‹ Les chancres extra-génitaux [electronic resource]Chapitre 56 sur 132 · CONTAMINATION PAR LE RASOIR · texte numérisé non relu

CONTAMINATION PAR LE RASOIR

cres sous-nasaux, des chancres des joues, des chancres parotidiens, etc. D'ailleurs, ce matin même, n'avezvous pas entendu un de nos malades, affecté de deux chancres ulcéreux du menton, nous raconter « qu'il n'avait jamais cessé de se faire faire la barbe chez son perruquier jusqu'au matin même du jour où il est entré dans nos salles »? Je vous laisse à penser si avec ses deux plaies en pleine suppuration il a pu contaminer le rasoir qui lui a servi.

Telle est la vérité des choses.

Or, cela posé, répondons maintenant, je vous prie, aux deux questions suivantes :

i° Est-il possible, oui ou non, que, sur des malades affectés de syphilides faciales suppuratives ou de chancres faciaux, le rasoir, le blaireau, la serviette ou les mains de l'opérateur ramassent le contage syphilitique?

Manifestement oui. Qui oserait soutenir le contraire?

2° Est-il possible, oui ou non, que le contage syphilitique, ramassé parle rasoir, le blaireau, la serviette ou les mains de l'opérateur, soit transmis ultérieurement à un sujet sain dans l'opération de la rasure?

Manifestement, oui encore. Car de la rasure dérivent fort souvent, comme chacun sait, des érosions, des écorchures, des coupures. Et même, sans produire de réels traumatismes, la rasure ne consiste t-ell^ pas en une sorte de raclage de l'épidémie, raclage déterminant de toute nécessité des abrasions microscopiques, c'està-dire constituant un état du derme naturellement propice à des inoculations infectieuses?

Et qu'on ne vienne pas dire que ces risques d'infection sont usuellement prévenus par le lavage et la purification de tout ce qui sert à la rasure. D'abord, tout ce qui sert à la rasure, soit dans la misérable échoppe du bar-

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