III. — Chancres de la conjonctive
Au premier rang comme fréquence se placent les chancres du bord eiliaire (chancres non pas, bien entendu, confinés au bord eiliaire, mais nés là et parlis de là pour irradier sur les téguments palpébraux ou la muqueuse palpébrate).
Notablement moins communs sont les chancres palpébraux proprement dits, localisés exclusivement sur le limbe palpébral.
Viennent en dernière ligne les chancres conjonclivaux, les plus rares de tous et de beaucoup.
Ajoutons :
i° Que la paupière inférieure est plus fréquemment affectée que la supérieure, et cela dans la proportion de 43 à 33, d'après la statistique du Dr Fortuniadès;
20 Que les commissures oculaires sont moins éprouvées que le bord palpébral ;
3° Que, des deux commissures, l'interne est bien plus souvent que l'externe le siège de contaminations chancreuses (22 fois contre 11, d'après la statistique précitée). J'inclinerais même pour ma part à croire cette proportion inférieure à la réalité des choses, et, d'après ce que j'ai vu, à considérer le grand angle de l'œil
1. M. le Dr Edouard Binct a donne' dans sa thèse (Du rôle de la syphilis dans la cécité, Thèses de Paris, 1 883) la relation d'un cas de « Chancre induré de la cornée » observé par un étudiant en médecine sur lui-même. Ce cas, certes, est fort intéressant; niais, en raison de diverses lacunes, il ne réunit pas l'ensemble de garanties nécessaires pour légitimer le diagnostic d'une localisation chancreuse aussi singulière.
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comme un véritable foyer de prédilection pour le chancre.
Nombre. — Le chancre oculaire se présente à létat de lésion unique pour l'énorme majorité des cas.
Parfois cependant on l'a vu double. Exemples : un de mes malades présentait un chancre induré à chaque paupière. — Dans un autre cas, on distinguait très nettement deux érosions chancreuses, très voisines l une de l'autre, dans le cul-de-sac conjonctival de la paupière inférieure.
Coïncidences. — Comme règle et à l'instar des autres contaminations extra-génitales, l'infection qui se fait par l'œil se fait par l'œil exclusivement; c'est-à-dire que, dans le cas où l'on constate un chancre oculaire, on constate un chancre oculaire et pas d'autre chancre nulle part ailleurs.
Exceptionnellement, toutefois, on a vu des malades présenter à la fois un chancre oculaire et un chancre ou plusieurs chancres d'autres régions (verge, sein, cou, visage). Ainsi :
Un des malades actuels de notre salle Saint-Louis est affecté à la fois et d'un large chancre du menton et d'un petit chancre de la commissure interne de l'œil gauche.
Coppez a relaté le cas curieux d'un malade qui était affecté simultanément de trois chancres syphilitiques, à savoir : un chancre de la verge; — un second à la queue du sourcil droit; — et un troisième sur le bord de la paupière supérieure droite.
Etiologie. — I. Trois points à noter tout d'abord :
i° Le chancre de l'œil est — à l'instar du reste de presque tous les chancres — beaucoup plus commun chez l'homme que chez la femme.
2° C'est un chancre qui s'observe à tous les âges, voire dans l'enfance, voire dans le plus jeune âge. On l'a
Fouiinieii. — Chancres cxtra-°ënil. i3
IÇ)4 CHANCRES DE l'oHIL.
vu jusque sur des nourrissons. — Cela vient par avance à l'appui d'une proposition que je développerai bientôt, à savoir que, pour quantité de cas, le chancre oculaire dérive de causes qui n'ont quoi que ce soit de vénérien.
3° Particularité intéressante, qui nous touche de près, nous médecins. C'est un chancre relativement commun chez les médecins, au titre d'accident issu de la profession médicale. Pourquoi et comment? Nous le verrons dans un instant. En tout cas, d'après le Dr Aumont ce serait un chancre « médical, professionnel » dans la proportion de i sur i5 cas.