‹ Les chancres extra-génitaux [electronic resource]Chapitre 5 sur 132 · I. V. Annales de dermat. cl de syphiligr., 1879, p · texte numérisé non relu

I. V. Annales de dermat. cl de syphiligr., 1879, p

ÉTIOLOGIE. 39

poudres insecticides. Behrend a vu une petite épidémie de famille résulter de l'usage d'un tel instrument.

El de même, enfin, pour diverses pratiques industrielles ou domestiques dont le principe est toujours le même, à savoir le passage débouche à bouche d'instruments ou d'ustensiles qui, susceptibles d'être souillés par le contage syphilitique, conservent ce contage en dépôt et peuvent ensuite le transmettre.

V. — Sinon pour la totalité, du moins pour l'énorme majorité des cas, les chancres buccaux procèdent des trois modes de contagion que je viens d'étudier.

Reste seulement un très petit nombre de cas où ils dérivent d'autres causes qu'il suffira d'indiquer sommairement.

Je ne parlerai pas de la succion des plaies, méthode immonde, qui a dû autrefois servir d'origine à un certain nombre de contagions, mais qui est pour jamais proscrite.

En revanche, je signalerai Y insufflation de bouche à bouche, susceptible de faire des victimes en double sens, c'est-à-dire dans le camp des opérateurs comme dans celui des insufflés. Une très respectable sagefemme de province, à qui j'ai longtemps donné mes soins, avait été bien sûrement infectée de là sorte par un nouveau-né syphilitique. — Wigglesworth a également relaté le cas d'un médecin qui contracta de la même façon un chancre de l'amygdale1.

Et surtout je mentionnerai comme infiniment plus fréquentes les contagions portées à la bouche par les doigts. Il est à croire, d'après certains fails qu'on ne

1. V. Archiv. of Dermalology, New York, 1879, p. 874-, — et New York Med. Journ., 1884.

CHANCRES m ccaux.

saurait révoquer en doute, que l'infection peut arriver aux lèvres par l'intermédiaire des doigts, notamment après contact avec les parties génitales d'une femme. 11 est à croire également que certaines contaminations prises à l'hôpital n'ont dérivé que du contact de la main avec les lèvres. J'invoquerai sur ce point le témoignage de plusieurs de mes confrères ou de mes élèves, qui m'ont affirmé n'avoir pu contracter autrement l'infection buccale dont ils ont été victimes.

Voici, au surplus, des faits non sujets à contestation.

Sigmund a publié le cas d'une sage-femme qui, affectée d'un chancre digital, communiqua un chancre labial à son propre enfant, en lui introduisant le doigt dans la bouche pour lui nettoyer les dents.

J'ai observé en ville le cas singulier d'un chancre de la langue développé sur un petit enfant de dix-huit mois. Or, le pourquoi et le comment de cet accident me furent nettement révélés par l'enquête que j'instituai à ce sujet. D'une part, en effet, l'enfant était confié aux soins d'une jeune bonne qui, au moment même de mon examen, présentait des plaques muqueuses confluentes et déjà anciennes de la bouche. Et, d'autre part, l'enfant avait l'habitude, disait-on, de « fourrer ses doigts dans la bouche de toutes les personnes qui l'approchaient, puis de les sucer ensuite »; ce dont j'eus la preuve, d'ailleurs, séance tenante; car, pendant que je l'examinai, il essaya à plusieurs reprises de m'introduire son petit doigt dans la bouche. Nul doute, en conséquence, qu'il n'eût contracté de la sorte son chancre lingual au contact des plaques muqueuses que sa bonne portait à la bouche.

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