CONSIDERATIONS GENERALES SUR LES HEMOLYSINES ET AGGLUTININES
Hémolysines
Les recherches antérieures et actuelles de VW. FORD établissent l'existence d’hémolysines en grande quantité dans Amanita phalloïdes, virosa, verna et rubescens, en quantité moindre dans À solitaria, muscaria, frostiana, spreta, Morrissii.
Toutefois À. spreta offre fréquemment une hémolysine aussi puissante que celles d’A. phalloïdes et virosa.
Ces hémolysines sont détruites en une demi-heure à 60-65. Elles s’altèrent rapidement en solution et dans le tissu desséché.
On trouve des hémolysines peu actives et détruites à 60-65° dans Clitocybe multiceps, Lactarius torminosus, Hygrophorus pratensis var. cinereus et var. albus, Hygrophorus marginatus. Inocybe infelix, Galera tenera et Naucoria firma.
L'hémolysine est thermolabile et abondante chez Lactarius torminosus. Elle est thermostabile chez Inocybe infelix et Naucoria firma.
Agglutinines (Travaux de W. FORD)
Nos connaissances sur les agglutinines des plantes ont pour origine les travaux de KOBERT et de ses élèves sur les ricine, abrine, crotine, robine, etc.
On a retrouvé des corps semblables chez quatre napilionacées (LJAND- STEINER et ROBITSCHECK) et chez six Datura (EISLER et PORTHEIM). Ces auteurs ont expérimenté sur 99 plantes. Ces dix agglutinines isolées ne sont pas toxiques pour l'animal.
FORD avait déjà signalé les agglutinines de Amanita solitaria et A. muscaria. QE
Il v ajoute celles de Clitocybe multiceps Hyagrophorus hypoteyus et parvulus, Entoloma sinuatum et Boletus paluster qui sont thermolabiles à 60-65° et celles de Lactarius torminosus, Hygrophorus pratensis var. albus, FH. conicus, Entoloma nidorosum. Inocvhe infelix, Flammula betulina, Naucoria firma et Hypholoma cernua qui sont thermostabiles comme celles de À. muscaria.
L'agglutination des hématies est la même pour toutes. Les corpuscules se rassemblent et l’agglomération n’est détruite que par violente agitation.
Il n'y a rien de connu sur la nature chimique de ces substances qui doivent représenter des produits du métabolisme de la nutrition. Les agglutinines thermostabiles du type muscaria, ne sont pas des protéides coagulables, car après coagulation par chauffage, le liquide filtré a gardé ses propriétés agglutinantes.
En certains cas, l'agglutination est accompagnée ou suivie d'hémolyse. Mais les deux actions sont produites par des substances différentes: la simple dilution peut éliminer l'action de l’'hémolysine en laissant subsister celle de l’agglutinine; sauf de rares cas où l’hémolysine résiste à 60-65, l'extrait chauffé reste agglutinant.
L'hémolysine se détruit plus facilement que l’agglutinine et de vieux extraits ne montrent plus que l’agglutination.
De vieux échantillons donnent un extrait seulement agglutinant alors que les récents présentent les deux propriétés. Parfois, comme pour A. muscaria, l'agglutinine peut résister à la dessiccation pendant plusieurs années.
Aucune de ces agglutinines ne peut être activée par la lécithine ou par d’autres substances, comme peut s'activer un sérum hémolytique chauffé.
TABLEAU indiquant la présence ou l'absence d'Hémolysine
dans les champignons soumis à l'expérience
Amanita
Amanita phalloïdes FR. (H,).
— verna LAM. (4).
— virosa FR. (H,).
— porphyria ALB. et SCHW. (N. H.).
— citrina SCHÆFF. (H)).
— crenulata PECK. (N. H.).
a spreta PECK. (petite quantité d'H. [W. FORD].
— chlorinosma PECK. (N. H.) [W. FORD!..
Le pantherina de C. (H.).
