‹ Les chancres extra-génitaux [electronic resource]Chapitre 28 sur 132 · CHANCRE PSEUDO-MEMBRANEUX, DIPHTHÉROÏDE · texte numérisé non relu

CHANCRE PSEUDO-MEMBRANEUX, DIPHTHÉROÏDE

Devant un tel aspect, impossible de se défendre d'une impression toute naturelle, fatale; impossible de ne pas avoir l'idée qu'on est en face d'une angine couenneuse, soit de l'angine couenneuse commune, soit même d'une angine diphthéritique. Cela, de l'aveu unanime de tous les médecins qui ont observé de pareils cas.

Or, chose curieuse, non seulement le chancre amygdalien qui affecte cette forme rappelle les angines blanches de par ses caractères d'objectivité, mais il peut les rappeler encore à deux autres titres que voici :

i° De par son adénopathie, qui s'accuse assez fréquemment par un ou plusieurs gros ganglions empâtés et quelque peu sensibles, comme on en rencontre usuellement dans les angines infectieuses;

2° De par un certain cortège de phénomènes généraux; oui, de phénomènes généraux, quelque insolite ou extraordinaire que cela puisse paraître. Ainsi on a

ries étrangères, qui trouvent sur la muqueuse dénudée un milieu favorable à leur développement. » (Les angines à fausses membranes, p. i3G ) Mais, ainsi que le fait remarquer très justement M. le Dr Ducastel, l'état diphthéroïde du chancre paraît bien plutôt inhérent au chancre lui-même. « Partout, dit-il, où la peau est humide, sur toutes les muqueuses, il est de l'essence du chancre de se recouvrir d'un enduit diphthéroïde... Cette tendance constante du chancre à devenir diphthéroïde au niveau des muqueuses me donne à penser qu'il renferme en luimême la propriété de produire la membrane diphthéroïde et qu'il n'a pas besoin de l'aller chercher dans une infection secondaire, ainsi que le Dr Boulloche serait tenté de l'admettre. » [Chancres génitaux et extragénitaux, p. Go.)

En tout cas, au point de vue clinique, une différence radicale sépare et, séparera toujours la fausse membrane chancreuse de la fausse membrane diphthéritique. C'est que la première reste toujours exactement limitée au territoire du chancre sans le dépasser, sans le déborder, sans tendance à se déverser sur les parties voisines. Ou ne connaît que trop, inversement, la dangereuse tendance de la fausse membrane diphthéritique à irradier sur le palais, la luette, le pharynx, le larynx, la trachée, etc. — Cela encore, comme le dit M. Ducastel, semble bien donner à penser que « c'est le chancre même qui commande la pioduction diphthéroïde », sans lu devoir à des infections surajoutées.

CHANCRE DE l'am YGDALE.

plusieurs fois constaté avec le chancre amygdalien pseudo-membraneux des symptômes tels que les suivants : malaise général, courbature, lassitude, inappétence, état saburral, frissons et réaction fébrile (par exemple, pouls à 100 et température oscillant entre 38 et 3o, degrés).

Si bien qu'en face d'un tel ensemble, on est conduit (remarquez bien, messieurs, ce qui va suivre), d'une part, à ne pas suspecter un chancre, et tout au pontraire, d'autre part, à mettre en cause une angine infectieuse.

Un exemple du genre ne sera pas superflu, car nous sommes ici vraiment sur le terrain des anomalies ou, pour mieux dire encore, des étrangetés.

Dans son excellent mémoire de 1884, le Dr Legendre a relaté le cas d'un malade sur lequel on put suspecter pendant quelques jours une angine diplithéritique, alors qu'il ne s'agissait en réalité que d'un chancre amygdalien. « ...Lorsque cet homme se présenta à l'hôpital, dit le texte de l'observation, il avait très mauvaise mine; ses traits étaient tirés, son teint jaunâtre; il accusait une fatigue extrême, un malaise indéfinissable; il ne pouvait se tenir debout sans éprouver du vertige et s'était traîné péniblement jusqu'à l'hôpital. Il se trouvait dans ce mauvais état général depuis une douzaine de jours, ayant complètement perdu l'appétit, ressentant quelques frissons erratiques, etc. Son pouls était à 100 et sa température à 38. Comme, de plus, il présentait une forte angine avec exsudai diphthéroïde et engorgement ganglionnaire de toute la région cervicale, le diagnostic s'égara tout d'abord, et l'on crut avoir affaire à une angine diphthéritique. » Bref, ce fut seulement après quelques jours qu'on put être fixé sur

CHANCRE GANGRENEUX.

la nature de la maladie par révolution morbide, c'està-dire par l'explosion secondaire.

Soit dit au passage, que de cas de cet ordre ont dû être méconnus et recevoir une fausse étiquette! Que de cas de cet ordre ont dû passer pour des angines couenneuses ou diphthéritiques, avec syphilis consécutive « d'origine ignorée » !

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