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CHAPITRE VIII

DISTRIBUTIONS DES HEMOLYSINES, AGGLUTININES ET POISONS CHEZ LES AMANITES, ENTOLOMES, LACTAIRES & INOCYBES

C'est encore à W. FORD que nous devons ces beaux travaux. Nous donnons ici un résumé de ces recherches et nous ajoutons quelques données personnelles sur les hémolysines contenues dans les champignons.

W. FORD (1) avait reçu des membres du Boston Mycological Club, un grand nombre d'espèces fongiques bien déterminées et séchées avec soin (2).

Méthode de travail. — La plante séchée est mise à macérer dans l’eau ou la solution physiologique de sel dans la proportion de 1 gr. pour 10 et l'extrait filtré après 18 heures de contact en présence de la glace pour èviter la fermentation. Si la liqueur est acide elle est neutralisée par Île bicarbonate de soude.

L'extrait est essayé sur le sang de lapin, de cobaye, de volaille ou d'homme indistinctement pour la recherche des hémolysines et agglutinines. |

Ensuite un chauffage d’une demi-heure à 60-65° détermine si ces substances sont détruites.

La solution chauffée est alors injectée sous la peau de cobaye à la dose de 3 à 5 cc. suivant le poids.

Si l'extrait se révèle toxique, il est injecté au lapin. Quand il s'agit d'espèces réputées toxiques, l’inoculation est faite d'emblée au cobaye et au lapin.

Lorsque l'extrait se montre toxique, il est bouïilli pendant une demiheure et réinjecté pour déterminer l’action destructive ou non de l'ébullition. Enfin, pour les espèces toxiques bien connues, À. phalloïdes, À. muscaria, Lactarius torminosus, les échantillons sont cuits et le jus essayé sur les globules et sur l’animal.

Ces dernières conditions de préparation furent imitées de celles en usage en cuisine. Les échantillons furent cuits dans assez d'eau pour les empêcher de brûler et coupés ou non en petits morceaux. La cuisson eut lieu dans une casserole à feu nu et pendant une demi-heure chauffés à douce ébullition où bouillis violemment; la température à laquelle le maté-

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riel fut porté, variait entre ?o° et 95. Après cuisson, le tout fut pilé au fl

mortier, mis à macérer une nuit sur la glace et essayé sur le sang et sur

l'animal. | Alors que la majorité des espèces contiennnent un poison agissant e

quelques jours, certains causent un amaigrissement chronique et la mort

en 18-20 jours.

(1) W. FORD. The distribution of hæmolysins, agglulinins and poinsons in fungi, es pecially the amanitas, the entolomas, the lactarius and the inocyvbes (From the Laboratory of hygiene and Bacteriology John Hopkins University). Journ. of pharm. and Exp

Therap., t. 2, 1910, p. 285.

(2) M. RADAIS a bien voulu nous confier les mémoires originaux de W. W. FORD. f

Nous sommes heureux de pouvoir le remercier encore une fois.

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Amanita phalloïdes BULLIARD

Il est démontré que l’Amanite blanche (White) ou mortelle (deadly), contient une puissante hémolysine agissant sur le sang et détruite à 60-65° en une demi-heure.

Sa composition chimique (ABEL et FORD) est celle d’un glucoside avec

Crr48:93 HR GO N = 10.93) CHH6N11S2052 Mr LOU AN UP #2 CPS 0 2

Cette substance, détruite par la chaleur et les ferments digestifs ne doit pas intervenir dans les accidents fongiques chez l’homme. L'espèce

. doit sa toxicité habituelle à l'Amanita-toxine que SCHLESINGER et FORD

ont isolée et que KOBERT à obtenu en extrait alcoolique de la plante.

Même conclusion pour Amanita virosa et verna.

On ne trouve pas d'hémolysine dans Amanita porphyria ALBERTINI et SCHWEINITZ, A. strobiliformis VITTADINI, A. radicata PECK et À. chlorinosma PECK, mais ces espèces intoxiquent l'animal comme l’Amanita phalloïdes bouillie et semblent devoir leur toxicité à l'Amanitatoxine.

FORD avait avancé que ces solutions d'Amanita-toxine perdent de la toxicité en bouillant, mais SCHLESINGER et FORD ont montré que cette perte est faible.

On a essayé si A. phalloïdes bouillie garde son action toxique.

