CHAPITRE VIII
La Chambre de métiers de Poitiers et de la Vienne
La Chambre de métiers de Poitiers et de la Vienne a été constituée en novembre 1921 sous le patronage de la Chambre de commerce de Poitiers.
Elle comprend tous les industriels, les professionnels de tous métiers, domiciliés ou exerçant dans le département de la Vienne et qui ne manifestent pas une intention contraire. Parmi eux, sont membres actifs ceux qui paient une cotisation. La Chambre ne comprend que des individus ou des sociétés de nationalité française.
Le conseil d'administration se compose de six membres de droit et de douze membres élus par l'assemblée générale. Les statuts sont sur le point d’être revisés dans le sens du principe paritaire, d’abord repoussé.
Les ressources de la Chambre de métiers sont constituées par les cotisations annuelles des syndicats et autres groupements, par celles des membres actifs isolés, enfin par des subventions. |
Les articles 48 et 49 des statuts confèrent à la Chambre une action disciplinaire sur tous ses membres concernant « tout ce qui touche à l’ordre de ses
délibérations, à son honorabilité et à son bon renom, à l'intérêt général des groupements dont elle défend les intérêts ». Cette action disciplinaire a pour sanctions la réprimande, la suspension temporaire et l'exclusion.
La Chambre de métiers a pour but « de favoriser l'accès à l'apprentissage, d'activer son développement, d'améliorer l'éducation et l'instruction professionnelle générale des apprentis, jeunes ouvriers et ouvrières et même des adultes des deux sexes. » et d’activer par toutes dispositions le développement technique des métiers.
Les statuts de la Chambre des métiers de Poitiers et de la Vienne ne contiennent pas le même luxe de détails sur les moyens d'exécution que ceux des autres Chambres de métiers.
Elle a, d’ailleurs, beaucoup de mal à s'organiser, car trois ans après sa fondation, ses résultats sont minimes. Cela tient, d’après M. Barbin, son secrétaire, à la pondération, à la lenteur de l'esprit poitevin et à la faiblesse des ressources constituées seulement par deux subventions de la Chambre de commerce et du Conseil municipal, s'élevant chacune à 3.000 francs.
Cette Chambre paraît surtout se préoccuper de l’enseignement professionnel. M. Barbin critique même son titre et voudrait y substituer celui de « Cours professionnels de perfectionnement », évidemment trop étroit.
Les statuts qui doivent être prochainement remaniés, contiennent une disposition originale. Les sections ou cours professionnels ont leur autonomie, forment un petit bureau, établissent leur budget, les
programmes de cours, choisissent leurs professeurs et en fixent les émoluments, sous réserve de l’approbation de la Chambre de métiers.
L'unité de l’enseignement professionnel serait réalisé grâce à une coordination des cours déjà organisés par d’autres groupements avec les cours à créer. La Chambre de métiers se propose d'ouvrir prochainement des cours d'électricité, de peinture, puis d’imprimeurs (industrie locale) et de tailleurs.
Elle a élaboré un contrat-type d'apprentissage, comportant certaines variantes suivant les professions, et que nous n'avons pas entre les mains.
Mentionnons, enfin, l'existence à Poitiers d’un cabinet d'orientation professionnelle, organisé par le directeur de l'Office municipal et départemental de placement, qui est en même temps le directeur de la Chambr de métiers.