‹ Les chancres extra-génitaux [electronic resource]Chapitre 59 sur 132 · FORMES MORBIDES. CHANCRE CROUTEUX · texte numérisé non relu

FORMES MORBIDES. CHANCRE CROUTEUX

croûteux, et tantôt ce sont des chancres sous forme de plaies à découvert.

C'est dire aussi que, suivant des conditions diverses, ils peuvent se présenter sous tel ou tel de ces deux types, voire alternativement. Non traités, ce sont des chancres croûteux; soumis à un pansement, ce sont des chancres « à vif ». Il n'est même pas rare que tour à tour le même chancre affecte l'une et l'autre de ces deux modalités objectives.

Examinons-les dans chacun de ces types.

i° Chancre croûteux1 . — Sous cette forme, le chancre facial n'est rien autre que ceci : une croûte faciale;

— croûte n'ayant par elle-même rien de bien spécial;

— généralement brunâtre et d'un brun habituellement plus ou moins foncé, quelquefois jaunâtre cependant, par exception; — assez épaisse, solide, compacte; — toujours un peu surélevée.

A première vue, c'est donc quelque chose comme un ecthyma, un impétigo, ou même un herpès, un furoncle desséché, et rien de plus.

Toutefois, déjà celte lésion croûteuse peut se recommander à l'attention par quelques caractères propres à donner l'éveil, à savoir :

i° En ce qu'elle constitue une lésion circonscrite, bien définie, bien délimitée, et non pas (j'insiste sur ce point) une lésion diffuse, non pas une lésion à contours incertains, indécis, irréguliers, sinueux (comme se présente la croûte de l'impétigo ou de l'eczéma);

2° En ce qu'elle offre usuellement une configuration arrondie, parfois correctement orbiculaire, ou tout au moins se rapprochant du type cerclé;

r. V.; au Musée de Saint-Louis, pièces n°* 346 et a65 de ma Collect. particulière.

Fouhnier. — Chancres exlra-gcnit. J6

CHANCRES DU VISAGE

3° En ce qu'elle est à' étendue tout au plus moyenne, variant entre celle d'une pièce de cinquante centimes et celle d'une pièce d'un franc; — étendue eonséquemment très différente de celle qui est la plus habituelle aux lésions croûteuses que réalise la syphilis tertiaire ou la tuberculose cutanée;

4° Et surtout, par-dessus tout, en ce qu'elle repose sur une assise résistante, sur une base dure, laquelle n'est autre que l'induration spécifique du chancre.

Ce dernier caractère notamment (sans même parler de l'adénopathie concomitante) sera presque toujours de nature non pas seulement à éveiller le soupçon, mais à déterminer le diagnostic en faveur du chancre.

2° Chancre sous forme de plaie à découvert. — Sous ce deuxième type, le chancre facial se présente avec la caractéristique usuelle, classique, soit du chancre érosif, soit du chancre ulcéreux. — Détaillons.

A. — ■ Dans la première de ces modalités cliniques, on a affaire à une simple lésion éroswe de la peau du visage; — - lésion effleurant plutôt qu'entamant le derme; =— quelquefois plate, absolument plate, et de niveau avec les téguments voisins, mais plus souvent quelque peu surélevée de façon à constituer une légère papule en plateau; — ■ se raccordant de plain-pied avec les tissus sains périphériques, c'est-à-dire se terminant par une ligne de frontières sans ressaut, sans entaillure, sans arèle, sans bords véritables, en un mot; — à surface lisse, égale, unie, si bien unie qu'elle en est parfois comme vernissée; — de coloration généralemenl rouge, et souvent même d'un rouge vif, presque carminé, rappelant au plus haut degré le ton du muscle disséqué, de la « chair musculaire ».

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