‹ Les champignons vénéneuxChapitre 67 sur 105 · Dilatation de la vessie remplie d'urine · texte numérisé non relu

Dilatation de la vessie remplie d'urine

SAHLI et SCHAÂRER (1884-1885) de Berne (3), donnent une série de détails intéressants sur l'Amanite phalloïde (études botanique, clinique et pathologique). Ils arrivent aux mêmes conclusions que MASCHKA. Ils appellent l'attention sur une nécrose étendue et une dégénérescence graisseuse du foie, des reins, du coeur, des muscles soumis à l’action de la volonté.

MASCHKA a vu ces lésions dans trois cas sur sept, mais il ne les considère pas comme essentielles. TAPPEINER est de cet avis. Mais la confirmation la meilleure des observations de MASCHKA, DE STUDER, SAHLI et SCHÂRER et de TAPPEINER a été fournie par MOERS (4), qui a examiné les organes de trois individus morts empoisonnés par À. phalloïdes en y recherchant l’arsenic, le phosphore et la muscarine. Ces trois substances faisaient défaut, de telle sorte qu'il est certain que les lésions constatées après la mort étaient dues à cette amanite. Dans les cas qu'il observa, MOERS constate au microscope les mêmes lésions que ses prédécesseurs. À

On peut dire en résumé que les lésions produites chez l'homme ne comprennent en général que les lésions déterminées par l’Amanita-toxine, car les champignons sont consommés après cuisson.

KOBERT (5), nous fournit quelques renseignements sur la dégénérescence graisseuse des organes, notamment dans les empoisonnements par A. phalloïdes et par le phosphore.

I1 résulte de ses expériences que les débuts de la dégénérescence graisseuse consistent en une immigration de corpuscules extrêmement fins, en forme de poussière qu'autrefois on désignait en pathologie sous le nom d’altération albumineuse. (Voir les planches dans R. FERRY, Planche VIII Les amanites 1912, Fig. 6, A.); on réservait le nom de dégénérescence graisseuse pour des granulations un peu plus grosses.

La dégénérescence graisseuse avec augmentation du volume du foie, observée dans les empoisonnements par A. phalloïdes, doit, d'après les re-

(1) FORD. The pathology of À. phalloides intoxication, 1908.

(2) MASCHKA. Prager Vierteljahresschrift, 1855, 2.

(3) STUDER, SAHLI und SCHARER. Mitt. der naturj. Gesellsch. in Bern, 1884-85, p. 77. (4) MŒRS. Zeitschr. für mediz. Beamt. 1903, 16, p. 412.

(5) KOBERT. Die Intoxikationen II, p. 111, p. 58 et p. 265.

cherches de LEO, H ROSENFELD, POLIMANT et ATHANASIUS, être considérée seulement comme une infiltration graisseuse, notamment lors de l’empoisonnement de la famille Antoine Contal, de Raon-l'Etape, 23 août 1883. Sa détermination s'est trouvée confirmée par une aquarelle que le Docteur MASSON avait fait sur le champignon encore frais, et où l'on voyait la teinte verdâtre du chapeau; et malheureusement aussi par l'issue de l’empoisonnement, cinq personnes étant mortes sur six.

A noter pour les empoisonnements par Amanita phalloïdes, À. virosa, A. verna, le long intervalle de temps entre l'ingestion des aliments et l’apparition des premies accidents.

Toute différente est la marche de l’empoisonnement par À. muscaria ou À. pantherina.

(Voir Syndrome phallinien et muscarinien.)

Voici les résultats de l’autopsie faite par le Dr SOCQUET sur les cadavres de Mme B. et M. D. victimes d'un empoisonnement par À. phalloïdes (1) Mme B.., 40 ans. Méninges et cerveau non congestionnés, d'aspect normal. Quelques ecchymoses sous-péricardiques; ventricules contenant un sang noirâtre foncé, avec quelques caïllots; foie putréfié. Estomac vide, avec muqueuse revêtue d'un fin pointillé hémorragique.

M. D... 35 ans. Méninges légèrement congestionnées (attribuable à l'éthylisme). Un peu de congestion des poumons. Pas d'ecchymoses souspéricardiques; ventricules contenant du sang et des caillots cruoriques noirâtres. Estomac vide, avec muqueuse revêtue d'un fin pointillé hémorragique. Plaques de Peyer très hypertrophiées.

Deux sorties de lésions se rettrouvent chez les deux victimes: a) la coloration noirâtre du sang et des caillots: b) le pointillé hémorragique de la muqueuse stomacale. Chez une seule des deux victimes, on a constaté une irritation intestinale caractérisée par une hypertrophie extrême des plaques de Peyer. Il convient donc de noter, comme le dit GUEGUEN, que la congestion très intense de l'intestin grêle, véritable phlogose chez les sujets d'expériences de certains auteurs. entre autres MENIER et MON- NIER (2) ne s’observe pas chez l'homme constamment. |

2° À. muscaria et À. pantherina. L'amanite fausse oronge, ne causant pas la mort, ne détermine pas de lésions anatomiques appréciables. Le Mr VADROT (3) a rapporté dans sa thèse des cas suivis de mort. Mais le fait est douteux, et tout s’est borné à des lésions inflammatoires (constatées à l’autopsie) du tube digestif.

I1 n'existe pas non pius d’autopsie authentique consécutive à des empoisonnements par Amanita pantherina.

fusions sanguines aux poumons, aux reins, à l'utérus, sur le péritoine, les intestins et l'estomac.

3° Claviceps purpurea

A l'autopsie des sujets morts à la suite d'un empoisonnement aigu par le seigle ergoté, on a trouvé quelquefois (4) des ecchymoses et des suf-

(1) GUEGUEN. Trois cas multiples d’empoisonnements par l’Amanite phalloïde. Bull. soc, Mycol. Fr. tome XXVIIS, 1er fascicule.

(2) MEUNIER (C.) et (MONNIER (V.) Recherches expérimentales sur quelques agaricinées à volve, Bull. soc. mycol., XVIII, 1902, p. 110-124.

(3) VADROT. Les champignons vénéneux. Thèse de Médecine, Paris, 1814.

(4) PETERS. Med. Wochenschr., 1884, p. 105.

Re 7 on

Cr

Chez les sujets ayant succombé à l'empoisonnement chronique par l’ergot de soigle, on a noté l'existence d'une affection médullaire, surtout à la région dorsalé, qui ne différait en rien d'une sclérose des faisceaux postérieurs type, à cela près qu'ici le volume de la moelle épinière n'était pas encore diminué (1). Les causes vraisemblables de ces troubles nutritifs, ce sont la constriction des vaisseaux et les thromboses hyalines.

Les artères afférentes des parties gangrénées étaient trouvée enflammées (2). Chez les coqs ayant succombé à l'administration répétée de l'acide sphacélinique, on a constaté dans le tractus digestif: catarrhe folliculaire, ainsi qu'extravasats sanguins, tuméfaction, infiltration, etc. des follicules clos et des plaques de Peyer.

(1) TUCZEK. Arch. f. psych., Bd. XIII, p. 99. (2) BARRIER. Gaz. hebdom., 1855, n° 81.

SABRE GNT 4 LLDPOINR 2 LIT

Page 1