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CHAPITRE XIII

La Chambre de métiers de Bretagne

La Chambre de métiers de Bretagne a été constituée sous forme d'association déclarée, en juillet 1920; mais par suite de divergences qui éclatèrent entre les fondateurs et amenèrent peu après la démission de l’un d'eux, le président, l’abbé Bossard du Clos, réduit à ses seules forces, n’a pu maintenir à l'institution l’activité que faisaient espérer ses débuts.

Cette Chambre de métiers se caractérise par quelques traits originaux de sa constitution et de son programme.

Elle comprend toutes personnes, agréées par son conseil d'administration, qui s'engageront à observer ses statuts et à coopérer à ses buts. Les membres se divisent en membres fondateurs, actifs ou associés, d’après le montant de leur cotisation.

Son programme est nettement régionaliste. Elle se propose « d'encourager l'apprentissage dans toutes les industries, notamment dans les industries d'art en tradition du style breton, et de favoriser les petites industries locales, qui sont l’une des sources de richesses de la Bretagne. » A cet effet, en dehors des moyens ordinaires prévus par toutes les Chambres

de métiers, elle a en vue « de propager l'étude et l’usage de l’art breton au moyen de conférences, concours et expositions » et « de faciliter le placement des produits d'art industriel de Bretagne », objet commercial que nous n’avons rencontré nulle part ailleurs.

En réalité, la Chambre de métiers de Bretagne s'intéresse surtout aux petits métiers el limite même presque exclusivement son action aux métiers d’art proprement dits: broderie, dentellerie, ébénisterie, ferronnerie, céramique. Son but principal est de fonder des ateliers-écoles dans différents centres d’industrie d’art de Bretagne.

Son président, grâce à quelques cotisations et à une subvention de la Chambre de commerce de Rennes, a organisé des expositions d’art décoratif breton au Huelgoat, à Guingamp et à Vannes; il a créé un atelier-école d'apprentissage et décerné un diplôme de maîtrise avec prime de cent francs.

Mais il est à souhaiter que cette Chambre ne limite pas son action aux seuls métiers d’art et se développe sur des bases plus larges et plus solides. Il lui appartient, en effet, dès qu’elle pourra disposer des ressources nécessaires, de prêter son concours à la solution de la crise de l'apprentissage dans tous les métiers de la région, considérés ou non comme métiers d'art.

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