ISI
lution d'hydrate de sodium dégagent des vapeurs ayant l'odeur de méthylamine.
En ce qui concerne le soufre, son union paraît très ferme. On n'arrive pas à le séparer même en le faisant bouillir avec des alcalis forts.
Les matières albumineuses se révèlent facilement par cette réaction et. comme W. FORD n'a pu en outre obtenir la moindre trace de noircissement sur un papier imprégné d'un sel de plomb, il ne peut affirmer que son produit n'est pas contaminé par suite de la présence de matières albumineuses. Quand on soumet ce produit pendant 15 minutes avec une solution à 25°/o d'HCL, il réduit la liqueur de Fehling ainsi que la solution de nitrate d'argent ammoniacale. Le sucre dont la présence est ainsi décelée est un pentose (1).
L'hémolvsine de FORD est donc un glucoside.
Action du suc gastrique et du suc pancréatlique
Si à un extrait d'A. phalloïde, on ajoute de l'acide chlorhydrique très étendu (3 gr. d'HCL pour 1 000 d’eau) et qu’on place ce mélange pendant deux heures dans un thermostat à une température de 37%5, on constate que l'extrait a perdu ses propriétés hémolytiques. Si l'on prend soin d'ajouter à ce mélange de la pepsine, même constatation. Résultat identique avec le suc pancréatique.
Extraction et propriétés chimiques de l’Amanita-toxine (2)
Préparation de l'extrait alcoolique: 100 grammes de champignons sont desséchés par évaporation de l’eau à l’aide de l'acide sulfurique, puis pulvérisés et la poudre triturée avec 300 cc. d'alcool éthvlique à 65. Le résidu est deux fois traité de la même manière et enfin mêlé à 100 ce. d'alcool de même concentration et abandonné au repos jusqu'au lendemain.
Le liquide provenant de ce dernier épuisement est réuni avec les trois premières fractions faisant ainsi un total de 1.000 ce
Après neutralisation par le carbonate de soude, l'extrait est évanoré en diminuant la pression atmosphérique, de manière à chasser tout l'alcool et à ramener le volume restant à 150-200 ce.
Précipitation des matières étrangères par le nitrate d'argent: Après filtration, la solution est rendue légèrement alcaline par du carbonate de soude et traitée avec solution à 15°) de nitrate d'argent. Il se forme un volumineux précipité qui ne renferme pas la substance toxique du champignon.
Précipitation de matières étrangères par l’acétate basique de plomb: Le liquide filtré est débarrassé d’un léger excès d'argent par le chlorure de sodium. Le liquide, qui a alors une réaction neutre, est traité par une solution d’acétate basique de plomb préparée suivant la méthode ordinaire. Il se produit un précipité (non toxique) qui est écarté par filtration.
Le liquide filtré est traité par un excès d’une solution saturée de sulfate de soude afin de le débarrasser du plomb. On filtre.
Précipitation de l’amanita-toxine par l'acide phosphotungstique: Au
à (1) ABEL et FORD. On the poisons of A. phalloides, 1907, p. 285 et 286. (2) ABEL et FORD. Further observations on the poisons of A. phalloides, Leipzig, 1908; On the poisons of A. phalloides, 1907, from. the Journal of biological chemistry, 1907.
liquide filtré, on ajoute un faible excès de l'acide phosphotungstique (s0olution à 10°% d'acide phosphotungstique dans de l'acide sulfurique à 5°).
Décomposition de cc dernier précipité par la baryte: Le précipité obtenu est décomposé par la baryte et le liquide filtré, contenant un léger excès de baryte, est neutralisé par l'acide sulfurique. Le précipité de sulfate de baryte est écarté par filtration et le liquide filtré est reconnu contenir la substance toxique. Ce liquide administré à des lapins et des cobayes (en injections sous-cutanées) est fortement toxique. 1cc contenant (0.004 gramme du matériel tue les animaux en 24—48 heures avec les symptômes aigus et les lésions de l’Amanita-toxine.
Le précipité provenant de la précipitation du liquide par l'acide phosphotungstique est décomposé par l'hydrate de baryte et la liqueur filtrée, contenant le résultat de cette décomposition, est de nouveau précipitée avec l'acide phosphotungstique; toutefois, en procédant par fractionnement, deux précipités fractionnés d'à peu près même volume sont succes: sivement obtenus (1).
Ces deux précipités sont de nouveau décomposés avec l’hydrate de baryum et l'excès du métal est enlevé par l’acide sulfurique.
Les deux solutions ainsi obtenues sont traitées par le nitrate d'argent pour se débarrasser encore de quelques impuretés.
Les liquides filtrés sont traités avec une solution de chlorure de sodium pour se débarrasser de l’excès d'argent et sont ensuite précipités par l'acide phosphotungstique. Ces précipités ainsi obtenus sont décomposés par l'hydrate de baryte et l'excès de baryum est enlevé par l'acide sulfurique Postérieurement, en 1908, ABEL et FORD (2) ont ajouté quelques perfectionnements à cette méthode.
En essayant les deux solutions ainsi préparées. on constate que la plus | srande partie de la substance toxique existe dans la solution qui provient L de la seconde portion du précipité obtenu par l’acide phosphotungstique. M Un centimètre cube de cette solution, contenant 0.0042 gramme de matières « organiques, administré en injection sous-cutanée à un lapin de 2 kilos suffit pour le tuer en 24 heures avec les lésions habituelles de l’empoisonnement par l’Amanite. il
Avec ce produit toxique ainsi purifié, SCHLESINGER et FORD ont pu : établir les points suivants relatifs aux propriétés chimiques de L'Amantss . toxine. J'EN
Propriétés chimiques de l’Amanita-toxine: Cette substance ds très | soluble dans l’eau, moins dans l’acool à 80°, très peu dans l’accol absolu, même bouillant. Elle est insoluble dans l’éther, les huiles fixes ou essentiel-« les, etc. Sa solution aqueuse est inactive au point de vue optique. C'est à un corps stable, qui peut supporter l’ébullition pendant quelque temps en solution dans l’eau et aussi dans l'alcool absolu, sans subir une grande diminution dans son pouvoir toxique; il n’est que très lentement altéré par les acides à la température de la chambre, retenant sa toxicité pendant
(1) L'emploi de cette méthode repose sur ce fait, c'est que la toxine se précipite seule ment vers la fin de la précipitation par l'acide phosphotungstique. Si donc on arrêtêe la précipitation alors que la moitié seulement de l'acide phosphotungstique nécessaire puur la réciitation a été employée, on aura un premier précipité qui ne contiendra que des ma tières étrangères et qu'on séparera par filtration, tandis que la seconde moitié de l'acide \ phosphotungstique déterminera un second précipité qui contiendra la toxine.
(2) ABEL et FORD. Further observations on the poisons of A. phalloides, p. 14, 1908.