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champignons sont mangés le soir même. Le lendemain, ils éprouvent des envies de vomir, des défaillances. L'enfant meurt le deuxième jour, le père meurt peu après. La mère eut beaucoup de peine à se rétablir. Elle fut longtemps d'une pâleur extrême.
Il est à croire que deux événements de ce genre arrivés, l’un, en 1754, dans la famille de M. Henneguy, marchand de la rue Saint-Denys; l’autre, en 1765, dans celle de M. Chabert, musicien du prince de Conti, furent causés par des champignons de cette espèce.
GILLOT, dans sa thèse, indique 115 cas d’empoisonnement par l’Amanita phalloïdes, avec 73 morts, ce qui fait 63°).
LEWIN indique 80°h, et FALK (1) 75°).
Indépendamment de ces cas de GILLOT, ROCH a recueilli de son côté 381 cas, avec 188 décès, soit 490.
Il apparaît bien que les Amanites bulbeuses sont les plus dangereuses, et que ce sont elles qui occasionnent le plus souvent des empoisonnements mortels. |
Nous n'avons pas la prétention de citer dans cet ouvrage tous les cas d'empoisonnements phalliniens, nous résumerons seulement certaines observations d'auteurs, qui se sont occupés de cette question.
GOUDOT (2) accuse l'oronge blanche d'avoir fait 7? victimes, dont 3 moururent.
J. MICHEL (3) rapporte 4 cas, dont 1 mortel.
PLOWRIGHT (4) signale un cas très intéressant. Il s’agit d'un empoisonnement chez une homme qui aurait mangé cru, un tiers de chapeau d A. phailoïdes. Les accidents débutèrent 12 heures après l'ingestion, et la mort survint au bout de 20 heures. |
CHATIN (5), en 1881, fait une communication à l'Académie de médecine, et relate cinq empoisonnements mortels dus à l’oronge ciguë blanche.
FRIOT (6) relate trois cas d'intoxication avec 2 guérisons et 1 décès.
SCHRÔTER (7) nous fait connaître que sur douze empoisonnements par À. phalioïdes, il s'est produit 11 morts; seul un enfant de 11 ans survécut. Ce fait paraît d'autant plus curieux que les enfants sont très sensibles aux poisons des amanites. Peut-être n'avait-il mangé qu’un soupçon du plat criminel.
STUDER, SAHLI et SCHRÂADER (8) publient des observations sur + cas d'empoisonnement par À. bulbosa alba. Il y eut 2 décès, 2 enfants de 9 et 11 ans, alors que père, mère et 3 enfants de 10, 12 et 14 ans résistèrent.
Dans un fait rapporté par HANDFORD, un homme robuste succomba après avoir ingéré 100 grammes d'Amanita phalloïdes (poids de deux ou
(1) FALK. Handbuch der gesamten Arzneimittellehre I, p. 282.
(2) GOUDOT. Empoisonnement par les champignons. Union médicale, 1852, IV, p. 466.
(3) J. MIXHEL. De l’empoisonnement par les champignons. = Gazette hebdomadaire de Médecine et de Chirurgie, 20 octobre 1876, p. 657.
(4) C. B. PLOWRIGHT. Case of fatal fungus poisoning by Amanita phalloides. The lancet, 1879, II, p. 941.
(5) CHATIN. Rapport sur des cas d’empoisonnement dus aux champignons oronge ciguë blanche, Bull. Ac. de Méd. 2 séries, X, 1881, p. 180.
(6) A. FRIOT. Empoisonnement par les champignons, Mémoire de la Société de Médecine de Nancy, 24 déc. 1884, p. 58.
(7) SCHRÔTER. Bericht über Vergiftungen durch die Pilze in Schlesien bis zum Jahre 1880, Breslauer Aerztl. Zeitschrift 1883, XIV, p. 149.
(8) STUDER, SAHLI, SCHÂRER, Beiträge zur Kenntnis der Schwammvergiftungen, Mitteilung der Naturforscher-Gesellschaît v. Bern, 1884-1885, M. C. III, p, 77. — SAHLTet SCHÂRER, Corresp.-Blatt für Schweiz. Aerzte, 1884, p. 255.
trois pieds). Sa fille, âgée de 3 ans, mourut après avoir mangé seulement la moitié d’un de ces champignons (1).
