‹ Les champignons vénéneuxChapitre 10 sur 105 · IDE · texte numérisé non relu

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AMANITE PHALLO

(Oronge ciguë verte)

blanches, résultant de la décoloration des formes jaunâtres ou verdâtres; cette décoloration se produit sous l'influence du soleil, et aussi de la pluie. On peut observer aussi les cas d’une feuille restée adhérente à la cuticule, et alors, la place occupée par cette feuille a conservé sa couleur primitive jaune-verdâtre ou verdâtre.

La variété Ochroleuca FORQ est blanche, fouettée d’ 1Sébellé au centre. A ces diverses variétés, on peut ajouter la forme umbrina (FERRY, t. 4 f, 5). Ce n'est pas une variété; les diverses variétés jaunes, verdâtre ou olive, peuvent parvenir à ce stade, représentant un état plus avancé: cette teinte bistre survient avani qu'il y ait la moindre trace d’altération ni la moindre odeur.

Avant même qu'il se soit produit aucun signe de décomposition, on constate assez souvent ,dans cette forme, sur la surface du chapeau, de petites dépressions ou fossettes, analogues à celles qu'aurait pu déterminer le choc de grêlons; ce stade pourrait être désigné sous le nom de forme serobiculata“.

L'Agaricus insidiosus de LETELLIER paraît appartenir justement à cette forme umbrina, avec cette différence toutefois que par suite de l’âge ou des intempéries, le champignon aurait perdu son anneau.

L'AMANITA PHALLOIDES: SA DISTRIBUTION GEOGRAPHIQUE et ses DIFFERENCES DE POUVOIR TOXIQUE SUIVANT LES PAYS.

L'Amanita phalloïdes est répandue dans presque toute l'Europe. Elle devient rare à partir de la partie moyenne de la Suède.

Elle existe dans toute l'Amérique du Nord ,;mais il faut remarquer ici que la forme la plus répandue est l’A. phalloïdes entièrement blanche, par conséquent l'A. verna.

Quant à ce que les Américains appellent ses formes brunâtres ou grisâtres, elles ressemblent beaucoup plus par leurs caractères botaniques, à notre A. mappa qu’à notre A. phalloïdes (R. FERRY)".

Enfin, l'A. virosa, d'après ATKINSON, ne paraît pas exister aux Etats- Unis. Les formes américaines sont tout aussi toxiques et dangereuses que les formes européennes (voir partie toxicologique.)

W. FORD s’est seulement servi pour toutes ses expériences, que nous résumons plus loin, de la variété blanche (A. verna).

En 1904, H. STEINWORTH (1), dans le premier chapitre de son ouvrage relatif aux poisons des champignons, constate ce fait qu'aux environs de Hanovre, Amanita phalloïdes, Amanita pantherina, Russula rubra et Boletus Satanas ne sont pas toxiques.

KOBERT (?) signale également que dans l'Allemagne du Nord, vers les côtes de Baltique, l'Amanita phalloïdes n'est pas toxique. Il avait remarqué cette particularité sur des exemplaires d’A. phalloïdes présentant un stipe plein, aussi s'était-il demandé s’il n'y aurait pas une variété à stipe plein non toxique. Mais les exemplaires à stipe plein récoltés par Ferry (octobre 1910, St Dié), lui ont présenté une forte toxicité. Dans la littérature botanique nous trouvons un grand nombre d'espèces véné-

(1) H. STEINWORTH. — Neuere Beobachtungen über Vergiftungen durch ?flanzen

(Jahreshefte des naturw. Vereins für das Fürstentum Lunebourg, 1904, page 77. (2) KOBERT. Real-Encyclopädie der gesamten Heilkunde.

neuses, susceptibles de perdre leurs propriétés toxiques. Ainsi, parmi les phanérogames, on constate que la quantité de nicotine contenue dans les tabacs du nord de l'Europe est supérieure à celle renfermée par ces mêmes plantes, provenant du sud.

