CHANCRES DES ERRIONS ANALE ET PERI- ANALE
rétrécissement rectal imputée à un phagédénisme issu d'un chancre syphilitique n'est qu'une théorie fantaisiste, édifiée de toutes pièces sans l'ombre d'un document sérieux. C'est une théorie qui n'a pour base que quelques vieilles observations empruntées à une époque où l'on ne se préoccupait en rien de distinguer le chancre syphilitique du chancre simple, où même l'on ne prenait guère plus souci de différencier le chancre syphilitique d'ulcérations tertiaires développées dans le rectum. Bref, c'est une théorie dénuée de toute valeur scientifique et bonne à reléguer dans l'oubli, surtout depuis les notions nouvelles acquises sur la question. Comment, d'ailleurs, le chancre syphilitique, accident de durée toute passagère, lésion superficielle, lésion très circonscrite et toujours bornée à un segment presque insignifiant du rectum, pourrait-il jamais aboutir à constituer, par le fait de sa cicatrice, une lésion majeure, étendue à toute une portion du rectum, cylindroïde, annulaire, etc., telle que celle qui constitue le rétrécissement rectal d'origine spécifique1?. Il y a là de réelles impossibilités, des impossibilités matérielles, dirai-je, qui infligent un démenti absolu à la doctrine en question.
Traitement. — Rien à dire des chancres péri-anaux qui sont des chancres cutanés et ne comportent que le traitement des chancres cutanés.
Au contraire, les chancres de l'anus donnent lieu à quelques indications particulières.
D'abord, à quels topiques avoir recours pour les panser? Les corps gras sont certainement, de par expérience, ce qui leur convient le mieux. Car, sauf excep-
l. V. mes Leçons sur le syphilomc ano-rectal et le rétrécissement syp/iili-
tiijnr i/n rectum, 18-5.
TRAITEMENT. Oig
tions rares, tout autre topique n'aboutit guère qu'à les exciter, à les irriter, à les enflammer. Pommades au calomel ou à riodoforme (à la dose de i à 2 grammes pour ro grammes de vaseline), voilà ce qui est devenu d'usage le plus habituel. J'ai vu toutefois certains chancres « irritables » ne tolérer que la vaseline simple ou le cérat opiacé, ou bien encore quelque préparation cocainée.
En second lieu, comment panser ces divers chancres?
I. — S'ils sont tout à fait extérieurs, on peut se contenter de les panser à plat, avec une couche d'ouate enduite de tel ou tel lopique.
S'ils présentent la forme dite en « feuillets de livre », on aura soin d'interposer une lamelle d'ouate entre les deux « feuillets », et cela jusqu'au niveau de leur sillon de convergence. Puis, ce pansement sera recouvert d'une couche d'ouate et de quelques compresses. Finalement, il sera immobilisé par un bandage en T.
Il va sans dire qu'un pansement aussi minutieux qui, pour être actif, doit être soigneusement fait, réclame le secours d'une main étrangère. Il ne sera donc jamais confié au malade.
II. — Si le chancre est interne, c'est-à-dire s'il siège dans le canal de l'anus, une mèche devient nécessaire. Pour que cette mèche (enduite, bien entendu, de telle ou telle pommade) soit tolérable et tolérée, il faut qu'elle ne soit pas trop grosse. Une petite mèche, quelque peu inférieure comme volume à un porte plume ordinaire, est plus que suffisante.
Mais ce qui n'est pas moins utile à la cure, ce qui peut-être même y contribue plus efficacement, c'est une série de menues précautions vraiment indispensables en l'espèce, à savoir :