TD
Ricken, Blatterpilze, t. 12, f. 2 (médiocre).
Rolland, Bull. Soc. Mycol. France, 6 (4890), t. 41, f, 4 (assez bonne).
Rolland, Atlas, t. 57, f. 127 (bonne).
Sicard, Hist. Nat. Champ., t. 27, f. 142 (mauvaise).
Description de la forme nord-afrieaine. — Carpophores isolés ou en petites troupes, assez souvent connés par 2-4, non hygrophanes ; saveur douce ; odeur forte de farine fraîche ; chair blanche; spores en masse rose sale (K : 78 D).
Pied (6-12 X 1,5-2,3 cm.) parfois un peu renflé à la base, ordinairement un peu élargi au sommet, souvent plus ou moins irrégulier, fibrocharnu, confluent avec le chapeau, sec, fibrillo-strié, pruineux au sommet, blanc, farci d’une moëlle spongieuse, puis parfois plus ou moins creux.
Chapeau (5-10 cm. diam.) convexe, non ou très largement mamelonné, souvent plus où moins ondulé et difforme, épais, charnu, ferme ; revêtement adné, sec, plus ou moins floconneux-subtomenteux puis glabre, mat, finement vergeté radialement par des fibrilles innées, gris-incarnat (livide, K : 122 dilué), bianchissant par places, surtout au centre ; marge incurvée, non striée, pruineuse et blanchâtre,
Lamelles serrées, non séparables, un peu arquées puis droites, atténuées antérieurement, arrondies postérieurement, émarginées, sublibres, assez larges (6-7 mm.), minces, b'anchâtres puis citrin-pâle, puis rose sale, arête concolore lisse; intervénation nulle ; lamelluies plus ou moins arrondies-subémarginées.
Arête homomorphe ; trame régulière à sous-hyménium mince ; pas de cystides ; basides claviformes, 47-58 x 12-14 L ; spores rosées, subglobuleuses-anguleuses, subhexagonales en coupe optique, 1-guttulées, 9-16 X 8-9 pu.
Variations. — L’Entoloma lividum est assez peu variable ; cependant il a été décrit sous plusieurs noms. Le chapeau jeune est souvent flocculeux, il devient glabre plus ou moins tôt, suivant que le temps est sec ou humide ; aussi l’Æ. fertile, à chapeau flocculeux, ne peut-il être séparé de PE. lioidum. L'E. sinuatum (Fr.) Gill. pourrait bien n'être, lui aussi, qu’une forme de l’Æ. lividum. Berkecey à décrit sous le nom de var. roseum une forme à chapeau teintée de rose.
Habitat, biologie et répartition. — L’Æ. /ividum habite les forêts feuillues, particulièrement sous les Fagus et Quercus en terrain argilo-siliceux, argilo-calcaire, siliceux, il est répandu dans toute l’Europe moyenne et
septentrionale jusqu’à la limite N. des Quercus, et paraît être plus rare dans la région méditerranéenne. Nous l’avons découvert en Algérie sous les chênes zeens (Quercus Mirbeckii) dans les grandes forêts du massif de l'Akfadou, près de Yakouren, sur les grès de Numidie.
Cuiture. — La culture de ce Champignon n’a pas été tentée jusqu'ici.
Toxicité. — La toxicité de l’Æ. lividum n'est pas très anciennement connue, Elle a été signalée pour la première fois par Quécer (*), qui donne son auto-observation. Notre ami Rowezt, l’'éminent mycologue de Stockholm, nous a conté que, refusant de croire à la toxicité de ce Champignon, il en avait mangé un bon plat avec sa famille, ce qui lui avait valu, aïnsi qu’à celle-ci, des accidents gastro-entériques violents.
Depuis, de nombreuses observations d’empoi:onnement par l'E. livi- ‘dum ont été publiées par Gizzor, HérTier, BanBiEr, GRANDJEAN, BuTiGNor, Sarrory (*). Cela donne en tout 118 victimes, sur lesquelles une seule seulement, un enfant de quatre ans, a succombé, (**) soit une mortalité de 0,85 °/, environ.
Le syndrome de l’empoisonnement lividien peut être résumé ainsi: début rapide (1-3 heures), malaises, nausées, puis vomissements et diarrhée avec coliques atroces ; ces phénomènes cessent ordinairement assez rapidement et'en 24-48 heures tout rentre dans l’ordre. En somme PE. lividum se comporte comme un violent éméto-cathartique.
Les principes toxiques de ce champignon sont encore inconnus ; tout ce qu’on peut dire, c’est qu'il contient une substance vénéneuse thermostable, puisque la toxicité résiste à une ébullition pro'ongée. Le traitement est celui d’une forte indigestion ; Brenor (***) dit avoir obtenu de bons résultats en administration de la poudre de charbon.
En Algérie, l’Æ. lividum, qui paraît être rare, n’a jamais causé d’accidents, à notre connaissance du moins.
(") Quézer, Champ. Jura et Vosges, p. 117.
() Gizzor, Thèse, p. 228 — Hérier, Bull. Soc. Mycol. France, 18, p. 33 — X. Girror, Bull. Soc, Mycol. France, 22, p. 166 — BARBIER. ibidem, 22, p. 170, Buriexor, ibidem, 22, p. 270 ; 25, p. 250 — GRANDyEAN, ibidem, 28, p. 154 — SarTory. Les empoisonnements par les Champignons (été de 1912), Paris, 1913.
| (”) La détermination du Champignon dans le cas mortel n’est pas absolument certaine,
(*) Brenor, Bull. Soc. Mycol. France, 1913, p. XXXVI.