SE 82 LB
* Lactarius rufus Fr. (L. roux)
Agaricus rufus SCOP. Agaricus lactifluus necator PERS.
Ed. I. p. 247; Hussey I, t. 15; Paulet, t. 22 bis; Krombh. t. 39. f. 12-15: Vaill. Par. p. 61, n° 10.
Chapeau charnu, convexe, plus ou moins mamelonné, puis déprimé et concave, mais conservant toujours à son centre une légère proéminence, sec, d'abord floconneux-soyeux, bientôt glabre, un peu brillant, brun rougeâtre, marron clair ou chatain bronzé teinté de roussâtre, pâlissant à la fin, non zoné, à marge un peu floconneuse ou villeuse dans le jeune âge, roulé, puis plan, diam. 5-6 c. et plus. Feuillets nombreux, presque décurrents, Çà et là fourchus, jaune ochracé ou roussâtres. Pied plein, ferme, presque égal, un peu plus pâle que le chapeau ou roussâtre pâle, souvent un peu tomenteux à sa base, long. 3-4 c., épaisseur 1 c. Chair ferme, rougeâtre pâle. Odeur à peu près nulle. Lait blanc très âcre. Spore 10 x grenelée et blanche.
Habitat: A terre, dans les bois de pins. Automne. Suspect.
Toxicité. — Nous avons consommé ce champignon à maintes reprises sans éprouver de malaises. Sa qualité est douteuse, la chair n'est pas très fine. Il n'est pas vénéneux mais il n’est pas davantage à recommander aux mycophages. Doit être blanchi.
Le suc frais non cuit est toxique pour le cobaye et le tue en 8 jours (injection de 3 cc.). Accidents gastro-intestinaux chez le cobaye en ingestion (60 gr.) de suc non cuit. Cuit, le champignon n'est plus toxique pour le cobaye.
* Lactarius scrobiculatus SCOP. (L. en creux).
Ed. I, p. 334; Schaeff. t. 227; Krombh. t. 58, f. 1-6; Weinm. p. 37; Barla, t. 18, f. 3-6. In Oud. page 30.
Chapeau charnu, mou, convexe, puis plan, le centre déprimé, les bords renversés, enroulés et chargés de fibrilles laineuses surtout dans le jeune âge, jaune ochracé, jaune sale ou terreux, pâlissant au soleil, sans zones ou marqué de quelques zones concentriques, mat, humide ou wvisqueux, diam. 8-12 c. et plus. Feuillets nombreux, minces, blanchâtres ou jaunâtres, adhérents ou légèrement décurrents. Pied concolore au chapeau, robuste, court (4-5 cent. environ), creux, remarquable par les larges enfoncements orbiculaires qu'on observe à sa surface. Chair épaisse, d'abord blanche, puis jaune, Lait âcre, blanc, devenant jaune de soufre au contact de l’air. Odeur assez agréable. Spore 11 u citrine.
Habitat: A terre, dans les bois humides. Eté, automne. Ce champignon doit être considéré comme suspect; cependant nous devons dire que nous avons consommé (plusieurs personnes et nous), ce champignon sans éprouver aucun malaise. Le champignon avait été blanchi au préalable. Le suc de ce champignon frais n’est pas toxique pour le lapin ni le cobaye.
Ce champignon n’est pas à recommander mais il n’est pas dangereux après cuisson. ;
“** Lactarius torminosus (1), (L. aux tranchées) Agaricus necator, Bull, 589, f. 2; Agaricus piperatus, L. Schaeff. t. 12; Pers. Syn. p. 430; Bull. 1. 529.
Chapeau charnu, plutôt fragile, convexe, puis déprimé, décoloré et infundibuliforme, lisse, humide, visqueux, roux carné, roux pâle, légèrement orangé (quelquefois blanchâtre) obscurément marqué de zones concentriques d'une couleur un peu plus intense et couvert d'un duvet très épais à la marge qui est enroulée et comme bordée d'un chevelu fibrilleux abondant, diam. 4-8 c. et plus. Feuillets très nombreux, minces, étroits, un peu arrondis à la base, aigus à l'extrémité opposée, adnés décurrents, blanchâtres ou jaune sale très faiblement orangé. Pied plein, puis creux, égal ou un peu atténué inférieurement blanchâtre ou roussâtre, c'est-à-dire concclore aux feuillets mais plus pâle. Long. 6-9 c., épaiss. 2-8 c. Chair blanchâtre ou pâle, très ferme; lait blanc, très âcre. Spore de 8 u ocellée blanche.
Habitat: À terre, dans les bois, les friches, etc, solitaire ou en groupe. Eté, automne.
Ce champignon est donné comme malfaisant et même comme très dangereux; cru, il est un purgatif drastique très fort; quelques auteurs, cependant, s'accordent à dire qu’on peut le manger impunément.
Pour nous ce champignon est à rejeter comme vénéneux: il renferme un poison aigu pour le lapin et le cobaye (morts en quelques heures), toutefois la substance active est détruite par ébullition et cuisson. Produit parfois chez l’homme des troubles gastro-intestinaux graves. Présence d'une hémolysine et d’une agglutinine.
Voir Partie toxicologique (Distribution des hémolysines et agglutinires). ji
** Lactarius uvidus Fr. (L. humide) Batsch. Cont. 2 f. 202. Fries Obs. 2, p. 191.
Chapeau assez peu charnu, blanchâtre, grisâtre pâle, roux sale, incarnat livide ou fuvescent, comme maculé ou moucheté de petites taches humides rougeâtres convexe, puis déprimé quelquefois dans la vieillesse, sans zone, lisse, glabre, visqueux, à bords primitivement repliés, nus, bientôt droits, diam. 2-3 c. Feuillets adnés-décurrents, nombreux, minces, blancs ou blanchâtres, se tachant de lilas lorsqu'ils sont blessés (quelquefois aussi ils jaunissent à la fin). Pied plein, puis bientôt creux, visqueux, pâle, orné de petites fossettes jaunâtres, long. 2-3 c., épaiss. 1 c. Lait âcre, blanc, devenant lilas, ainsi que la chair, au contact de l'air. Spore de 10 x ocellée crème. Très suspect.
Habitat: A terre, dans les forêts humides. Eté, automne.
Cette espèce est dite toxique par BATAILLE. Elle tue le lapin et le cobaye. (Voir Partie toxicologique).
(1) Le Lactarius torminosus donne en présence d’une solution de polasse ou de soude une belle coloration orangée des tissus du chapeau. (Sartory-Sergent: Soc. Biol. de Strasbourg 1921.)