‹ Les champs et la merChapitre 14 sur 49 · L'AUBE · texte numérisé non relu

L'AUBE

Je suivais un sentier, à Taube, dans les blés, Etroit, où l'on se mouille aux gouttes qui s'épanchent En frôlant les épis alourdis qui se penchent; Et j'errais évoquant mes rêves envolés.

Ah ! qui n'a pas perdu des rameaux étoilés. Comme les saules gris que les hommes ébranchent, Qui font un bruit si doux quand leurs larmes étanchent La soif des liserons à leurs pieds enroulés !

Et je sentais mon cœur, d'où je chassais la prose, S'attendrir au rayon discret, pâle et changeant Comme un arbre souffrant et que la pluie arrose.

Et voilà que, joyeuse, éclate au ciel d'argent L'alouette qui voit, des brumes émergeant, A r Orient monter le premier flocon rose.

CourrièreSj 1872.

Page 1