‹ Les chancres extra-génitaux [electronic resource]Chapitre 55 sur 132 · CONTAMINATION PAO LE RASOIR · texte numérisé non relu

CONTAMINATION PAO LE RASOIR

un coiffeur à un sujet syphilitique ! Je le répèle, la démonstration du chancre dérivant du rasoir ne sera jamais fournie par une transmission de ce genre suivie à la piste dans les diverses circonstances qui l'ont préparée et accomplie ; elle réside et ne peut résider que dans ces deux témoignages : possibilité même du fait, et fréquence de sa production dans les conditions particulières que je précisais tout à l'heure.

Que, d'autre part, dans l'opération complexe de la rasure, le rasoir ne soit pas le seul intermédiaire à incriminer pour la transmission du contage; qu'il faille aussi faire place dans les suspicions à un transport possible par le blaireau, par les serviettes, comme aussi par la main de l'opérateur, cela est encore vrai, rigoureusement vrai.

Mais n'importe. Toujours est-il que la rasure faite chez le coiffeur avec le rasoir banal, avec le rasoir qui sert à tout le monde, constitue une opération véritablement dangereuse, plus dangereuse à coup sûr qu'on ne le croit généralement, et que les contaminations transmises de cette façon, quoi qu'en aient dit certains sceptiques, sont irrécusables.

Irrécusables, oui, et cela à divers titres : i° De par leur fréquence même. Je le répète, de tous côtés, dans tous les pays, on a relaté des contagions de cet ordre.

2° De par les circonstances particulières à quelques-uns de ces faits. Quelques exemples.

Un homme de soixante-cinq ans, « ne s'étant exposé depuis dix ans à aucun risque de contagion », se fait raser, en voyage, chez un perruquier. L'opérateur, peu adroit, le coupe au menton et appuie le doigt sur la blessure pendant quelques minutes pour arrêter le sang.

CHANCRES 1)U VISAGE

Quatre semaines après, apparaît, au niveau même de la coupure, une lésion qui devient un chancre syphilitique.

Un homme, qui avait coutume de se faire la barbe luimême, va par hasard se faire raser chez un coiffeur et remarque même que l'individu qui le précède immédiatement entre les mains de l'opérateur « porte de singuliers boutons sur le visage ». Quelques semaines après, il est affecté d'un chancre sur la joue.

Deux amis vont se faire raser chez un coiffeur, dans une ville d'eaux minérales très fréquentée par les syphilitiques. Tous deux contractent la syphilis à normale échéance après cette rasure, l'un par un chancre du menton et l'autre par un chancre de la joue.

3° D'ailleurs, quoi de plus probant en l'espèce que la considération suivante, pour démontrer que la contagion par le rasoir est de celles qui sont fatalement destinées à se produire?

Est-ce que les gens qui ont l'habitude de se faire raser chez le coiffeur y renoncent tout aussitôt, pour se raser eux-mêmes, dès qu'il leur arrive de contracter la syphilis? Pas le moins du monde. Ils continuent, comme par le passé, à se faire raser chez le coiffeur; cela, je l'affirme, pour avoir interrogé sur ce point quantité de mes malades d'hôpital ou de ville. Et, qui plus est, ils continuent à se faire raser chez leur coiffeur quoi qu'il leur arrive à la face, qu'ils aient ou non dans la barbe ce qu'ils ont si souvent, à savoir des papules, des papulo-croûtes, des pustules, des ulcérations. Quedis-je! J'en aurais plus de trente à citer qui ont continue à « fréquenter » chez le coiffeur avec des chancres de la face, — entendez bien ceci, messieurs, — avec des chancres du menton, des chancres des lèvres, des chan-

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