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CHAPITRE VI

La Chambre de métiers d’Indre-et-Loire

La Chambre de métiers d’Indre-et-Loire est contemporaire de celle d'Alençon; elle a été fondée en septembre 1920. Elle a son siège à Tours.

Elle est ouverte à toutes personnes ou groupements versant une subvention annuelle, dont la quotité est laissée à leur générosité, avec un minimum de 10 francs par an. Sa durée est fixée à 99 ans.

Elle est administrée par un conseil composé de 6 membres de droit et de 15 membres élus, à raison : de: 9 patrons, désignés par l'assemblée générale; 4 ouvriers et 2 employés, nommés par les organisations ouvrières parmi ceux qui exercent leur profession depuis cinq ans au moins.

Le conseil ainsi constitué se complète lui-même en désignant à son gré trois personnes compétentes.

Le budget de la Chambre de métiers s'élève à une vingtaine de mille francs. Il est alimenté par des subventions et par les cotisations de ses membres.

Le programme consiste:

1° À rechercher les apprentis dans les familles et les écoles el à déterminer, par une sorte de préapprentissage, leurs facultés physiques, intellectuelles et morales ainsi que leurs aptitudes manuelles:

2° A dresser la liste des métiers de l’industrie, du commerce, de l’agriculture, de l’art exercés en Touraine, avec les aptitudes qu'ils exigent, leurs avantages, leurs inconvénients, les conditions d'âge et de durée de l’apprentissage;

3° À provoquer chez les patrons un mouvement en faveur de l'apprentissage, à préparer l'étude de la répartition des charges qui en résulteront et à déterminer le nombre des apprentis à former dans chaque profession ; 4° A fixer par un contrat-type les rapports du maître et de l’apprenti; à guider et à surveiller l’ap- prentissage, à tenir les parents au courant des progrès ou des défaillances de l’apprenti;

9° À compléter l'instruction professionnelle en favorisant la création de cours techniques, de cours de parachèvement d'instruction générale et de conférences et promenades, au profit des apprentis, jeunes ouvriers et élèves sortant des écoles pratiques;

6° A préparer les jeunes gens aux examens de fin d'apprentissage, à organiser des concours et expositions de travaux d’apprentis;

7° À solliciter l’aide de toutes collectivités, groupements et particuliers, pour coordonner tous les efforts et constituer des ressources financières;

8° À placer et guider les apprentis et les jeunes ouvriers ; i

9° À entrer en liaison avec les pouvoirs publics pour l'application de la loi Astier.

Depuis sa fondation, la Chambre de métiers d’Indre-et-Loire a organisé, avec le concours de la Chambre syndicale des mécaniciens, chaudronniers

et fondeurs et de la Chambre syndicale des électriciens, des cours professionnels d'enseignement général, de technologie et de dessin, pour les apprentis; des cours d'anglais et de comptabilité, très suivis, pour ceux qui se destinent à une carrière commerciale.

En 1922, elle a fondé un Office d'orientation professionnelle, qui se tient en liaison avec les directeurs d'écoles pour conseiller les familles et les enfants dans le choix d’un métier et diriger les enfants vers la profession convenant le mieux à leurs aptitudes.

L'Office a publié une trentaine de monographies se rapportant notamment aux professions locales.

La Chambre de métiers se propose de créer des cours pour les professions qui n’en sont pas encore pourvues. Il existe, d'autre part, à Tours, des centres d'apprentissage assez nombreux. |

L'action de la Chambre de métiers d’Indre-et-Loire, pendant les quatre premières années de son existence, a été, en somme, assez modeste.

Cette Chambre est loin d’avoir réalisé son programme et n’a obtenu de concours que de quelques syndicats. Une fois de plus se manifeste l’insuffisance de l'initiative privée, libre et dépourvue de pouvoirs comme de moyens financiers, obligée d’attendre des concours lents à se déclencher.

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