THÉODORE ROUSSEAU, ETC
Ceux de qui l'art sans but sur les niais spécule? Pourquoi mettre cet homme au nombre des crétins, Pour ne comprendre pas leurs travaux enfantins? Ne sont-ils pas plus fous de tenter Timpossible Pour ne montrer aux yeux qu'un miroir impassible, Qui de râme et du cœur ne reçoit pas le sceau ? Or son seul tort était de parler à Rousseau, Mais s'il avait eu trait à la grande phalange Qui place un trompe-Fœil plus haut que Michel-Ange, Qui réprouvant le beau comme trop peu réel, Préfère le Guerchin au divin Raphaël ; Et si ce bûcheron s'adressait à vos toiles, Imitateurs passifs qui n'êtes pas jaloux D'un coin de l'infini; qui, Tœil sur les cailloux, Marchez tête baissée, en niant les étoiles ; Qui, n'admettant pour vrai que la vulgarité. Soulignez seulement ce qu'il vaudrait mieux taire , Et ne comprenez pas que l'art est la clarté Suprême s'affirmant au milieu du mystère ; Tous vos rires alors seraient hors de saison. Et véritablement cet homme aurait raison.
Paris, 1873.
voit, sur une route au pays de Pontcroix, En plein ciel, toute neuve, une pompeuse croix Où resplendit un Christ badigeonné de rose. Deux ou trois pas plus loin, se tord, navrante chose, Piteux et relégué sous les buissons d^un mur, Laissant saillir de Fombre un horrible fémur. Penchant affreusement sa tête mutilée, Au milieu de l'ortie à la ronce mêlée.
A Robert-Fleury.