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L)E L.V CORRESPONDANCE

SUl'ÉKIECRE

Monsieur le Secrétaire d'État,

Je n'ai pas manqué d'accorder ma plus sérieuse attention à votre dépêche du 29 mars écoulé, n° 49^) dont j'ai bien noté le contenu.

L'accumulation de forces que nous avons faite à la frontière Nord-est est un fait extraordinaire commandé par des circonstances exceptionnelles. Le Secrétaire d'Etat des finances ne peut pas refuser d'acquitter les dépenses qu'elle occasionne et peut encore occasionner.

Ces dépenses, d'ailleurs, ne pourront i:>rendre fin que lorsque la tram^uillité la plus parfaite sera établie sur cette partie de nos frontières. Quant au rationneuient des compagnies d'artillerie et de gendarmerie du ïrou, de Eort- Liberté et de Vallière , il s'impose , les régiments ne pouvant à la fois se trouver sur la frontière et couvrir les postes de l'intérieur des arrondissements, il a bien fallu réunir les compagnies dont il s'agit, puisque ces postes ne doivent pas être laissés en blanc.

Il vous faut donc vous entendre aussi avec votre collègue des finances à cet égard.

Recevez, etc.

Hyppolite.

LES CHAMBRES LE(;iSLATIVES D HAÏTI

Port-au-Prince, le (j août i8g3, an go^ de l'Indépendance.

Le Secrétaire d'État au Dkpartenent de la Guerre AU Secrétaire d'État des Finances et du Commerce.

SKCTIOX TiV. nOMPTABILITlS

Mon cher Collègue,

Je suis en possession de votre dépêche du 8 du courant, au n° 247, par laquelle vous me signalez l'impossibilité où vous vous trouvez de mettre à ma disposition les valeurs suivantes :

i" Frais extraordinaires, juillet 1893 % 2.74<5 66

2" Solde et ration d'août 1893 3.426 5o

3" Viande à payer à M . Eliacin 49 ^4

Total 6.222 80

Il m'est impossible, mon cher Collègue, de ne pas vous édifier sur les sommes que vous refusez au Département et que pourtant vous avez accepté de m'accorder.

La valeur de g 2,746.66 pour frais extraordinaires de juillet doit être touchée sur reçu mensuel pour chacun des mois juillet, août et septembre 1893, valeur dont le total pour trois mois ligure dans le crédit supplémentaire que je vais demander aux Chambres législatives. Il importe donc, mon cher Collègue, que j'aie cette valeur chaque mois pour faire face à des dépenses extraordinaires.

Cependant, désirant toujours rester d'accord avec vous, je ne me refuse pas, si vous le voulez, de vous remettre un état détaillé des différentes répartitions de cette somme.

J'aborde ici le deuxième point : soldç et ration d'îioùt.

Je vous deniantlerai, mon cher Collègue, de m'enseigner le moyen par lequel je puisse arriver, n'ayant pas de fonds à ma disposition, à payer ces soldats qui arrivent de tous les points de la République ? L'absolue nécessité de faire face à l'exigence de ce service ne soullrc pas de discussion, car, d'une façon ou d'une autre, il faut bien que ces militaires soit régulièrement rationnés selon le vam du Gouvernement; mais, dans le cas forcément contraire, il serait prouvé que leur déplacement n'était pas nécessaire pour le maintien de l'ordre et de la sécurité publics.

Quant au dernier point, celui qui a trait à la viande fournie à l'hôpital, je vous dirai, mon cher Collègue, que M. Eliacin a été appelé à remplacer M. Blain, fournisseur de viande à l'hôpital de cette ville, et que chaque mois les valeurs pour pain et A'iande sont touchées sur reçus et comptées à M""' Alonzo et à M. Blain. Aujourd'hui, ce n'est pas ce dernier qui fournit, c'est M Eliacin qui a commencé dans les derniers jours de juillet, et sa fourniture de viande pour trois jours monte à g 49-^4 pour lui de juillet. Le Département ne fait donc, mon cher Collègue, que continuer à toucher sur reçu mensuel pour cette catégorie de dépenses depuis octobre 1892, si vrai qu'il est fait mention dans le crédit supplémentaire d'une valeur spécialement alfectée à ce sujet.

Voilà, mon cher Collègue, les renseignements que je suis à même de vous donner sur ces diverses valeurs que vous m'avez mises sous les yeux et qui me font nécessairement besoin.

Mes cordiales salutations.

T.-J. Gilles.

LES CHAMBRES LÉGISLATIVES d'iIAÏTI 55

Port-au-Prince, le 28 octobre i8()3, an go" de V Indépendance.

Le Secrétaire d'Etat au Département de la Guerre AU Secrétaire d'Etat des Finances et du Commerce.

SEC.ÏIOX IIE LA (■.l)>tPT.VBtLITE

Mon cher Collègue,

Pour ne pas laisser souiFrir les troupes envoyées en garnison hors de leurs cantonnements respectifs, je vous donne ici le détail de la ration extraordinaire que le Département de la Guerre est obligé de payer pour le mois d'octobre de cette année :

1° Administration du Cap-Haïtien g 1-499 ^^

2" — Port-de-Paix 108 »

3° — Port-au-Prince 10.095 4'3

4° — Petit-Goàne ii'3 5o

5" — Jérémie 774 >>

L'effectif des troupes envoyées en garnison sur divers points de la République pouvant varier selon les exigences, du service public, je viens vous demander, comme de juste, de voidoir bien mettre cette somme à la disposition du Département de la Guerre, afin que j'en puisse prescrire l'ordonnancement en régularisation dès que le budget sera voté, et le douzième d'octobre publié.

La ration extraordinaire des troupes étant sujette à des augmentations, à des diminutions et à des changements, ne saurait rentrer dans la catégorie des dépenses soumises à l'obligation du douzième exact des allocations budgétaires.

5G LES CHAMBRES LEGISLATIVES u'hAÏII

C'est pourquoi le Département de lu Guerre se voit obligé de faire figurer sur le crédit de chaque mois la somme totale des dépenses à effectuer dans le courant du mois j)our la ration extraordinaire des trouj)es, que cette somme dépasse on non le douzième du budget pour ce cliapitre, qui, je le répète, ne saurait être pris pour base dans le cas spécial dont il s'agit.

J'espère, mon cher Collègue, que vous admettrez avec moi cette façon de procéder, qui est seule praticable dans la circonstance.

Avec mes cordiales civilités.

A. Yeuxe.

Port-au-Prince, le 3 novembre i8q3 [an go'' de V Indépendance.

Le Secrétaire d'État au Département des Finances et DU Commerce au Secrétaire d'Ktat de la Guerre ET DE LA Marine.

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