Un jeune chat, qui n'avait fait que ronger un morceau d'Amanite bulbeuse, en est mort au bout de cinq jours (F. CORDIER).
VAN BAMBEKE (2) donne 2 cas, 2 morts, qu'il attribue à Amanita bulbosa ou citrina.
En 1892, 1894, 1896 et 1897 (Voir Index bibliographique), M. BOUR- QUELOT signale de très graves enmpoisonnements par Amanita phalloïdes, à Jurançon (Basses-Pyrénées), à Plancher-les-Mines, et nous donne de très intéressants détails sur un empoisonnement survenu à Munich en 1894, toujours par l’oronge cigué verte.
PARONA (3) signale des accidents sérieux dus à l’Amanita phalloïdes, var. citrina, cette espèce n'aurait causé que trois indispositions très sérieuses sans décès.
TAPPEINER (4) rapporte 8 cas et 2 décès.
HEGI (5), dans un mémoire très documenté, rapporte 4 cas avec 3 morts: un garcon de 10 ans, une fille de 13 ans et un garçon de 15 ans. Un adulte de 39 ans se rétablit.
GUILLAUD, RONDOT et LAFARGUE (6) signalent le cas terrifiant de l'orphelinat Saint-Louis, près de Bordeaux. Trois adultes et un enfant résistèrent et guérirent; 11 enfants périrent.
H. SCHMIDT (7) a observé 3 cas: deux adultes ont pu résister, 1 enfant est mort après 48 heures de souffrances atroces.
BARABO (8) a vu six personnes empoisonnées, 1 seul décès, un enfant de 9 ans.
MOERS (9) relate 11 observations avec 3 décès d'enfants.
HARLAY (10) rapporte le cas d'une famille de 4 personnes, toutes irès soufirantes; seul, un enfant (le cadet) succomba.
REMPICI (11), en Italie, a vu six malades, dont 3 succombèrent.
TROTEANU (12), en Roumanie, signale 6 malades et 5 morts.
(1) HANDFORD. Fatal case of mushroom poisoning. The Lancet, 27 nov. 1886, p. 1018. Voir aussi Sanitary Record, 1880, d'après le Dr. Richardière. Traité méd. Charcot Bouchard {intoxicat.) Chap. VI, t. Il, 1892, p. 657.
(2) VAN BAMBEKE. Notes sur les champignons qui ont provoqué les cas d'empoisonnements observés par le Dr. Pregaldino, Ann. de Médecine de Gand, octobre 1888, p. 211.
(3) E. PARONA. Tre casi ài veneficio per funghi. Gionale della Soc. d’Igiene, 1894, p. 25.
(4) TAPPEINER. Bericht über einige im August und September 1894 in München vorgekommene Schwammvergiftungen, Münchener med. Wochenschrift, 1895, p. 188.
4 (5) A. HEGI. Ueber Pilzvergiftungen. Deutsches Archiv für klinische Medizin, 1899, XV, p. 385.
(6) GUILLAUD, RONDOT, LAFARGUE. Les empois. par les champignons. Revue sanitaire de Bordeaux et du Sud-Ouest, 10 déc. 1884, II, p. 26.
(7) H. SCHMID. Drei Fâlle von Pilzvergiftung. ‘Therap. Monatshefte, 1900, p. 51, Aerztl. Mitt. aus und für Baden, 1900, LIV, 11-12.
no BARABO. Sechs Fälle von Pilzvergiftung, Münchener med. Wochenschrift, 1900,
(9) MOERS. Drei Fälle von Vergiftung mit Knochenblätterschwamm (A. phalloides). Zeitschrift für Medizinalbeamte, 1903, XVI, p 412.
(10) V. HARLAY. Empoisonnement par l'Amanite phalloïide à Flize. Bull. trim. de la Soc. Mycol. de France, 1905, XXI, p. 107.
(11) G. REMPICIL Sopra due serie di casi di avvelenamento per funghi. Boll. della R. Accad. med. di Roma, 1901, XXVIIL.
(12) V. TROTEANU. Spitalul, 1900, XXIX, p. 441. Analyse dans les Schmidt's Jahrbücher CCCVI, p. 254.
LABESSE (1) signale et 1902, trois observations intéressantes, deux du docteur CHARDONNEAU, et une du docteur LEBRETON. Il y eut un décès. |
ROLLAND (2?) donne la même année une relation de 7 accidents dont 3 mortels occasionnés par l’A. mappa.
