‹ Les chancres extra-génitaux [electronic resource]Chapitre 109 sur 132 · PROPHYLAXIE. 48 I · texte numérisé non relu

PROPHYLAXIE. 48 I

inconnus, alors que nous porlons sur les mains le moindre traumatisme, la moindre desquamation, la moindre dénudation dermique (éraillure, éraflure, et surtout « envie » périunguéale), susceptible de servir de porte d'entrée au germe infectieux.

2° Ou bien, si nous sommes professionnellement astreints à de telles interventions, protéger soigneusement et sûrement ladite dénudation dermique contre la possibilité d'un contact infectieux.

Comment? Soit par des bandelettes agglutinatives, soit par une ou plusieurs couches de collodion élastique; — en recouvrant ce pansement, pour plus de sûreté, ou bien par un doigtier de caoutchouc ou bien par un doigt de gant.

Cette précaution est d'autant plus indispensable en l'espèce que l'absorption infectieuse qui se produit sur une dénudation dermique paraît être immédiate, paraît se faire aussi rapidement que l'éclair, voire résister aux ablutions, si rapidement soient-elles pratiquées après l'application du contage. C'est là tout au moins ce dont semblerait témoigner (sans rappeler d'autres cas analogues *) un fait malheureux raconté en ces termes par le Dr Jullien. Le docteur X., spécialiste éminent, portait à un doigt une petite excoriation saignante. Consulté par un client, qui lui présentait à examiner un chancre de la verge, il fut forcé, pour explorer l' ulcère, de placer son doigt malade en arrière de la verge; mais le malheur voulut que précisément il le plaçât en regard et en contact avec le scrotum, juste sur un point où se trouvait un second chancre syphilitique. Dès qu'il s'en aperçut, il courut se laver, multiplia les

i. V. page 197.

Kouhnieii. — Chancres cxlru-gûn'tt.

CHANCRES DE LA MAIN

ablutions les plus complètes. Peine inutile! L'absorption était déjà faite, et l'infection suivit son cours1.

Traitement. — Naturellement très variable suivant les formes morbides.

Aux cas simples et bénins suffit le traitement usuel du chancre, à savoir : pansements, trois fois par joui-, avec ouate hydrophile enduite d'une pommade au calomel; — ou bien pansements par occlusion avec bandelettes de taffetas de Vigo. — Immobiliser le pansement, quel qu'il soit, par un doigtier.

Dans les cas plus sérieux, nécessité d'un traitement un peu plus complexe. Ce qu'il y a d'essentiel, c'est de prévenir ou de combattre les complications inflammatoires ou douloureuses, c'est de conjurer la formalion du panaris symptomatique. Pour cela :

D'abord, condamner au repos absolu le doigt et la main. — Bras en écharpe, d'une façon permanente.

Puis, antiphlogistiques locaux : bains fréquemment répétés; — bains locaux, au moins deux fois par jour et pour vingt minutes à une demi-heure chaque fois, dans une décoction émollienle tiède (décoction de guimauve, décoction de guimauve et pavot, etc.). — Éviter les ablutions phéniquées et, plus encore, les ablutions au sublimé, qui sont irritantes.

Pansements réguliers, deux fois par jour, avec ouate enduite d'une pommade à l'iodoforme.

Après avoir essayé nombre de topiques, c'est encore à l'iodoforme qu'il a fallu revenir pour le pansement des chancres digitaux, en dépit de l'inconvénient de son insupportable odeur. C'est qu'en effet, comme

i. V. Jullicn, Traité des mal. vén., 11e édiu , p. 537.

chacun sait, l'iodoforme est un excellent topique en tant qu'agent modificateur; de plus, en l'espèce, il a l'avantage d'agir comme anesthésique pour calmer la douleur et l'éréthisme local. — ■■ On l'emploie sous forme de pommade, à la dose de i, 2, 3 grammes pour 10 grammes de vaseline. — Très certainement il est mieux toléré en pommade que sous forme pulvérulente (sauf à la période tout à fait terminale).

— Que si l'ongle paraît entretenir l'irritation locale et les douleurs, à fortiori favoriser et prolonger l'état ulcéreux, l'indication formelle est de l'extraire, et cela plus tôt que plus tard.

— Enfin, contre les chancres fongueux, on aura recours aux cautérisations. Le nitrate d'argent sera d'abord mis en usage. Mais, s'il se montre insuffisant (et tel doit être, j'imagine, le cas habituel), on n'hésitera pas à faire appel à d'autres agents plus énergiques, notamment au thermo-cautère.

Quant au traitement général, ai-je à dire qu'il devra être prescrit dès que le diagnostic sera établi d'une façon positive? Et même, puisque les chancres digitaux peuvent être — cela pour une raison ou pour une autre, n'importe — l'origine de syphilis particulièrement graves, l'indication sera de mettre en œuvre la médication spécifique le plus hâtivement possible et de la prescrire à bonnes doses, j'entends à closes proportionnées à la tolérance du malade, à son âge, à son tempérament, à l'état de ses forces, etc.

CIIANCKES EXTRA-GÉNITAUX.

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