LA MOISSON
Tout débordant du blé de la moisson nouvelle, Quand roulent au soleil, lentement, de grands chars Traînés par de puissants chevaux aux crins épars, La majesté des champs à Tâme se révèle.
Et l'humble moissonneur assis sur la javelle, Qui s'en revient combler la grange et les hangars. Se balançant aux chocs des lourds essieux criards, Esc superbe au milieu du flot d'or qui ruisselle.
Par un âpre labeur il a conquis le pain.
Son grand combat ne fut ni meurtrier ni vain,
Et la terre a béni sa féconde victoire.
L'été déroule au loin son plus fauve tapis ;
Et l'homme triomphant resplendit dans la gloire
Des gerbes de rayons et des gerbes d'épis.
Courrières, 1873.