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CHAPITRE V

Qu'est-ce que le blanc? — Où se le procurer? — Méthodes pour en produire.

Qu'est-ce que le blanc? +.

Le blanc (thalle, mycelium, des botanistes) est. tout simplement du plant de champignon, comme *. une division souterraine de dahlia, de pivoine, d'aster, est du plant de dahlia, de pivoine, d’aster.

En culture et Fig. 14. Galettes de blanc dans le commer- de champignon.

ce, le blanc se présente sous l'aspect de filaments blanchätres mêlés aux pailles brisées et demi décomposées du ! fumier, formant avec ellés une sorte de feutrage platauquel les champignonnistes donnentle nom de galette. Ce blanc en galettes alepouvoirremar- ” quable de conserver sa vitalité cachée pendant

plusieurs années quand il est tenu au sec, dans un grenier bien aéré (fig. 14).

À l’état spontané, c’est-à-dire à l’état naturel, le blanc se rencontre dans les vieilles couches à melon où encore à la base des tas de fumier déjà anciens. Ge blanc, d’origine imprécise, n’a, par cela même, qu’une valeur incertaine.

On trouve aussi dans le commerce du blanc de

Fig. 15. — Blanc de champignon vierge, en briquette.

champignon comprimé en briquette (fig. 15).

Parfois le cultivateur larde avec du blanc pris dansune vieille meule, c’est-à-dire dans une meule dont 4 production touche à sa fin ou a cessé tout à fait. Le succès du procédé est aussi incertain que le précédent.

Le meilleur blanc est le blanc vierge, c’est celui qui n'a pas encore produit.

On trouve le blanc vierge chez les marchands grainiers et chez certains maraïîchers qui le récoltent sur des couches spéciales établies parles procédés que nous étudierons.

Le plus souvent, le champignonniste de profession récolte le blanc frais (dont il a besoin pour ses cultures subséquentes) dans une meule sur le point de donner des champignons et ae en a déjà laissé paraître quelques-uns.

En opérant ainsi les cultivateurs évitent les frais de transport du blancet ils économisent la

somme assez élevée que représente l’aächat decet

élément indispensable.

En sacrifiant une très modeste partie de la ré-

colte qui se prépare, ils se créent, presque sans frais, de quoi planter les meules qui seront éta-

blies plus tard.

On a reproché avec quelque raison à cette méthode de ne pas renouvelerle blanc et d'employer

toujours celui produit successivement au même

endroit dans les mêmes conditions de culture et

de la même descendance. Mais rien n'empêche +

de changer, de temps en temps, la provenance du Le blanc. On évitera ainsi l’affaiblissement du pou-

voir producteur d’un blanc provenant depuis

trop longteimps de la même lignée. tons Voici les méthodes les plus usitées pour nn à

production du blanc. Je les reproduis telles que

Lachaume les a données; je les commenterai

ensuite.

Première méthode, sans plantation de blanc. = D'avril en septembre, ouvrez au pied d'un muret. à l'exposition de l’est une tranchée de 0", 60 de largeur et de o",50 de profondeur; la opte :

est déterminée par la quantité de blanc à produire. Ÿ On aura préalablement préparé cinq à six brouet- *

tées de crottin de cheval relevé en tas pour laisser jeter le premier feu. Le crottin sera mélangé d’un quart de paille courte de litière; cette paille est destinée à donner de la cohésion aux galettes lors de leur extraction.

On montera la couche en garnissant le fond de la tranchée d’un lit de glumes de blé sur une ‘ épaisseur de 0",16, puis un lit de crottin d’égale épaisseur, le tout bien réglé, bien uniforme et . symétrique, conditions qu’on réalisera en marchant et foulantles lits avec les pieds :onarrosera modérément, puis on mettra, de la même façon, un deuxième lit double de glumes et de crottin et ainsi des autres, successivement, jusqu à ce

que la tranchée soit remplie, en règlant le foulage et’le régalage des lits, de manière à obtenir dans la masse une grande homogénéité.

