PA
pas de faire subir les hivers très pluvieux comme celui de 1872-1873 pendant lequel les tas de fumier ont dù être vendus comme fumier usé, la fermentation n'ayant pas pu se faire d’une manière suflisante.
Vous devrez aussi tenir compte de la qualité du fumier employé. Celui qui est fortement imprégné d'urine et mêlé de beaucoup de crottin fermente très rapidement. Il faudra régler sur ce fait le travail de réfection des tas.
Toutes les manipulations sont bonnes, mais trop nombreuses elles peuvent nuire. Prenons un exemple : le fumier destiné aux champignonnistes de Méry est pris à Paris dans les cours, chargé et conduit au wagon, déchargé de ce wagon, rechargé dans une voiture qui le conduit sur le terre-plein qui précède la carrière. C'est-à-dire qu’il y a deux manipulations de plus que pour le fumier des carrières de Paris, mais elles ne sont pas à l'avantage du fumier qui, plus brisé, plus aéré, fermente plus vite, conserve moins sa chaleur et a besoin de ne pas demeurer tout à fait aussi longtemps en tas.
Qualités du fumier prêt à monter les meules.
Le fumier dont la fermentation est à point pour permettre d’en faire des meules de culture est onctueux. Il ne laisse pas d'humidité dans la main qui le presse, il a seulement un peu de moiteur et de l’élasticité. Son odeur n’est plus celle du fumier frais; sa couleur est d’un brun
fauve avec traces de parties blanchâtres. Sa température, comparée à celle de la fermentation du début, est inférieure des deux tiers
Transport à pied d’œuvre.
Quand le fumier est prêt à l'emploi 1l est done
envoyé dans la carrière. On en fait le transport à
la brouette (si le terre-plein esttout près du puits) ou à l’aide de voitures si la carrière est éloignée ou si elle est « à bouche ».
Le fumier déposé soit au fond du puits, soit.
à l'entrée des galeries, peut y rester trois ou
quatre jours en tas s’il est trouvé trop sec, puis il est transporté par les brouettes garnies de leur. lampe, souvent à 600 mètres du point de départ, à travers les galeries plus ou moins élevées, et. déposé sur le sol où se construiront les meules
ou couches. Il forme alors ce qu’on pee les chaînes d'emploi.
Ces chaînes établies, on procède au montage
des meules.
Un mètre cube de fumier, préparé tel qu'ila été approché en chaînes, donne 10 mètres cou-
rants de meules et une brouettée de fumier donne 1 mètre de meule.
Montage des meules dans les carrières.
Nous venons de montrer le fumier tel qu'il a
été transporté et mis en chaînes dans les galeries. Ces chaînes sont parallèles aux parois de la ga-
lerie et il y en a autant qu’il y aura de lignes de
meules.
1er
t le fum
manien
ouvriers
meules. Les
les eines mains.
re : construction c :
une carrie
Le nombre des meules par galerie est variable. Il dépend d’abord de la largeur de la galerie, mais aussi de la manière dont le champignon-
LS
niste comprend son travail et du plan qu'il s’en
est fait.
En général, les meules ont de 45 à 50 centimèetres de largeur à leur base; elles sont séparées l’une de l’autre par un passage de 25 à 30 centimètres. Avec ces données, vous pouvez calculer
le nombre de meules à établir dans une galerie
ou une cave de largeur connue.
L'obligation fréquente de travailler dés des galeries basses où la manœuvre des outils à long manche est impossible a fait adopter le montage des meules à la main. Dans ces conditions, l’ouvrier est beaucoup plus maître de ses mouvements et la meule s’établit avec plus de facilité et de soins.
Commencez par la meule qui doit s'appuyer contre l’une des parois de la galerie; c’est la meule en acot.
Prenez le fumier à pleines mains, secouez-le et laissez-le retomber en établissant la base de la meule sur une largeur de 0",45 à 0",50 (fig. 13), montez le bord extérieur verticalement sur une hauteur de o",10 et, tout en débitant le fumier, foulez-le avec les mains etavec une batte un peu lourde de façon à obtenir partout une épaisseur umiiorme et de même compacité; continuez ensuite à monter la meule en inclinant légèrement la surface extérieure vers la paroi d'appui et en arrondissant peu à peu le sommet. La pente donnée ainsi à la meule est telle que la terre du gobetage s’y tient sans glisser.
Cette première meule finie, montez successi-
vement les meules du centre, en réservant les sentiers de 0",25 ou 0",30 qui doivent les séparer et achevez votre travail par une meule en acot, contre la paroi opposée.
Les meules du centre sont montées comme la première, sauf qu'ayant deux côtés elles sont nécessairement en dos d’âne, de telle manière que la partie supérieure est presque plane sur une largeur d’environ 15 à 16 centimètres.
Pour la hauteur, la coutume est de l’égaler à la largeur, soit 0",45 à 0"5o. |
Chaque fois qu’une meule est terminée, peionez-la, à l’aide d’un rateau sans manche, ou à manche court (0",20 environ), retirez ainsi les brins de paille qui, çà et là, hérissent la surface. Dressez les bords. Amassez les résidus du peignage, placez-les sur le sommet, foulez le tout à la main ou à la batte de manière à donner à toute la surface une inclinaison uniforme, sans bosses ni cavités.
Parfois, le peignage est fait en même temps que le montage, par portion; le résultat est le même, sauf que l’ouvrier n’a pas à revenir sur son travail : cela est tout de même un avantage en raison de l’étroitesse des sentiers.
Avant la guerre, le montage des meules était fait à la tâche. Le maître champignonniste payait l’ouvrier tâcheron à raison de 15 centimes la toise et un bon ouvrier montait {o toises par jour représentant un gain de 6 francs.
Aujourd’hui il faudrait, pour être exact, multiplier ces prix par 3 ou 4.
Avant la guerre, le prix de revient d’une toise de meule montée (fumier et façon) était de
2 francs à Paris et de 5 francs à Méry à cause du
supplément de main-d'œuvre nécessité par le transport plus long.
On sait que la toise vaut près de 2 mètres.
(exactement 1",949), les chiffres précédents.
mettraient donc le prix ancien de longueur de
meule à 1 franc le mètre à Paris et à 2 fr. 5o pour
les cultures de Méry.
Actuellement, il faut compter que le mètre de longueur de meule revient environ à 3 ou h Îrancs dans les carrières de Paris et à 7 ou
8 francs dans celles de Méry.
Le travail du montage des meules est long.
On a cherché à le réduire. M. Renaudot imagina, dans ce but, de mouler les meules. Le fumier était chargé rapidement dans des récipients de
tôle ayant la forme d’une meule de 1",50 de longueur environ. On tassait, puis deux ouvriers portaient le moule à l’emplacement voulu, le
renversaient là et renversaient les moules suivants bout à bout en laissant le moins de place possible entre le tronçon précédent et le suivant.
Mais l’inventeur dut renoncer à son invention
qui n'économisait rien, ni temps ni argent et laissait toujours la meule partagée en tronçons.
Vous n'avez aucun intérêt à faire les meules plus volumineuses; elles donneraient des températures trop élevées qui vous obligeraient
d'attendre plus longtemps pour y planter les por-
tions de blanc, ce serait donc une perte de
+ ke: F
temps; d'autre part, ces températures élevées ne vont pas sans dégager des quantités considérables de vapeur d’eau qui vient se condenser sur la surface des voûtes d’où elle retombe en gout- telettes sur les champignons et les gâte, parfois.