‹ Les champs et la merChapitre 36 sur 49 · FLEUR DE SABLE · texte numérisé non relu

FLEUR DE SABLE

Une exquise vapeur d'un lilas tendre, rôde, Dans de vagues remous, s'enflant et s'allongeant Sur la côte, et la mer prend un reflet changeant D'améthyste, d'opale et de pâle émeraude.

L'océan reposé, muet, traîne ses flots Que çà et là déchire une roide nageoire. Indolemment, ainsi que de longs plis de moire. Et se soulève à peine aux rochers des îlots.

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A peine si l'on voit remuer la bouée, Mélancoliquement, sur le miroir uni ; Aux mates profondeurs d'un ciel d'argent bruni, Par instant le soleil essaye une trouée.

Une lame, parfois, accourt, jette un bruit clair. Déroule son collier de perles sur la grève Et, tourbillon subtil et confus comme un rêve. S'éparpille, s'étale et retourne à la mer.

Sur ce fond lumineux et calme , une enfant blonde , Svelte et lente, marchant, le jupon relevé, Incline son profil au contour achevé, Le col frêle et les yeux rêveurs penchés vers l'onde.

Parmi ces merveilleux accords de la couleur^ Où la splendeur revêt l'ineffable tendresse, S'ouvrant au souffle pur de l'air qui la caresse. On voit s'épanouir sa jeune bouche en fleur.

Sur le sable irisé par le flot qui l'arrose. Où tremble, avec le ciel, le reflet virginal, A temps égaux, la lame aux lèvres de cristal Déferle sur l'enfant et baise son pied rose.

Doiiarnenez, iS/j.

A Frédéric Plessis.

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