— mappa Q. (H).
— muscaria L. (H. quand elle est un peu vieille, N. H. a l'état jeune).
— radicata PECK. (N. H.) [W. FORD)
— rubescens PERS. (H).
— junquillea Q. (N. H)).
— : frostiana PECK. (H) [W. FORD!
— Morissii PECK. (H) [W. FORD].
— strobiliformis WITTAD. (N. H.) [W. FORD] Amanitopsis volvata PECK. (N. H,).
Armillaria Armillaria mellea VAHL. (H.).
Boletus
Boletus ervythropus PERS. (N. H)).
— clintonionus PECK. (N. H.).
— cavipes KALCHBR. (N. H.).
— paluster PECK. (N. H.).
— chrysenteron FRIES (N. H.).
Cantharellus
Cantharellus cibarius FRIES (N. H.).
Craterellus
Craterellus cornucopioides L. (H.).
Clitocybe laccata SCOP. (H.).
— compressipes W. FORD (N. H.).
— illudeus SCHW. (N. H).
— multiceps PECK (N. H.). [W. FORD].
Clavaria Clavaria formosa PERS. (N. H,).
Cortinarius Cortinarius Morissii PECK. (N. H.). [W. FORD. | Enioloma
Entoloma lividum BULL (N. H.).
— salmoneum PECK. (N. H.).
— strictius PECK (N. H.).
—— cuspidatum PECK. (N. H.).
— nidorosum FRIES (N. H..
— rhodopodium FRIES. (N. H.).
—— sinuatum FRIES (N. H.).
Flammula
Flammula betulina PECK {N. H.) [W. FORD].
Gyromitra Gyromitra esculenta PERS (H.).
Galera Galera tenera SCH. (H.).
Hydnuüm Hydnum repandum L. (H.).
— imbricatum L. (N. H.).
Hygrophorus
Hygrophorus pratensis PERS (N. H.).
| = marginatus PECK. (H) [W. FORD!
— hypothevus FRIES. (N. H.).
— niveus FRIES. (N. H.).
— lætus PERS. (N. H.).
— parvulus PECK. (N. H.) [W. FORD|..
— Queletii FRIES (H..
— squalida PECK. (N. H.).
Hypholoma
Hypholoma fasciculare HUDS. (H).
— instratum BRITZ. (N. H).
— cernua (N. H).
Inocybe Inocybe infelix PECK. (H) [| W. FORDI!.
Lactarius Lactarius piperatus SCOP (N. H,).
—— theiogalus BULL. (H.).
= zonarius BULL. (H.).
—— torminosus PAUL (H.).
— uvidus FRIES (N. H,).
Lepiota Lepiota procera SCOP. (N. H.).
Morchella Morchella esculenta PERS. (N. H.).
Naucoria
Naucoria firma PECK. (H) [W. FORD].
Otidea Otidea onotica (H.) Panasolus Panaeolus relirugis FRIES (N. H.).
Plourotus Pleurotus porrigens PERS (H.).
Phailus Phallus impudicus L. (H.).
Russula Russula emetica SCHÆFF. (H.).
Stropharia Stropharia aeruginosa CURT (H.) [7].
Tricholoma Tricholoma nudum BULL. (H.).
sulfureum BULL (H.).
— rutilans SCHÆFF. (H.).
— saponaceum FRIES (H.).
— ustale FRIES (N. H.).
Volvaria
Volvaria gloiocephala DE CAND. (H.).
— speciosa FRIES. (H.).
— virgata GILLET. (H.).
— viperina FRIES. (H.).
N. B. Sauf pour les espèces exotiques que W. FORD a utilisées, nous avons pu pour les autres espèces déceler ou contrôler la présence ou l’absence d’une hémolysine. Ce tableau résume nos recherches.
La lettre H. signale la présence de l'hémolvsine.
Les lettres N. H. indiquent que le champignon ne contient pas d’hémolysine.
Œ CR Em à |