‹ Les champignons comestibles du Canton de NeuchtelChapitre 4 sur 10 · ARY YORK · texte numérisé non relu

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Caractères.- Il appartient à la division des lactaires, el coniienl en a bon dan un lait rouge qui s'échappe lorsqu'on le brise. Chapeau charnu, un peu milieu, gluant, enroulé, lisse, jaune-rougeâtre. Pédicule plein, puis creux, souvent couvert de taches rouges. Lamelles d'abord rouge-safran, puis devenant vertes en

séchant.

Description. — Il vit en société. Le pédicule, presque orangé, esl long de I vJ pouces, large de G à 9 lignes, plein, puis creux, quelquefois la. heté Le i baj déprimé est d'une couleur plus foncée que le pédicule, et marqné de tivement plus claires et plus foncées. Lorsqu'il est vieux, il Be couvre de taches vertes et livides. — Les lamelles sont rougeâtres, inégalement longues, ti minces. — Le lait rouge-vermillon ou safran, est un peu acre et verdit en se des chant. L'odeur est faible et point désagréable. La chair est blanchâtre ou jaunerougeâtre, ferme et cassante.

Ce lactaire est souvent attaqué par un liés petit champignon (Sphaeria laterilia Fries) qui modifie sa forme à tel point qu'il en devienl méconnaissable; les feuill ont disparu, le chapeau, bizarrement contourné, ne tient plus au pédicule que par le bord, le dessous est couvert d'une masse charnue, blanchâtre, qui s< mble : d'un nombre infini de [élites cellules transparentes. Dans cet état, il est prud ml de n'en pas faire usage comme aliment.

Il est extrêmement commun dans nos forets de sapins depuis juillet en novembre . On n'a pas à craindre de le confondre avec d'autres, car les lactaires dangereux qui lui ressemblent, par exemple, insulsus, zonarius, ont le lait blanc, tandis que le sien est rouge.

A la fin d'août et dans le mois de septembre, ce champignon pris jeune (il fa se défier des vieux, qui sont livides et tachetés de vert) esl savoureux el délicat. l'apporte aux marchés de Vienne, de Prague, de Berlin. A la Chaux- de-Fonds où plusieurs personnes en préparent des plats excellents, on I unait sous le nom

champignon des Polonais, parce que ce sont des Polonais réfugiés qui ''il ont introduit l'usage.

Suivant le naturaliste Krombholz, après avoir ôté les lamelles et l'épidémie, il f'aul couper le chapeau par morceaux, ainsi qu'une partie du pédicule, quand il n'est pas trop dur, et cuire cela dans le beurre sans bouillon; du sel, du persil, des oignons et. quelquefois un peu de cumin lui donnent un goût agréable. — En Suède, on jette les morceaux dans l'eau froide, on fait cuire un moment avec des oignons et un peu de beurre; on sort les champignons de l'eau, on les égoutte, puis on les frit avec du sel, du persil et du poivre. On peut aussi les cuire trois quarts d'heure dans l'eau d'où on les retire pour les apprêter en sauce. — En Bohème, on l'emploie dans presque tous les ménages, confit dans le vinaigre comme les cornichons, pour être mangé avec le bœuf. On le garde ainsi tout l'hiver. — En Russie, on le sale i on le tient dans la saumure. — A Gênes, on le conserve dans l'huile.

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