matière d'enseignement professionnel.
Elle ouvrit une vaste enquête auprès des industriels et des commerçants de la vile de Bordeaux, pour - obtenir leur avis sur les conditions d'application de cette loi. Elle prit l'initiative de grouper les organismes qualifiés pour examiner les moyens d'arriver dans cette application à des résultats pratiques. Elle se réunit avec les représentants de la Société Philomathique, des Amis de l’Instruction et de la Chambre syndicale des employés de commerce pour étudier cette question. -
Dès leur fondation, en 1920, elle accordait une subvention de 500 francs aux cours professionnels de typographie.
C'est surtout sous la forme de conseils et d’aides pécuniaires que s’est manifestée l’action de la Chambre de métiers de la Gironde. En matière d’enseigne-
(4) Notre programme. — Nos buts. Bull. précité, p. 58.
ment technique, il est malheureusement impossible de préciser l'importance de cette action. Ls rapports du Directeur de la Chambre de métiers aux assemblées générales sont extrêmement laconiques. A peine trouve-t-on une allusion aux cours professionnels dans le rapport sur l'exercice 1922: « Elle (la Chambre des métiers) a aidé de ses conseils et de ses deniers des organismes voulant créer ou développer des cours professionnels », formule reproduite dans le rapport sur l'exercice 1923. Ni les rapports aux assemblées généra!es, ni les bulletins de la Chambre de métiers ne fournissent d'indications sur la nature et le nombre des cours qu’elle a contribué à créer ou à développer. Les projets de budgets et les comptes ne permettent pas d'apprécier la valeur de son concours financier à des cours, car ils groupent, sous les titres de « Propagande professionnelle » ou de « Subventions », des sommes affectées à des objets très divers.
La Chambre de métiers se proposait de créer ellemême, au besoin, des cours professionnels, mais elle n’a pas mis en pratique cet article de son programme. Nous avons exposé comment une réclamation des syndicats ouvriers avait déterminé le sous-secrétaire d'Etat à l’enseignement technique à lui retirer la mission qu'il lui avait confiée d'organiser dans le département de la Gironde les cours professionnels obligatoires prévus par la loi Astier. La Chambre de métiers dut reverser la subvention reçue à cet effet à la Ville de Bordeaux, chargée d'organiser les cours.
D’autres Chambres de métiers ne se sont pas .vu opposer une interprétation aussi rigoureuse de l’ar-
ticle 39 de la loi Astier et ont créé elles-mêmes des cours sans soulever la même objection.
Dans ces conditions, les conseils de métiers de la Chambre de la Gironde doivent être assez gênés pour remplir la mission que leur confient les statuts au point de vue de l’enseignement technique: élaborer des programmes et horaires d'enseignement, faire des propositions relatives au choix des professeurs, surveiller l’assiduité des apprentis aux cours. Toutes ces fonctions ne sont guère aisées à remplir, si les cours n’émanent pas de la Chambre de métiers. Elles supposent une co laboration avec les organismes chargés d'organiser les cours professionnels, organismes qui ont leur autonomie. Ici encore, l'efficacité du système repose sur une bonne volonté mutuelle. Le bon fonctionnement des cours est subordonné à une entente, à des accords entre la Chambre de métiers et la commune ou le département, par exemple, ou encore l'administration de l’enseignement technique. Cette entente suppose de bonnes relations qui tiennent souvent à des questions de personnes, et qu'on n’est pas toujours sûr de pouvoir rencontrer entre des organismes dont les uns ont un caractère administratif ou électif et dont l’autre est professionnel et d’origine privée.