10 gr. de plantes recueillies pendant l'été de 1910, sont bouillies une demi-heure dans 100 gr. d’eau. Température: 70-98 c.

Après macération d'une nuit en glacière, le jus est exprimé et filtré et donne 40 cc. de liqueur brune ayant l'odeur de la plante.

Cet extrait n'est pas hémolytique mais très toxique pour l'animal. 5 ce. tuent le cobaye de 385 gr. en une nuit, et un autre de 420 gr. en 4 heures. Le lapin de 1.035 gr. périt en 18 heures.

Donc, en principe, l'amanite bouillie perd son pouvoir hémolytique, mais garde sa toxicité. Ce sont les conditions des empoisonnements par les champignons cuits.

Amanita muscaria L.

L'action sur les centres nerveux est manifeste, l'animal meurt en con- - vulsions. Mêmes symptômes chez l'homme, mais la survie jeut se pro- - duire surtout si on administre l’atropine. La muscarine de SCHMIEDE- BERG et POKKE a pour formule C5H#NO*.

| - La toxicité de l'extrait, après neutralisation par l’atropine, a conduit HARMSEN (1904. Arch. f. exper. Pathol. u. Pharm. I, p. 361) à supposer un second poison. | FORD y a trouvé hémolysine et agglutinine.

Sauf le fait que l'hémolysine est soluble dans l'alcool, on connaît peu ses propriétés.

L'agglutinine appartient aux glucosides: on la retrouve dans toutes les À. muscaria typiques dont l'injection sous-cutanée d'extrait produit la mort avec convulsions typiques. On peut se demander si la présence

simultanée de l’agglutinine et de la muscarine n'est pas une caractéristique de l'espèce A. muscaria.

Des opinions contradictoires concernent les propriétés comestibles de A. muscaria. En général, l'espèce est considérée comme toxique; toutefois, on cite des cas d’ingestion sans empoisonement, et le cas des paysans du Caucase qui l'emploient en condiment et en breuvage enivrant, n’a pas | été expliqué. Il se peut que les Amanites russes soient peu riches en muscarine.

Pour déterminer l’action de la chaleur sur le poison, FORD chauffe 7 gr. de champignon sec une demi-heure dans 200 cc. d’eau, à feu nu, à 950.99 avec ébullition violente. Après macération d'une nuit en glacière et filtration, l'extrait n'a d'action ni sur le sang, ni sur l'animal, l’agglutinine et la muscarine étant détruites (broken down).

Les échantillons du même lot ont été préparés par la méthode usuelle; 5 cc. d’un extrait de 5 gr. dans 80 gr. d'eau tue en 2 heures le cobaye de 270 gr.

Cet extrait a été chauffé au bain-marie 15 minutes et une demi-heure, et dans les deux cas a tué le cobaye à la dose de 5 cc.

On ne peut que conclure que dans certaines conditions, la cuisson de A. muscaria peut lui faire perdre sa toxicité.

Note. — Chez quelques cobayes morts par À. muscaria, on a remarqué d’abondantes hémorragies dans les parois de l'estomac et des amas de sang dans l'estomac même. Ce cas est rare dans ces sortes d’intoxication chez les animaux et chez l’homme.

Le champignon contient sans doute un principe thermostabile agissant sur les parois vasculaires, ou bien la muscarine a quelque pouvoir destructit sur l’endothélium des vaisseaux outre son action sur les centres nerveux.

Amanita rubescens PERSOON Contient: une puissante hémolysine, pas d'Amanita-toxine. Comestible. Amanita spreta PECK. |

Petite quantité d'hémolysine et faible dose d'A. toxine. L'extrait chauffé est toxique pour le cobaye, non pour le lapin .

A. frostiana PECK

Ressemble à A. muscaria. Contient de l'hémolysine, mais pas de muscarine. Non toxique pour l'animal.

A. Morissii PECK.

Petite quantité d'hémolysine et de toxine.

A. citrina PERSOON

Contestation sur la nature. Serait la variété jaune de A. phalloïdes. | Pas d'hémolysine ni agglutinine. Au début, toxique pour les cobayes et les lapins avec intoxication aiguë ou chronique. Après quelques mois, toxique pour le cobaye, non pour le lapin. Après ébullition pas d'action sur les animaux. ;

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