V. Annales de dermat. cl de sjphil., 189.1, p
2. V., comme exemple, une intéressante observation du Dr Moure, reproduite dans la thèse du Dr Lebart. (Le ehancre primitif du nez et des fosses nasu/cs, Thèses de Paris, 1894.)
3. Dans un cas relaté par le P' Gdniy, la narine gauche se trouvait
FORME CnoÛTEUSE, 1MPETIGINEUSE. iSl
— On l'a même vue, dans un cas, faire saillie dans le vestibule, à la façon d'un polype.
3° Chancre croûteux, impétigineux1 . — Cette forme appartient exclusivement aux chancres situés près de l'orifice des narines. Elle est des plus insidieuses pour le diagnostic.
Et, en effet, elle ne consiste objectivement qu'en ceci : une croûte, laquelle sert de revêtement et de masque à l'érosion chancreuse sous-jacenle. — Détachée, cette croûte laisse à nu le chancre, qui apparaît alors sous la forme érosive ou papuleuse.
A noter, comme détails, que ladite croûte, au lieu d'être ce qu'elle est usuellement dans les chancres cutanés, à savoir régulière, lamelleuse, « tout d'une pièce », se présente sous un aspect quelque peu différent. En raison des arrachements partiels qu'elle subit incessamment de la part des ongles, elle est irrégulière, inégale, plutôt composée par des segments croûfelleux juxtaposés et de divers âges que par une incrustation homogène. De formation toujours plus ou moins récente, elle n'atteint jamais une grande épaisseur.
Pour le même motif, elle est variablede feinte : brune le plus souvent; — quelquefois jaunâtre et presque impétigineuse de ton ; — quelquefois noirâtre et presque noire, par addition aux produits de concrescence d'une notable quantité de sang provenant des égratignures.
En tout cas, alors qu'elle est située à l'orifice du nez, elle ne manque jamais de rappeler ces exsudais croûleux qui sont si communs en ce siège, spécialement
« obturée » par un chancre hypertrophique, au point de permettre a peine le passage d'une sonde. [Annales de format, et de s/pliil., l.og.O, p. 57i.)
l. V. Musée de l'hôpital Saint- Louis, pièce n° 35:>, CpUect. partie.
l8a CHANCRK DE h\ P1TUITAIHE.
chez les jeunes sujets lymphatiques ou scrofuleux. Rappelez-vous à ce sujet le cas de ce petit enfant qui dernièrement nous fut amené ici pour une lésion croûleuse occupant la commissure postérieure de l'une des narines. Cette croûte, d'un jaune un peu brunâtre, n'était que le revêtement d'un chancre, dont vous avez vu les suites. Or, depuis plusieurs semaines, l'enfant était traité en ville comme affecté d'un simple impétigo scrofuleux.
Tel se présente le chancre nasal quant à ses caractères objectifs. Quelques mots maintenant sur ses troubles fonctionnels et ses complications.
Troubles fonctionnels. — Très variables suivant les formes. — Décrivons seulement les formes extrêmes, entre lesquelles viendront prendre place les nombreux cas intermédiaires.
Ces troubles sont pour ainsi dire nuls dans les formes purement érosives, ou bien ne consistent qu'en ceci : ardeur locale, cuissons passagères, sensation d'une certaine gêne, avec démangeaison invitant au grattage.
Dans les formes papuleuses et surtout papulo-hvpertrophiques, symptômes notablement plus accentués : cuissons plus intenses, démangeaisons plus vives, qui sans doute sont bien moins le fait du chancre que des irritations surajoutées au chancre par le mouchage, par les égratignures, par les écorchures, comme aussi par les inoculations secondaires dérivant des multiples microbes qui peuplent les fosses nasales; — suintement notable, bien que toujours peu abondant, sanieux, quelquefois strié de sang, et provenant, lui aussi, bien moins du chancre que du coryza symptomatique ; — el surout phénomènes d'obstruction hémi-nasale, à savoir: enchifrènemenl ; gène locale el gène d'obstruction; —
COMPLICATIONS. LYMPHITE PSEUDO-ÉRYSIPELA.TEUSE. l83
léger nasonnement; — difficulté de respiration par l'une des narines; — respiration ne se faisant bien que la bouche ouverte; — sommeil la bouche ouverte1, etc.
Exceptionnellement on a observé : des douleurs névralgiques, irradiant dans la moitié de la tête du côté affecté (Moure); — quelques symptômes de réaction fébrile, avec malaise, courbature, et certain degré d'affaissement.
Complications. — Une seule à noter, mais celle-ci très essentielle à connaître, parce qu'elle peut facilement donner le change en modifiant l'aspect extérieur et en devenant, quant aux phénomènes objectifs, la lésion prédominante.
Elle consiste en ceci : lymphite en nappe, voire parfois lymphite érysipèlatoïde, s'étalant sur la surface extérieure du nez, où elle se traduit par une rougeur très accentuée des téguments, une tuméfaction notable de l'organe, et une sensibilité vive au moindre attouchement.
Le nez, d'abord, gonfle et rougit au niveau de son lobule et de ses ailes, comme il le fait, par exemple, à propos de ces petits furoncles ou de ces folliculites suppuratives qui se produisent fréquemment dans le vestibule. Puis, cette suffusion rouge va se propageant et finit par s'étaler sur tout le nez; elle peut même le déborder en se déversant sur le déparlement interné des joues.
Ainsi, dans un cas de Chapuis, relatif à un chancre de la narine, « les deux liers inférieurs du nez étaient déformés par une infiltration œdémateuse, lisse, luisante et dure. Le lobule formait une masse arrondie ; les ailes
i. V., comme exemple, une observation du Dr Ponecl. [Annales de dermat. &t de syphil., 1 88 r , p. n5.)