V. et X. GILLOT (3) signalent aussi en même temps plusieurs cas don l'un avec 6 personnes (3 décès) et l’autre avec 3 personnes (3 décès) que les champignons eussent été passés par précaution à l’eau bouillante vinaigrée.
SOUCHE (4) relate 6 cas avec 24 malades et 12 décès. Le cas le plus frappant est celui de 4 enfants qui avaient mangé un seul exemplaire d'Amanita phalloïdes: Résultats, 3 morts.
X. GILLOT (5) en 1905, apporte encore 2 cas dont 1 mortel. Les phalloïdes avaient été récoltées pour des Russules vertes.
En 1905, PLOWRIGHT (6) signale à nouveau 5 cas d'empoisonnement par les champignons dont 3 mortels.
L. MAGNIN (7) cite le fait suivant: 6 personnes mangèrent de l'A. eitrina:; 4 moururent, 1 fut malade et, chose bizarre, le sixième n'éprouva aucun malaise.
H. KLINGER (8) publie 12 cas; 2? mortels (enfants).
En 1908, ROTHMAYR (9) annonce qu'en Allemagne il y eut 17 décès sur 85 malades.
L. MASSE (10) signale 1 décès et 1 empoisonnement simple ainsi que MENIER (11). Ce dernier relate que trois chattes qui avaient goûté aux restes du plat succombèrent toutes trois.
PLOWRIGHT (12) signale encore 9 observations d'un empoisonnement collectif survenu à Ipswich (Suffolk). Les champignons avaient été séchés à une duce chaleur et incorporés à la soupe; 3 personnes qui n'avaient fait que goûter au plat survécurent, les 6 autres succombèrent.
GALOIS (13) en 1910 donne 2 cas, dont un concerne un homme de 48 ans, déprimé et alcoolique, qui succomba.
En 1911, GUEGUEN (14) fait une étude sur trois cas multiples d'em-
(1) P. LABESSE. Intoxication par les champignons en Maine-et-Loire (Anjou médical, 1902.
2) ROLLAND. Empoisonnement par les Amanites de 7 ouvriers italiens; 3 morts. Bull. trimestriel de la société mvycologique de France, 1902, XVIII, p. 417.
(8) V. et X. GILLOT, Empoisonnement par les champignons. Ibid., 1902, XVIII, p. 35.
(4) B. SOUCHE. Enquête sur les cas d'empoisonnement par des Champignons relevés dans les journaux en 1903. Bull. trimestriel de la société mycologique de France, 1904,, XX, p. 40. |
(5) X. GUILLOT Empoisonnement par l'Amanite phalloïde. Utilité des tableaux sco=, laires. Ibid., 1905, p. 58. |
(6) C. B. PLOWRIGHT. Remarks on poisoning by fungi, Amanita phalloides. British | med. ne 1905, IT, p. 541. |
(7) L. MAGNIN. A propos de la valeur alimentaire de l'Amanita junquillea. Bull. tri | mestriel de la Soc. Mycol. deFrance, 1906, XXII, p. 275.
(8) KLINGER. Ueber Pilzvergiftung. Wiener. Klin. Rundschau, 1906, XX, p. 636.
(9) J. ROTHMAYR. Essbare und giftige Pilze der Schweiz. Luzern, 1909, p. 30.
(10) L. MASSE. Empoisonnement suivi de mort, par Amanita phal: ides tràs probable: | ment. Bull. trimestniel de la Soc. Mycol. de France 1908 XXIV, p. 273. |
(11) M. MENIER. Empoisonnement par Amanita phalloides à Noirmoutier (Vendée): Ibid., p. 68.
(12) C.-B. PLOWRIGHT. Empoisonnement par Amanita phalloides. Ibid., p. 71.
(13) GALLOIS. Intoxication par les champignons. Deux cas, l’un mortel et l’autre non suivi de mort. Bull. trim. Soc. Mycol. de France, 1910, XXVI p. 415.
(14)F. GUEGUEN. Trois cas multiples d’empoisonnement par l’Amanite phalloïde, 33 vietimes, 12 décès. Bull. trim. Soc. Mycol. de France, 1912, XXVIII, p. 60. |
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