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de semences qui seraient nées de la fécondation d’une cellule par une cellule voisine, ou plutôt de la fusion de deux cellules en une seule.
Ces cellules-œufs naissent surtout quand les
conditions de végétation sont défavorables (séche-
resse, pénurie PCA : elles sont revêtues d’une membrane solide, MA qui les protège des agents extérieurs; aussi les considère-t-on comme les véritables semences de conservation de l'espèce (même pendant les périodes de végétation impossible), tandis que les spores seraient seulement des éléments de dissémination et de multiplication pendant que durent les conditions favorables.
Ceci nous expliquerait pourquoi nous voyons
apparaître des champignons de couche ou autres
dans des endroits qui n’en ont jamais produit et
- après des périodes telles, par leur sécheresse ou leurs conditions nuisibles, qu'aucune parcelle de
mycelium, aucune spore ordinaire n'auraient pu y vivre. C’est que, dans ces endroits, quelques
cellules-œufs ont pu être apportées par hasard et,
comme elles sont constituées pour résister aux agents extérieurs, elles ont pu traverser la période dangereuse sans perdre leur vitalité cachée, puis germer, quand les conditions sont devenues favorables.
En germant, la cellule-œuf, comme la spore, procure un mycelium qui se ramifie (c’est le thalle ou blanc de champignon). Le blanc donne le chapeau pédonculé qui donne des spores, des œufs, et cela recommence.
Le blanc. Ne ee
Le blanc de champignon n’est done pas une se= .menceé comme on à pu le croire, c’est la plante
Fig: b anc de champignon et champignons à
a ue Au centre, champignon formé.
ellé-même, avant fructification ou mn (fig. 5)
Si les champignonnistes et les jardiniers s’ en servent de préférence aux semences, c'est parce qu'ils gagnent ainsi un temps précieux. see quelques pincées de blanc dont on a planté une. couche, la fructification apparaît plus prompte- | ment qu'avec des semences. Pie
Les choses se passent ici comme dans la eue ture des plantes vivaces : en plantant une portion du rhizome souterrain d’une pivoine 4:
Pr]
Chine on a plus vite des fleurs qu’en semant une graine de cette même pivoine. La portion de rhizome (comme la portion de blanc) c’est
déjà la plante, et la graine, comme la spore, c'est l'œuf.
Il y a une autre-raison qui fait préférer le blanc à la semence de champignon, c’est que le blanc est visible et que, bien sec, il peut se conserver plusieurs années.
Cette conservation doit se faire au sec. Sion laisse le blanc exposé au grand air, à la lumière, à la pluie, il s’altère, pourrit et disparaît.
Plaçons quelques pincées de blanc dans du fumier convenablement préparé et décomposé à point, ni trop chaud, ni trop froid; lardons-en ce
fumier de place en place : bientôt le blanc entre
en végélation, il se gonfle, il se ramifie en un réseau enchevêtré de ‘détritus; des globules farineux paraissent à la surface de ce réseau; parfois, ces globules s’agglomèrent en une masse charnue, informe, qu’on a comparée à un 7'ocher. |
Laissons le blanc s'étendre sur le fumier, sans intervenir, on le verra s’accroître avec force, fructifier très imparfaitement, puis se gâter, maculant le fumier de taches noires, gluantes, restes de mycélium décomposé.
Pas plus que le blanc exposé à l'air, à Ja lumière, le mycélium ou blanc ne se trouve, ici, dans des conditions favorables.
Mais si, quand le blanc est dans toute sa force, bien épanoui à la surface du fumier, nous
le recouvrons d’une couche légère de terre, une nouvelle série de phénomènes va se produire : les filaments vont se tuméfier, ils viendront chercher l’air extérieur en traversant la couche de terre et leurs extrémités. offriront toute une série de granulatiqns, les unes rondes et du volume d’un grain de plomb; d’autres ovoïdes, d’autres encore de la forme d’une petite gourde qui font déjà pressentir la ligne de démarcation du chapeau et du pédoncule,
Fig. 6. — Spores de Psalliote tombant sur une feuille de papier : blane où on a posé ce champignon, r DIRE LAS
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Suivons un de ces germes : il se développe, prend un accroissement considérable et se présente sous la forme définitive de champignon : une courte tige coiffée d’un chapeau, tout cela cn un temps très court, qui a fait adopter ce. dicton : « pousser comme un champignon »..
Si au lieu de le récolter nous laissons le champignon considéré sur place, nous voyons bientôt toute croissance cesser: (c’est que Ja maturité est venue), puis une poussière comme impalpable se répandre tout autour, composée de milliers de semences ou spores (fig. 6) et enfin la tige, le chapeau. prendre une consis-
tance molle, s’abattre, puis tomber en décomposition : son évolution est terminée.
Quand le blanc a donné, non pas un, mais tous les champignons qu’il est susceptible de produire, il est arrivé au terme de son existénce; il périt à son tour. Le champignon a fructifié.
Et ce qui prouve bien, dit Lachaume, que l’évolution est terminée, c’est que les filaments qui ont émis des champignons deviennent inertes et improductifs, après l'apparition des dits champignons.
On sait très bien, dans les carrières de Paris, qu’une meule, après la récolte, est remplie de filaments, mais que ces filaménts replacés dans une meule neuve ne produiraient rien.
Perspective de cultures multiples.
Autre particularité du champignon de couche et de tous les champignons en général : ces végétaux, pour prospérer, ont besoin de vivre dans un milieu riche en débris organiques, fumier ayant fermenté, feuilles décomposées, bois mort ou mourant, etc. Et c’est cette manière dé vivre qui nous permet d'envisager la possibilité de cultiver tous les champignons comestibles quels qu'ils soient.
Nous verrons plus loin par quels procédés, parfois curieux, on est arrivé à produire certaines espèces comme lAgaric de Naples, lAgaric atténué, la Morille , le Pleurote du Panicaut, etc.