La couche montée doit dépasser les bords de la tranchée, et sa surface supérieure'est façonnée en dos d'âne. On la recouvre d’une couche de terre de o",06 d'épaisseur bieu battue avec le dos de la pelle et conservant aussi la forme en dos d’âne, Pour éviter l’excès d'humidité que pourraient amener les pluies, et qui provoquerait une décomposition trop prompte des matièrés-placées dans la tranchée, onrecouvrira la terre de la couche avec une bonne chemise de litière de chéval ou avec quelques vieux paillassons.

Une couche montée dans les premiers jours de septembre sera visitée en décembre : en ouvrant un trou sur les côtés ou à l’un des bouts, on vérifiera l’état d'avancement du blanc qui sera à point

s'il présente des filaments spongieux Hot développant une forte odeur de champignon. Si la formation n’est pas complète, on attendra un mois de plus; ce retard est sans inconvénient car, en cette saison, la sortie des champignons n’est pas à craindre. La couche sera démontée en janvier ou février au plus tard et, si le temps le permet, on fera choix des plaquettes de blane qui présentent les caractères indiqués ci-dessus, et

on rejettera les parties d’une couleur brun-noir

dues à une décomposition trop avancée du fumier, et dont les germes seraient improductifs. … Pour accélérer la dessiccation des galettes, aussitôt aprèsleur sortie de la tranchée, on les dédoublera pour les amener à un poids variant de 500 : à 1.000 grammes, et on les rentrera de suite sous un hangar ou dans un grenier bien aéré, sans Les

entasser les unes sur les autres. Ainsi préparé,

séché à l'air et à l'ombre, le blanc vierge se conservera productif pendant plusieurs années.

Nous avons pris pour type la couche faite en septembre, parce qu’à cette époque on se procure

facilement des glumes de blé; nous ajouterons

qu'il faut donner la préférence aux glumes ou menues pailles provenant des tarares parce qu’elles sont moins mélangées de graines detoutes sortes. Si on a toutes les matières à sa disposition on peut, comme nous l'avons dit, monter les couches à l'air libre à partir du mois d'avril, et, en tout temps, dans une cave où dans une carrière. … Deuxième méthode, avec plantation de blanc. — Nous avons vu, dans le premier procédé, le blanc

se former naturellement; dans le deuxième procédé, quiest celui des champignonnistes, on accélère la formation par des « mises ou Jevains ». L'expérience a montré que les deux époques les plus favorables pour ce travail sont le printemps et l’autonme.

Dans les premiers jours d'avril, on fait choix d’une plate-bande placée au pied d’un mur à l’exposition du nord; au mois de septembre, on prend l'exposition du levant; la terre doit être très perméable, plutôt légère que forte, afin d'éviter l’humidité. Profitant d’un beau jour, on ouvre, à0o",20 du mur, une tranchée ayant o",40 en largeureten profondeur; la longueur est déterminée par la quantité de blanc à produire. On rejette la terre du côté opposé au mur.

On prend dans un «plancher » du fumier amené à point, comme il a été dit à l’article « mise en ferméntation du fumier, page 38, et on en remplit la tranchée, sauf un espace de 0",80, qui est réservé à l’un des bouts, et dans lequel on commencera le montage de la couche. On monte la couche en prenant le fumier, le délitant et le secouant à la main, on tasse avec les mains et avec les pieds.

Lorsque la couche de fumier a 60",16 d’épaisseur, on place sur ses bords et à o",30 l’un de l’autre des lardons de blanc. Ces lardons sont placés au ras du fumier, sur la face du côté du mur, laquelle face doit être montée verticalement en s'appuyant contre la paroi de terre ; l’autre face ‘de la couche doit être légèrementinclinée vers le mur,en ménageant entre elle et la paroi de latran-

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