La digitale des Vosges (celle des montagnes) est beaucoup plus riche en principe actif que celle des plaines lorraines.

La nature du sol, le climat, l'altitude, la latitude, sont autant des facteurs agissant sur les plantes, en modifiant leur constitution, et par cela même leur pouvoir toxique.

OBSERVATIONS: Des recents travaux 1920-1921 nous ont appris (?) que l’Amanita phalloïde (au contact de l'acide sulfurique ordinaire) se colore en violet; la coloration est particulièrement intense sur les feuillets et sur l’épiderme; avec une dissolution de potasse il ne se produit rien tout d'abort puis on prévoit une coloration jaune assez intense. En plus de ces réactions des fragments du péridium ou du stipe traité par une goutte de sang frais (sang humain ou sang de mouton additionné de ferricyanure de potassium donnant au bout de quelques minutes une coloration noire aux Amanita phalloïdes et Amanita pantherina; le noircissement se produit aussi avec Amanita citrina mais il est moins intense. Dans les mêmes conditions les espèces suivantes ne donnent rien: Amanita caesarea, À. muscaria, À, vaginata, A. vaginata, fulva, A. strangulata.

En contact avec le chloroantimoniate de méthyle l'A. phalloïdes prend au bout de plusieurs minutes une teinte saumon pâle.

A. phalloïdes: Taxonomie et Synonymie.

A. phalloïdes (Vaill.) Fries, 1821, Quél. 1872.

Ainsi nommé, en suivant la règle adoptée par le Congrès de botanique de Bruxelles (1) 1910. Le point de départ pour la nomenclature des champignons (autres que les ÜUredinales, Ustilaginales et gastérales), est fixé aux dates du Systema Mycologicum de FRIES (1821); ainsi se trouvent écartés les noms spécifiques de: bulbosus, BULLIARD, virescens, VAIL- LANT, etc.

Le premier auteur qui ait donné à ce champignon un nom spécifique est FRIES. Dans son ouvrage intitulé Systema mycologicum, il l'appelle “Agaricus phalloides“, Le créateur du genre Amanita (provenant d'une section de l’ancien genre Agaricus) est en 1872, QUELET qui, le premier, dans son ouvrage: Champignons du Jura et des Vosges, a dénommé ce champignon, Amanita phalloides.

L'épithète de ,,phalloides“ a été empruntée à VAILLANT, qui est l'inyenteur de cette espèce l'ayant figurée dans son Botanicon Parisiense, t. 14, fig. 5, et l'ayant décrite par cette phrase: Fungus phalloides sordide virescens.

VAILLANT a emprunté ce nom à un herbier intitulé Cimelium regium.

R. FERRY a reproduit dans son ouvrage sur les Amanites mortelles, la

(1) Actes et C. R. des Sciences du Congrès International de Botanique, p. 160. (2) BARLOT: sur la détermination d'Amaniles vénéneuses à l’aide de réactions colorées. C. R. Ac. Sc. page 679, 1920.

figure donnée par VAILLANT, la première qui ait été publiée de l'Amanita phalloides FRIES:

Voici maintenant quelle est la synonymie de l’Amanita phalloides FRIES:

Agaricus virosus, Vittadini.

Hypophyllum virosum Paulet.

Amanita phalloides QuéL Jura et Vosges 1 p. 67.

ÂAgaricus vernalis Bolton t. 48.

Amanita viridis Pers. Syn. p. 251, et Traité des Champ. p. 181 t. 2 f£. 3.

L'Agaricus bulbosus de BULLIARD dont nous donnons la description, est une espèce collective qui contient d'autres espèces à côté de celles-ci:

Il y a dans BULLIARD de superbes figures de l’Amanita phalloideg dans sa planche 2, et de l’Amaunita verna, dans sa planche 108.

L'Amanita citrina de PERSOON (1) n'appartient pas à l’Amanita phalloides,

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